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CHAPITRE III. " GÉNÉRALITÉS SUR L'EUROPE. 4K

crures nombreuses ; elles viennent mourir dans la plaine basse qui longe la mer du Nord. Les terrains triasiques y dominent. A Touest de ces montagnes, se trouve le massif de terrain de transition qui forme le Taunus, le Wester- Wald, TEifel, le Hûnsrùck, massif que le Rhin traverse dans sa partie centrale au fond d'une profonde fissure.

A Testais Carpathes,il n'y a plus que des collines qui disparaissent même dans les immenses marais de Pinsh d'où les eaux peuvent couler indifféremment soit dans le Niémen, soit dans le Dnieper. Le relèvement le plus accentué de toute la vaste plaine moscovite se trouve au Plateau du Valdaï qui n'a pourtant que 300 mètres d'altitude, mais où naissent les grands fleuves de la Russie. Nous avons déjà dit que cette plaine était limitée au sudest par le Caucase, dont le plus haut sommet, VElbrus^ a plus de 5,000 mètres et dont les gorges profondes et les plateaux inaccessibles ont permis l'héroïque résistance de Schamyl; à l'ouest elle est moins bien limitée par l'Oural, chaîne dont les plus hauts sommets atteignent 2,U00 mètres, mais qui est traversée par de profondes et larges coupures.

Au nord de l'Europe, le terrain se relève et semble former une barrière contre l'envahissement de la mer; ce relèvement correspond : 1" aux montagnes de la Norwège qui se terminent presque à pic sur l'Océan Atlantique et forment de vastes plateaux s'abaissant doucement vers la Baltique; i9 aux montagnes du nord de rËcosse et de l'Irlande. Ces montagnes sont presque entièrement formées de granit et de schistes.

Profoodevp des mera. — Entre les continents et les mers, la sépa^ration n'est pas nécessairement brusque et formée par une pente raide; quelquefois la roche plonge tout à coup assez profondément, mais d'autres fois elle s'incline lentement et le rivage semble se continuer sous l'eau. En général la profondeur croît d'autant plus rapidement que la côte est bordée de plus près par de hautes montagnes; ainsi, dans la Méditerranée, sur les cdtes de l'Espagne, de l'Afrique, de l'Italie, la sonde atteint bientôt une profondeur de 500 mètres, il n'y a d'exception que dans les parties qui sont ensablées par les alluvions des fleuves, comme les lagunes du Languedoc, comme le fond de l'Adriatique qui est rempli par les sables apportés par le Pô. La profondeur de la Méditerranée entre la Corse et les Baléares, entre la Sardaigne et l'Italie, est de 2,800 mètres; elle atteint même 4,000 mètres sur certains points de la côte d'Afrique.

Le fond de FArchipel a été relevé par des éruptions volcaniques et la profondeur est moindre.

La mer Noire, qui ne correspond avec la Méditerranée que par le Bosphore de Thrace, est ensablée au nord par les boues des grands fleuves qu'elle reçoit : le Danitbey le Dniester, le Dnieper; ces fleuves lui apportent

une quantité d'eau qui est deux fois et demie plus grande que celle que reçoit toute la Méditerranée, en sorte que son trop plein se déverse par un courant violent à travers le détroit de Constantinople.

La mer d^Azow, que les anciens appelaient un marais, Palus Méotide, n'a que de 8 à 15 mètres de profondeur, elle est comblée par les alluvions du Don,

La mer Caspienne, que borde une vaste contrée située à t5 mètres et plus au-dessous du niveau de l'Océan, est elle-même à 27 mètres au-dessous de ce même niveau ; dans le nord oii elle est ensablée par le Volga^ elle n'a qu'une faible profondeur et la navigation est très difllcile aux bouches de ce fleuve.

Dans rOcéan Atlantique, sur les côtes de la Norwege, de l'Ecosse, de la France et de l'Espagne, la mer atteint promptement une profondeur de 180 à 900 mètres. A l'extrémité du golfe de Gascogne, la sonde plonge à 4,500 mètres. Les plages de la Manche, de la mer d'Irlande, de la mer du Nord, de la Baltique ont des pentes beaucoup moins rapides ; ces mers n'atteignent nulle part 180 mètres de profondeur, en sorte qu'elles forment au-dessus du fond de l'Océan, un plateau élevé qui semble réunir les Iles Britanniques, les péninsules Danoise et Scandinave au continent.

Grandes dlTisIons naturelles de l'Europe* — D'après les considérations d'ensemble qui viennent d'être indiquées sur le relief du sol, on voit que l'Europe peut se diviser au point de vue politique et au point de vue naturel, en huit régions principales qui sont :

1® la région hispaniqtie, séparée du continent par la haute barrière des Pyrénées.

2"* la région italiqtAe, bornée au nord par la chaîne des Alpes.

8^ la région turcty-bulgaro-slavo-hellinique, dans la péninsule des Balkans.

4® la région française, comprise entre les Pyrénées, les Alpes et le Rhin.

5^ la région germanique, comprenant tout le centre de l'Europe.

6® la région russe, qui s'étend sur l'immense plaine orientale de l'Europe.

V la région Scandinave, que forme la grande péninsule du Nord.

8® la région britannique, complètement isolée du continent.

Chacune de ces régions est susceptible de se subdiviser en plusieurs parties souvent fort différentes les unes des autres. Ainsi nous avons déjà vu que le Portugal était bien réellement séparé de l'Espagne par une barrière montagneuse qui assurait son existence politique indépendante. Il en est de même de la Norwège qui n'a rien de commun avec la Suède, ce sont deux royaumes à organisation politique distincte, mais reconnaissant un même roi.

La région des Balkans partout coupée de montagnes se prête à la division, c'est pour cela que la Grèce, le Monténégro, la Serbie, ont pu se séparer de la Turquie, que la Bulgarie vient d'eu être distraite, ainsi que la Bosnie et

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