GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE
SlAttotlque d'easemble de la snperiloie, de la population 9 de la pnisaaaoe eoloniale» des revenas et des dettes 9 des forées de terre et de mer, de la pnlssanee auréole» Indastrielle» Gommereiale des prineipaiix États de l'Europe* —
Nous n'avons pas le temps de nous étendre ici sur les diverses branches de la géographie économique, c'est-à-dire d'étudier la géographie agricole, minérale, industrielle et commerciale des diverses parties de l'Europe. Nous renverrons, pour ce suget, à la Géographie de M. Levasseur et au petit Allas qui l'accompagne. Nous nous contenterons de présenter, dans un tableau, les principaux éléments de puissance des 18 États de l'Europe qui sont indépendants et dont nous avons déjà indiqué le mode de gouvernement.
Quelques remarques sur le tableau de la page suivante : il ne faut pas vouloir donner à tous ces chiffres une signification trop absolue et on doit les interpréter avec intelligence. Ainsi dans la colonne intitulée : budget^ on voit que le budget de l'Empire d'Allemagne est inférieur à celui de la France, bien que le nombre d'habitants soit plus grand; il ne faudrait cependant pas croire que les habitants aient à payer des contributions plus faibles dans le premier pays que dans le second. Cette différence entre les chiffres des deux budgets tient à ce que l'administration est moins centralisée en Allemagne qu'en France ; les dépenses des provinces et des communes ne figurent pas dans le budget de l'Etat, tandis que chez nous elles y sont comprises en grande partie. Même remarque pour l'Italie ; les dépenses et les recettes des provinces et des communes modifient beaucoup le budget, car, dans ce dernier pays, elles s'élevèrent à 406 millions en 1870. En Angleterre, les recettes et les dépenses des administrations locales montent à plus de 1,125,000,000 par an.
Aucune colonne n'a été réservée pour indiquer la puissance maritime de chaque État, parce que cette force est assez difficile à évaluer avec les nouveaux engins. Le nombre des vaisseaux ne signifie plus rien, à moins de les distinguer par espèces, ce qui nous eût entraîné trop loin ; le nombre de canons ne donne plus que des indications fausses, les anciens vaisseaux de 90 et même de 120 canons ayant aigourd'hui une valeur beaucoup moindre que les cuirassés qui ne portent que 4 ou même 2 grosses pièces.
Pour évaluer la puissance agricole, on a indiqué le nombre de chevaux et de bœufs que possède le pays et sa production en céréales.
Pour donner une idée de l'industrie de chaque pays, on a pris sa production en houille et en fer et on a indiqué le nombre de broches employées à tordre le coton; on aurait pu aussi, comme on commence à le faire, indiquer
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la force motrice^mployée, s'il n'était si difficile de l'évaluer avec exactitude.
On peut apprécier la puissance commerciale de chaque État en comparant : 1** les transactions annuelles qui s'y opèrent; 2® la longueur des lignes ferrées qui y sont construites et qui servent au transport des marchandises; S^ la longueur des lignes télégraphiques. Les chiffres qui indiquent le nombre des navires et le nombre de tonneaux de jaugeage de la marine marchande de chaque État varient beaucoup suivant les sources où on les prend, suivant aussi qu'on ne compte que les navires de long cours ou qu'on y comprend les navires qui font le cabotage et les bateaux de pêche ; ils ne doivent être acceptés qu'avec défiance.
La dernière colonne du tableau montre la manière dont l'instruction est répandue chez les divers peuples, ce qui donne une idée de l'influence intellectuelle de chaque nation.
Richesses et viabilité des i^randes zones. — Intensité de la population de ces zones* — En étudiant de près ce tableau avec la carte sous les yeux, on voit que la population est très inégalement groupée dans les diverses parties de l'Europe et que le centre et l'ouest sont beaucoup plus peuplés que l'est, ce qui tient à ce que les peuples ont été de tous temps attirés vers les parties centrales et occidentales par la richesse du sol et la douceur du climat.
Au point de vue économique comme au point de vue physique et politique, nous retrouvons donc ces deux grandes régions de l'est et du sud-ouest qui divisent si nettement l'Europe. La première se distingue par ses grandes plaines, ses vastes forêts, la fréquence des terrains marécageux, sa population clair-semée, la durée et la rigueur des hivers, son sol fangeux dans la saison des pluies et poussiéreux pendant les chaleurs de l'été ; si on considère ce pays au point de vue militaire, on voit que les grandes armées peuvent s'y mouvoir facilement, mais, si elles ne sont pas arrêtées par de grands accidents du sol, elles y trouvent peu de ressources, et la Russie est presque inattaquable par suite même de l'immensité des plaines qui forment son empire. La seconde région présente un aspect bien plus varié : les montagnes alternent tour à tour avec les vallées; les villes, les villages, les lieux d'habitation sont nombreux et rapprochés; les communications de tous genres, canaux, routes, chemins de fer, télégraphes, forment un réseau très serré et mettent en relation les diverses locahtés; les lignes de défense que peuvent occuper les armées sont renforcées par des places fortes, le sol est riche et bien cultivé, ce pays est du reste partagé par un grand nombre d'États de faible étendue; ces contrées se prêtent par suite aux combinaisons stratégiques les plus variées et elles ont été le théâtre de nombreuses guerres.
Dans cette région privilégiée qui forme l'Europe centrale et occidentale,