CHAPITRE IV. — ALLEMAGNE DU NORD
torrents du Harz et débouche en plaine à Hanovre, grande ville de 180,000 habitants. — 4° la Huntt, r. g., qui a sa source à Test d'Osnabriick, coupé le Wieher Gebirge à une brèche étroite, traverse une plaine marécageuse et passe à Oldenbourg. — 5<> la Geeste, r. d., qui se jette dans le Weser entre Bremerhafen et Geestemiinde et qui communique avec l'estuaire de l'Elbe par le Hadeler-Canal.
L'Elbe, à sa sortie des territoires de la Saxe royale et d'Anhalt, reçoit la Saale et semble en aval de Magdebourg prolonger la direction de cette dernière rivière. Le fleuve roule alors un volume d'eau considérable, a partout ane largeur de plus de 300 mètres et constitue à travers la plaine de la basse Allemagne une ligne de défense très sérieuse, qui arrêta jadis les invasions des Slaves et qui couvre aujourd'hui Berlin à l'ouest. Magdebourg, la principale ville qu'il arrose, fut fondée par Otton le Grand sur sa rive gauche pour servir de centre militaire et religieux aux Saxons contre les tribus slaves. En aval de Magdebourg, l'Elbe coule du sud au nord; le plateau du Mecklenbourg le force à dévier à l'ouest et lui barre le chemin de la Baltique. A quelques kilomètres en amont de Hambourg, il se divise en plusieurs bras et entoure de grandes îles ; puis, au delà de cette ville, ses eaux se réunissent en un seul lit; l'estuaire du fleuve commence et n'a pas moins de 110 kilomètres depuis Hambourg jusqu'à la mer. Hambourg est le premier port de commerce de l'Allemagne et de l'Europe continentale; c'est une ancienne ville hanséatique et encore aujourd'hui une ville libre; elle s'est maintenue jusqu'à présent en dehors du ZoUwerein, elle compte avec ses faubourgs 350,000 habitants. A proximité et un peu en aval se trouve la ville prussienne d'Altona. L'avant-port de Hambourg est Kuxhatjen, aujourd'hui réuni à Ritzebûttel, en arrière de la pointe qui ferme au nord l'estuaire de l'Elbe.
On a projeté un grand canal praticable pour les plus gros bâtiments entre l'embouchure de l'Elbe et le port de Kiel, mais il n'est pas encore exécuté. iauenbourg communique avec Lubeck par le canal de la Delvenau à la Stecknitz qui réunit l'Elbe à la Trave.
Les affluents de gauche de l'Elbe qui arrosent la plaine saxonne descendent du plateau de Lûnebourg et n'ont pas grande importance. La Jeetze passe à Salzwedel, la première capitale de la Marche du Nord. Ullmenau arrose Lûnebourg, ville de fabriques et d'usines qui compte 18,000 habitants. VOste qu'un canal réunit à la Hamme sous-affluent du Weser, aboutit dans l'estuaire de l'Elbe ;" sur son cours supérieur se trouve le bourg de Zeven ou Klosterseven, où fut signée en 1757 entre le duc de Richelieu et le ^c de Cumberland une capitulation qui livrait le Hanovre aux Français.
Guerre de sept ans; campagpnes en HanoTre^. — La plaine 1. Consulter la carte 20.
saxonne que nous venons de décrire, a été le théâtre des longues luttes de Charlemagne contre les Saxons ; de nombreuses batailles se livrèrent à cette époque sur le Weser. Pendant la guerre de sept ans, le pays entre le Rhin et le Weser fut le principal théâtre de guerre des armées françaises contre les Anglo-Hanovriens et les Prussiens.
En 1757, le maréchal d'Estrées envahissait la Westphalîe et remportait sur le duc de Cumberland la bataille d'Hastenbeckj auprès d'Hameln sur la rive droite du Weser. Peu après, Richelieu acculait les Anglo-Hanovriens à TElbe et leur imposait la capitulation de Klosterseven.
La défaite de Soubise à Rossbach (novembre 1757) rendit courage à l'ennemi et engagea Pitt à rompre la convention de Klosterseven. L'ineptie du comte de Clermont qui laissa successivement le duc de Brunswick rompre ses cantonnements sur le Weser et sur le Rhin, livra à l'ennemi tout le pays à Test du Rhin et nous valut la honteuse défaite de Crevelt (juin 1758).
Sur ces entrefaites, Soubise conquit la Hesse, mais il fut mal secondé par Contades qui avait remplacé Clermont, et dut hiverner au sud du Main. Celte offensive de Soubise eut pu être très dangereuse pour le duc de Brunswick aventuré sur la rive gauche du Rhin ; mais Contades échoua dans une tentative qu'il fit pour enlever les ponts de son adversaire, puis ensuite il laissa l'ennemi se glisser entre les deux armées françaises et, malgré une victoire de Soubise à Lutselbergy retourna sans raison sur la rive gauche du Rhin.
En 1759, le duo de Bi'unswick, instruit par l'expérience de Tannée précédente, voulut se débarrasser de toute inquiétude sur son flanc gauche avant de marcher sur le Rhin ; il attaqua le camp de Bergen que Broglie, successeur de Soubise, avait établi vers l'embouchure de la Nidda, et fut repoussé. Contades déboucha du Rhin et se réunit à Broglie sur le Weser, mais les deux généraux français se firent battre à Minden et évacuèrent toutes leurs conquêtes.
Les années suivantes, les deux armées françaises du Main et du Bas-Rhin malgré leur grande supériorité numérique ne purent accabler le duc de Brunswick; elles occupèrent encore la Hesse et la Thuringe, mais elles subirent de honteuses défaites à Yillighausen et à Vilhemstadt; la paix de 1763 mit fin à cette triste campagne.
PLAINE WENDE.
Description de la plaine ^^enAe*. — La plaine wende s'étend au nord de la Lusace et de la Saxe jusqu'à la mer Baltique ; elle se prolonge à 1. Cousuller les cartes 17, 22 et 28.