CHAPITRE III. — ALLEMAGNE DU SUD
S'^ La Faar, rilm, TAbens, la Grande et la Fetite-Laber, qui viennent aboutir dans le Danube entre Ingolstadt et Straubing.
6° Llsar qui prend sa source dans les Alpes calcaires du Tyrol et qui ouvre le défilé de Scharnitz ; elle reçoit la Walchen, rive droite, qui est suivie par la route de TAcheupass, et la Loisaçh, rive gauche, qui est longée par une route venant de Lermoos et dont la vallée est sur plusieurs points marécageuse. Elle arrose Munich (Miinchen), la capitale du royaume de Bavière, grande ville de 220,000 habitants, célèbre par ses musées et par ses monuments construits sur le modèle de ceux d*Athènes, de Rome et de Florence. Au-dessous de Munich, la plaine devient marécageuse; sur la rive droite de risar, s'étend rErdinger-Moos et, sur celle de l'Amper, leDachauer-'Moos, vastes marais qui s'assèchent petit à petit et font place à la culture. A Moosbourg aboutit, sur la rive gauche, VAmpet^j qui dans la partie supérieure de son cours s'appelle VAmmer et qui sert d'écoulement à de nombreux lacs de la Haute-Bavière. L'Isar passe ensuite kLandshxU et se jette dans le Danube auprès de Deggendorf.
7° La Vils qui aboutit dans le Danube à Vilshofen.
8** L'Inn qui, par son cours supérieur, appartient à la Suisse et au Tyrol et qui, après avoir coulé dans l'Engadine et l'Innthal parallèlement aux crêtes des Alpes, se retourne vers le nord à Kufstein où elle sort des montagnes. Dans la plaine bavaroise, son cours est parallèle à celui de l'Isar; elle passe à Rosenheim^ Muhldorf^ Braunau^ Schàrding et finit à PassaUj juste en face du confluent de TIlz. Elle n'est guéable nulle part et est navigable sur tout son parcours en Bavière ; sa largeur en plaine est en moyenne de 150 à 200 mètres, à Passau elle est de 290 mètres, c'est-à-dire, supérieure à celle du Danube qui n'est que de 240 mètres. La rive gauche est dominante jusqu'à Braunau; plus bas, c'est souvent l'inverse qui a lieu.
L'Ian reçoit à gauche le Mangfallf qui suit un ancien lit de la rivière, qui aboutit à Rosenheim et qui sert de déversoir à plusieurs lacs; puis, plus bas, Ylsen et la Rott. C'est entre l'Inn et l'Isar, à moitié chemin entre Munich et Yasserbourg, que se trouvent la forêt d'Ebersberg et le champ de bataille de Hohenlinden, célèbre par la victoire de Moreau en 1800.
Les principaux affluents de droite de Tlnn sont l'Alz et la Salzach, UAlz sert d'écoulement au Chiem-Sée^ la plus grande nappe d'eau de cette contrée; ce lac est alimenté par la Grande-Achmj qui a ses sources dans les montagnes et qui par une de ses branches, celle de Jochberg, ouvre la route du Pass-Thurra. La Salzach coule d'abord de l'ouest à l'est, se dirige vers le nord à partir de Saint-Johann et sort des montagnes à Salzbourg où elle est navigable. Au-dessous de cette ville, elle sert de limite à la Bavière et à l'Autriche; la frontière suit ensuite le cours de l'Inn, en laissant toutefois passau et son faubourg de la rive droite à la Bavière. Entre Hallein et
Salzbourg, la Salzach reçoit, rive gauche, VAlm^ qui sert d'écoulement au pittoresque lac du Kœnigssée et dont le petit bassin, qui constituait jadis le prieuré princier de Berchtergaden, a été conservé par la Bavière en 1814. Au-dessous de Salzbourg, aboutit la Saalach, rive gauche, qui ouvre, dans la barrière septentrionale de la haute Salzach, la trouée du lac de Zell, et qui arrose Reichenhall^ l'un des centres d'exploitations salines si nombreux dans cette contrée.
A l'est de l'Inn, le massif de Hausriich sépare en deux faisceaux les roules qui conduisent à Vienne, et crée ainsi deux débouchés distincts ; mais bientôt toutes ces routes se réunissent sur la Traun et ne constituent en somme qu'une seule ligne d'opérations.
Campagpnes de la Révolution et de rEmpire. — Dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, la vallée supérieure du Danube fut prise plusieurs fois comme ligne d'opérations par nos armées marchant sur Vienne, pendant que d'autres corps s'avançaient par la vallée du Main et par celle du Pô vers le même objectif. Les mouvements de ces armées étaient intimement liés les uns aux autres ; et en particulier les troupes qui avançaient par les vallées du Main et du Danube, n'étant séparées par aucun obstacle naturel, devaient opérer conjointement et être toujours en relation sous peine de se voir accablées par l'ennemi disposant de lignes intérieures.
En 1796, Moreau s'avance jusqu'à AugsbourgetJourdan jusqu'à Amberg sans se relier entre eux. L'archiduc Charles opérant par hgnes intérieures se porte avec la plus grande partie de ses forces contre Jourdan, l'accable et le poursuit jusque sur le Lahn. Ses victoires contraignent Moreau qui se trouve isolé au milieu de l'Allemagne, à battre en retraite, et cette dernière eut pu être désastreuse sans l'énergie de ce général.
En 1800, l'armée d'Allemagne est concentrée dans les mains de Moreau et opère en une seule masse. Elle pénètre dans le bassin du Danube parla trouée du sud et rejette Kray dans Ulm. Moreau occupe la ligne du Lechet barre à l'ennemi la retraite par la rive droite du Danube, il franchit le fleuve et menace aussi la ligne de retraite de la rive gauche. Kray cherche alors à regagner au plus tôt la rive droite, de manière à s'appuyer sur les affluents du Danube et à défendre la route directe de Vienne ; il passe à Neubourg, mais il est rejeté sur la rive gauche; il traverse de nouveau le fleuve à Ingolstadt, mais il trouve Munich occupé par Moreau et se retire à grand'peine derrière l'Inn. L'armistice de Parnsdorf suspend les hostilités.
A la fin de novembre, la lutte recommence. Moreau bat l'archiduc Jeanà Hohenlinden (3 décembre), force le passage de l'Inn à Muhldorf et à Neubeuern, se porte sur Salzbourg, culbute les arrière-gardes autrichiennes sur la Traun et sur Enns et n'est arrêté que par l'armistice de Steyer. A