CHAPITRE IV. — ALLEMAGNE BU NORD
Bourtanger Moor que traverse la frontière de Hollande et d'Allemagne. L'exploitation et le transport de la tourbe est le principal commerce de la petite ville de Papenbourg sur l'Ems. Autrefois, pour mettre en culture les tourbières, on brûlait chaque année plus de 12,000 hectares. Aujourd'hui on emploie la méthode hollandaise moins primitive et plus avantageuse. Les cantons des grands golfes de Cologne et de Munster sont plus favorisés que le reste de la plaine, ils sont fertiles et boisés; au pied des collines existent de grands centres d'industrie et des mines très riches.
La mer du Nord qui borde la plaine, ne communique avec l'Océan que par le Pas-de-Calais et le large passage compris entre l'Ecosse et la Suède ; sa profondeur d'abord très faible sur les côtes méridionales augmente régulièrement du sud au nord ; les marées y sont énormes et les tempêtes redoutables. La côte allemande très basse comme la côte hollandaise a été tout aussi maltraitée que celle-ci par les flots, les rivages ont été rongés, les tempêtes y ont creusé de vastes baies comme la Jade qui a été ébauchée en 1218, approfondie en 1511 et achevée en 1651. Les îles de la Frise septentrionale tenaient à la côte jusqu'au treizième siècle, elles diminuent constamment et plusieurs ont déjà disparu, d'autres jadis peuplées sont abandonnées. Du Jutland à l'Escaut les dunes sont rares et le rivage a dû être presque partout protégé par des digues immenses. Les Frisons qui peuplent ces côtes, forment une race tout aussi énergique que les Hollandais; depuis longtemps déjà, ils ont entrepris de reconquérir leurs terres sur la mer. Les digues sont partout très bien entretenues ; plusieurs îles sont réunies au continent par des levées de terres ; les boues apportées par la mer sont peu à peu transformées en polders. En somme la partie septentrionale de la plaine saxonne comprend trois zones bien distinctes : i^ la Geeste sablonneuse, sèche, relativement élevée et accidentée; 2''laHarsch, complètement unie, coupée de canaux et de digues, très humide, très fertile, couverte de beaux champs de blé et de grasses prairies; 3° la région amphibie des Watten ou Schoren non encore conquise sur la mer ou envahie par l'eau.
Au nord de l'embouchure de l'Elbe, les plaines du Schleswig et du Holstein forment le prolongement septentrional de la plaine saxonne. Les rivages des Ditmarschen (marschen allemands) et du Nord-Friesland présentent le même aspect que ceux de VOst-Frieslandy du Oldenbourg et du Hanovre.
Cours d'eaa : Elms, liVeser, £lbe ^ • — Les cours d'eau qui traversent la plaine saxonne du sud au nord sont l'Ems, le Weser et l'Elbe.
L'Ems prend sa source au fond' du golfe de Westphalie dans la plaine infertile de la Senne et vers le point de soudure du Teutoburger-Wald et