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IAPIT&E IV. ^ FRONTIÈRE DU KORÔ-EST OU D'ALLEMAGNE

et bien cultivées, mais souvent étroites et resserrées entre les montagnes.

La haute vallée de la Moselle est fermée au sud par la chaîne des Ballons que Ton considère comme le commencement des Monts Faucilles. Ces montagnes forment une crête continue et bien marquée jusqu'à Remircmont ; «udelà, les hauteurs plus découpées se prolongent encore jusqu'à Épinal et même, entre la Moselle et le Madon, jusqu'à Charmes; elles se terminent sur la Moselle en pentes très raides, tandis qu'au sud elles détachent vers la Saône de longs contreforts. C'est cette crôte qu'on occupera militairement en cas de gtierre pour empêcher les Allemands de tourner par le nord-ouest la trouée de Belfort défendue de front par de nombreux ouvrages. On s'opposera ainsi à ce qu'ils puissent utiliser les chemins qui traversent ces montagnes pour pénétrer dans la vallée de la Saône ou pour ravitailler et renforcer leurs armées opérant au sud. Ces routes sont peu nombreuses, ce sont : 1<^ celle dn BaUon éC Alsace qui conduit de Saini^Maurice à Belfort^ elle est vue par i'onvrage du Ballon de Servanoa (IflSO"*) qui domine tout le pays et qui interdit aussi les chemins forestiers qui descendent par la vallée du Bahin à Charopagney ; S"" celle du Thillot à Lure, barrée par le fort de Chftteau- Lambert (758") ; S^ celle du Mont-de-Fourche^ de Rupt à Luxeuil, barrée par le fort de Rupt (773*°); 4"* celles qui, de Remiremontf conduisent soit à Xertigny^ soit à Saint-^Loup par Plombières ou par le Val d'Ajol; elles sont barrées par le fort de Remiremont (618°*), qui domine cette petite ville du baut du Parmont et qui bat le débouché de la vallée de la Moselotte. Enfin le fort d'Arches (470" au signal de la Savronnière) relie les précédents à la grande place d'Épinal et enfile la vallée de la Vologne. En plus des faibles garnisons de ces forts d'arrêt, 5 à 800 hommes par fort, des forces mobiles deMt>nt surveiller les bois et les quelques sentiers qui traversent les dépressions de la crête entre les routes carrossables.

Entre la vallée de la Moselle et celle de la Moselotte, s'étend un contrefort boisé, qui atteint sur certains points 8 à 900 mètres de hauteur et qui, par suite, domine les forts situés au sud de la Moselle; une seule route le traverse au col du Ménil et fait communiquer le Thillot et ComimonL

Les sources de la Moselotte et de la Vologne ne sont qu'à 8 ou S kilomètres l'une de l'autre ; mais ces torrents divergent, et le massif monta-^ gnenx qui les sépare, atteint une épaisseur considérsJ^le. Il forme dans son ensemble une position militaire très forte, dont le saillant est à Bruyères et qui se lie à la crête principale des Vosges vers les sources de la Meurthé ; elle barre toutes les routes entre Epinal et les sommets des Vosges. Pendant la guerre de 1870, elle îxA occupée un instant par le général Gambriels, après TafTaire de la Bourgonce ; mais les Prussiens, tournant la position par l'ouest, dans l'espérance de couper toute retraite à l'armée des Vosges, forcèrent ce général à se retirer au plus vite par la route du Mont-de-Fourche, où il put

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heureusement les prévenir. Les communications à travers ce massif sont : la route de Comimont à Gérardmerpar la Bresse^ les deux routes de Remiremont à Gérardmer par Rochesson ou par le Tholy, la route du Tholy à Docelle sur la Vologne, et enfin la route de la vallée même de la Vologne qui suit un profond défilé entre Gérardmer et Granges }> cette dernière est doublée d'un chemin de fer, qui conduit d'Arches à Granges et à Géradmer.

La grande route de la vallée de la Moselle se bifurque à Saint-Maurice. Une belle route, dont il a déjà été question, conduit au sud à Belforl par les Chaumes du Ballon d^Alsace et par Giromagny; elle franchit la chaîne à 200 mètres au-dessus d'un col où il eut été plus facile de la tracer; cela tient, dit-on, à ce qu^elle fut construite à Tépoque de Mazarin et à ce que des parents de ce ministre possédaient sur le Ballon d'Alsace des forêts dont on voulut ainsi faciliter l'exploitation. La route qui remonte la Moselle se prolonge au delà de Saint-Maurice en suivant toujours la rivière, passe au col de Bussang (784") et descend à Wesserling sur la Thûr. Au col môme, se trouve un tunnel dont les mines furent chargées pendant la dernière guerre, mais qui ne fut pas détruit.

Deux autres chemins carrossables font encore communiquer la vallée de la Moselle par la Moselotte avec celle de la Thûr; ils aboutissent plus haut que celui du col de Bussang vers les sources de cette dernière rivière, dont le cours supérieur est parallèle à la crête des Vosges; en sorte que si, dans le cas d'offensive de notre part, le col de Bussang est forcé par des troupes françaises, les bataillons allemands chargés de défendre les deux cols où passent ces routes auront la retraite coupée, car aucun chemin praticable ne fait communiquer la haute vallée de la Thûr avec la haute vallée de la Feclit. Ces deux routes forment le prolongement de celle qui, depuis Remiremout, remonte la vallée de la Moselotte; l'une franchit la crête des Vosges au col d'Oderen (885™) ; l'autre, partant de la Bresse, passe au col de Bramont (750<") et descend, comme la première, dans la vallée de la Thùr.

Les Hantes- Vosi^esy da Rothenliach & la trouée de Saverae.

— Au nord du Rothenbach, la crête des Vosges est formée par les Hautes- Chaumes jusqu'au Honeck (1,866™); puis on retrouve des bouquets de bois jusqu'au col de la Schlûcht (1,148™) où passe ime route qui fait communiquer Gérardmer sur la Vologne et Munster sur la Fecht; cette route, sur les escarpements du versant alsacien, traverse deux tunnels de quinze et trente pas de longueur.

La crête, fort élevée (1,300») jusqu'au col du Bonhomme (949»), diminue ensuite de hauteur jusqu'au Climont, sommet isolé de 974 mètres, et jusqu'à la grande dépression de Saales aux sources de la Bruche, qui n'a que 561 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer et dont les abords

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