CHAPITRE in. — DÉFENSE DE LA ritOKTIËRE DU NORD. 9l
d^Ypres à Gassel et à Hazebrouck, qui franchissent la ligne des canaux entre Saint-Omer et la Lys, où il n'y a plus d'inondations sur une étendue de trois lieues. L'ennemi avait intérêt à suivre cette direction, où il ne rencontrait que le faible obstacle d*un canal; il évitait ainsi les difficultés insurmontables que présente le pays aquatique situé au nord de Saint-Omer, il tournait la place de Lille et ne s'engageait pas dans le pays bas entre Saint- Venant et Béthune, deux places qui alors étaient fortifiées. Les grandes positions de Dimkerque et de Lille seront aujourd'hui suffisantes pour empêcher l'ennemi de passer par cette trouée, à moins qu'on ne lui suppose une supériorité écrasante, c'est-à-dire une armée trois fois plus nombreuse que celles de la défense.
Comme Saint-Omer et Aire ne sont pas encore déclassés et que leurs fortifications subsisteront sans doute encore pendant longtemps, il nouç faut indiquer le rôle qu'elles pourront encore jouer.
Saint-Omer est une grande place avec quelques ouvrages avancés ; elle est, comme toutes les forteresses de cette frontière, renforcée par des inondations. Elle soutient en seconde ligne des troupes appuyées à la hauteur de Cassel et à la forêt de Nieppe, qui couvriraient l'intervalle entre ces deux obstacles; elle barre aussi la voie ferrée de Boulogne. Malheureusement elle est dominée à l'ouest et au sud, et il faudrait consacrer à sa transformation et à son entretien des sommes considérables qui seront mieux employées ailleurs. Au sud de Saint-Omer, se trouve le village d'Helfaut^ à proximité duquel on a établi plusieurs fois des camps d'instruction.
La petite place d'Aire avait pour but de tenir le nœud des communications d'eau formé par la Lys, le canal de Neuf-Fossé et le canal d'Aire à la Bassée, puis de renforcer la ligne de la Lys et celle du canal de Neuf-Fossé, sur lesquelles le fort Saint-François forme tête de pont. L'ennemi, ayant pénétré sur notre territoire entre Bergues et la Lys, aurait à franchir cette rivière, qui est canalisée au-dessous d'Aire et qui est au-dessus grossie par les inondations, ou marécageuse jusqu'à Thérouanne. Aire va être déclassée, mais le fort Saint-François sera conservé; il ne commande le chemin de fer d'Hazebrouck à Béthune qu'à 3,500 mètres et la bifurcation de celui qui se dirige sur Saint-Venant, Armentières et Menin qu'à 5,000 mètres ; les abris de ce fort seront augmentés, et il servira d'appui à la défense mobile.
Saint-Yenant soutenait aussi la ligne de la Lys, mais pouvait être tourné par MerviUe et le canal de la forêt de Nieppe alors qu'on se servait des canaux pour les transports; déjà à cette époque cette place n'avait donc pas grande valeur; comme elle ne barrait aucune route, elle a été abandonnée en d867. On avait proposé, à une certaine époque, de fortifier la Gorgue pour renforcer encore cette ligne de la Lys et en interdire le passage à Tennemi ; ce projet ne fut pas exécuté.
Géographie. — 1" partie. 7
d8 Livre ii. — la frange. — jf^RONiiËRES de terre.
Les routes d'invasion qui pénètrent par la trouée de Cassel-Hazebrourk ne rencontrent plus, après le passage de la ligne des canaux, que les faibles obstacles de la Canche et de VAuthie avant d'arriver sur la Somme. Les voies ferrées d'Ypres à Amiens par Boulogne, d'Hazebrouck à Amiens par Arras et de Menin à Amiens par Saint-Pol, arrivent jusqu'à Paris sans passer sous le canon d'aucune place forte, si on ne tient pas compte de la mauvaise citadelle d'Amiens, et, pour les deux dernières, du fort Saint-François, très éloigné du reste, comme nous l'avons vu.
2"* SECTEUR : de la Lys ilk la Searpe *• — Au centre du secteur compris entre la Lys et la Scarpe, nous avons la grande place de Lille, qu'on transforme en ce qu'on appelle aujourd'hui un camp retranché; on conserve sur la Lys le fort Saint-François, comme nous l'avons dit, et sur la Scarpe la place de Douai avec le fort de Scarpe. La place forte de Tournayj sur l'Escaut, que nous possédions sous Louis XIV, nous a été enlevée par le traité d'Utrecht; les places de la Bassée^ de Lens^ d'Orchies^ de Marchiennes ont été abandonnées depuis longtemps; celles de Bapaume et de Béthune ont été déclassées en 1867 ; Arras va l'être prochainement.
Les grandes routes d'invasion de cette partie de la frontière partent : 1** de Menin sur Lille, Arras et Péronne ; 2® de Tournay sur Lille, sur Douai ou sur Valenciennes.
Des voies ferrées partant d'Ypres, de Menin, de Courtrai et de Tournay mènent à Lille et de là se ramifient : i^ sur Hazebrouck, 2* sur Béthune, 3® sur Lens, 4® sur Douai, Arras et Paris, 5® sur Orchies, Somain, Cambrai, Saint-Quentin et Paris, 6** sur Orchies, Valenciennes et Mézières. Orchies va devenir le point de réunion de sept voies ferrées par la création nouvelle des lignes Hazebrouck-Orchies, Tourcoing-Orchies, et Douai-Orchies; celles de Lille, de Valenciennes et de Somain à Orchies existent déjà.
Le pays compris entre la Lys et la Scarpe est ouvert et plat; on y rencontre quelques lignes d'inondation le long des canaux et quelques bois au nord de Douai ; le sol est impraticable après les pluies vers Béthune et la Bassée, puis au nord de Lille et d'Orchies. Cette partie de notre frontière a été attaquée dans la guerre de la succession d'Espagne et en 1792 ; dans ces deux circonstances, les alliés firent de nombreux tâtonnements, comme nous le verrons tout à l'heure, et renoncèrent définitivement à leur entreprise pour chercher ailleurs un point plus facile à aborder.
lilgnes d'inondation entre la Lys et la Scarpe* — Basse- Deale» canal de la Bassée, canal de la Haute-Denle, Arras.
— Le premier obstacle que rencontrerait l'ennemi voulant investir Lille, en 1. CoDSuller les cartes U et 14.