CHAPITRE III. -^ DÉFEHâE DE LA FRONTIÈRE DU NORD
Wallen, situé au pied d'un plateau de la rive droite, n'est pas protégé par les inondations et était jadis considéré comme la partie faible do la ligne; plusieurs fois on a formé le projet de fortifier ce point si important et de couvrir ainsi les écluses qui s'y trouvent, ce qui eut permis d'assurer l'inondation d'amont jusqu'à Saint-Omer, mais les travaux n'ont pas été exécutés et aujourd'hui le déclassement de cette dernière place ôte à Walten une partie de son importance.
L'Aa forme une ligne de défense entre Watten et Gravelines; le sol sur lequel coule cette rivière est plus élevé que les environs de Bergues, de Dunkerque ou de Calais, ce qui permet de déverser les eaux à l'est ou à l'ouest et ce qui rend les inondations peu sûres sur cette ligne même.
Gravelines est une petite place imparfaitement protégée par des inondations et n'a d'importance qu'à cause des écluses qu'elle couvre ; ses fortifications se composent d'une enceinte continue en avant de laquelle se trouvent des demi-lunes, des contre-gardes et trois ouvrages à cornes.
De Watten à Calais^ on peut tendre des inondations le long du canal de Calais et cette ligne était jadis soutenue en son centre par la place d*Ardres déclassée depuis longtemps.
Calais est le port du continent qui est le plus rapproché de l'Angleterre, il s'y fait un grand mouvement de voyageurs et de marchandises, aussi de grands travaux sont-ils entrepris pour l'améliorer et pour creuser de nouveaux bassins; c'est dans le voisinage que se trouvera le point de départ du tunnel sous-marin entre la France et l'Angleterre. En dehors de la ville s'est créé un faubourg, Saint-Pierre, qui en 1850 ne comptait que 3,000 habitants et qui en 1872, grâce à l'industrie du tulle, était déjà plus grand que Calais même, puisqu'il avait plus de 20,000 habitants.
Calais n'avait jusqu'à ces dernières années qu'une enceinte avec quelques ou\Tages avancés qui dataient du commencement du dix-septième siècle ; la ville étouffait dans ses murs qui la séparaient de son port et de Saint-Pierre.
Nouvelle org^anlsation de la position Dunkerqae-Calals. — Base d'opérations sur la mer. — Le terrain compris etitre Watten^ Dunkerque et Calais est très difficile à aborder, grâce aux inondations et aux défenses artificielles qui y existent depuis longtemps; on a donc été conduit à conserver cette excellente position et à la prendre comme appui des armées d'opérations en la renforçant par de nouveaux forts. Bien que Dunkerque et Calais soient situés en dehors des voies naturelles d'invasion, ces places, à cause de leur port et de la rade de la première, pourraient devenir l'objectif d'une puissance maîtresse de la mer; il est donc nécessaire de les bien protéger contre une attaque soit par mer soit par terre. L'armée qui défendra cette position devra veiller à ne pas s'y laisser
enfeimer et à ne pas avoir sa ligne de retraite coupée, ce à quoi elle sera exposée par suite de Tabsence ou de la faiblesse des obstacles que rencontrera Tennerai au sud de Watten, entre la position et la grande place de Lille. Ce défaut sera moins à craindre si on est maître de la mer, et alors Dunkerque et Calais formeront une excellente base d'opérations sur la mer, d*où Tarmée qui s'y sera formée et organisée pourra déboucher en flanc sur les lignes d'opérations de Tennemi attaquant la frontière plus au sud.
Voici en quoi consisteront les défenses de la position de Dankerqae. Venceinte de la ville qui vient d'être refaite, est conservée. A l'est, entre la voie ferrée et le canal de Furnes, on construit un fort appelé fort des Dunes, destiné à arrêter la marche de l'ennemi venant de Furnes dans la direction de Zuydcoote. Les forts Louis et François^ en avant du canal de Bergues, sont conseillés. La place de Bergues va être améliorée et formera une très bonne tête de pont en avant des inondations ; de plus la batterie de la Maison-Blanche^ les forts de Qua'édypre et de Soex fourniront des points d'appui excellents pour déboucher, mais ces ouvrages ne sont encore qu'à l'état de projet. La position de Pitgain, entre le chemin de fer de Lille et le canal de la Colme, a une grande importance au môme point de vue et devra être conservée le plus longtemps possible par la garnison. La redoute projetée de Brouckerque, au point d'embranchement du canal de Bourbourg et de la rivière de la Vieille Colme, protégera les inondations. Enfin \bl place de Grave- Unes, conservée, fermera à l'ouest la position et couvrira les écluses de TAa.
Les fronts de mer de l'enceinte de Gravelines serviront de batteries de côte et seront armés en conséquence ; la défense de ce côté sera complétée par 2 batteries élevées sur les dunes à l'est et à l'ouest de Dunkerque.
Quant à Calais, son ancienne enceinte est aujourd'hui démolie et on en construit une nouvelle englobant SaintrPierre ; elle sera formée de 1 S fronts bastiontiés et sera précédée de forts qui seront portés jusqu'à des distances de 10 kilomètres, au Mont-Couple, à Saint-Inglevert, à Guines et à Marck; une seconde ligne d'ouvrages sera créée des Noires-Mottes, près du cap Blanc- Nez, à Coquelles et à Coulognes; enfin le fort Nieulay sera remis en état et conservé. Bien que Calais ne soit qu'en seconde ligne en arrière de Dunkerque, on y crée donc une grande position fortifiée. Les défenses du côté do la mer seront complétées, comme nous le verrons; en sorte que la ville sera parfaitement protégée contre toute attaque de quelque côté qu'elle vienne.
Saint-Omery tsanal de Neaf-Fossé, Aire et fort Saint-François. — Quand les nouvelles défenses de la frontière seront terminées, on déclassera les anciennes places de Saint-Omer et d'Aire, qui étaient destinées à renforcer la ligne de défense formée par l'Aa, le canal de Neuf-Fossé et le canal d'Aire à la Bassée; elles empêchaient l'invasion par les routcc
MM