CHAPITRE IV. — ALLEMAGNE DU NORD
l'est le long de la mer, et, dans la Vieille-Prusse, elle est séparée de la plaine polonaise par les terres élevées, les forêts et les lacs du plateau des Masures. Les colons allemands qui Font conquise au moyen âge sur les Slaves forment un peuple rude et laborieux. Endurcis par la nécessité de tirer parti d'un sol aride et peu productif, ils étaient tout préparés à former des armées bien disciplinés. C'est chez eux qu'est née l'unité de l'Alleinagne et que s'est développée cette puissance militaire qui domine aujourd'hui l'Europe.
Cette plaine est moins plate et moins uniforme que celle de l'ouest ; elle est parcourue par une double série de hauteurs, les unes prolongeant à peu près la direction des Carpathes, les autres parallèles à la Baltique.
La première de ces lignes de hauteurs part des collines de Sandomir au sud de la Pologne ; elle comprend : les hauteurs de Tarnowitz (400 «») dans la haute Silésie; les hauteurs de Trebnitz (310"^) au nord de Breslau; le Katzen-Gebirge entre l'Oder et la Bober; le Rempart de Lusace, bourrelet de collines escarpées vers le nord qui dominent la plaine de 60 mètres avec une hauteur moyenne de 140 mètres et dont le point culminant est au Rûckenberg (228™) à l'ouest de la Bober; le Flâming au nord de Wittenberg, collines de sable et d'argile assez arides, privées d'eau, plus escarpées au nord qu'au sud, avec une altitude moyenne de 170 mètres, dominant par suite l'Elbe de plus de 100 mètres et atteignant 201 mètres à leur extrémité orientale. Ces hauteurs se prolongent au delà de l'Elbe et s'épanouissent dans les landes de Liinebourg.
La seconde ligne de hauteurs fait suite aux croupes de faible altitude qui traversent la Russie depuis l'Oural moyen et qui comprennent le plateau de Waldaï; on la désigne souvent sous lenom de croupe ouralo-baltique. Dans la Prusse orientale, le plateau des Masures ou Hazoviens est un pays pauvre, au sol caillouteux, couvert de vastes forêts et de très nombreux lacs, habité par une population très arriérée; son altitude moyenne est de 150 à 200 mètres; à l'est, sur la frontière de Russie, les hauteurs de Seesker le dominent et atteignent 310 mètres ; à l'ouest, au sud d'Osterode, les hauteurs de Kernsdorf ne sont pas moins hautes (313"). A l'ouest de la Yistule et au sud du promontoire de la Gassouhie^ le plateau de Pomérellie est fort accidenté, très pittoresque même, et dominé par le Thurm Berg (331 ">), le point culminant de toute la basse Allemagne. Ce plateau se prolonge à l'ouest par celui de Poméranie, qui s'étend parallèlement à la côte jusqu'à l'Oder, ses points les plus élevés n'ont guère plus de 200 mètres. La plaine ondulée du Hecklenbourg à l'ouest de l'Oder est dominée par deux rangées de hauteurs au nord et au sud ; celle du sud, le long de la frontière du Brandebourg, a des sommets de 170 à 180 mètres ; cette contrée possède de grands lacs; la partie septentrionale est très fertile et
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couverte de belles prairies d'une étendue considérable qui nourrissent des chevaux estimés. Tune d'elles a plus de 10,000 hectares d'un seul tenant.
Vers le centre de la plaine wende, entre les deux dos de pays que nous venons de signaler, existent deux dépressions très marquées qui sont parallèles aux côtes de la Baltique et qui sont suivies par des lignes d'eau continues reliant l'Elbe, l'Oder et la Vistule. La première est suivie par le canal du Rhin, le canal de Ruppin, le canal de Finow, VOder jusqu'à Kustrio, la Wartha, la Netze et le canal de Bromberg, La seconde est marquée par le canal de Plaue, le Havel, la Sprée^ le canal Frédéric-Guillaume^ VOder, les marais et le canal de l'O&ra, la Wartha; elle se prolonge en Pologne par le Ner, la Bzura, la Vistule, la Narew et le canal Augustowo qui rejoint le Niémen.
La plaine wende est un pays agricole, assez pauvre du reste ; le sol y est trop sablonneux surtout dans le Brandebourg et dans la Vieille*Prusse. Ces sables rendent souvent les communications pénibles, mais les pluies, ne détrempant pas le sol, n'en augmentent pas les diflficultés. Les vastes forêts qui recouvrent une partie du pays sont bien aménagées et sont une importante source de revenus. Les terrains les plus fertiles sont ceux de l'Uckermark , du Mecklenbourg et ceux qu'arrosent la 'Netze et la Wartha. Des amendements bien entendus ont sur plusieurs points transformé en plaines fertiles des déserts de sable.
La Baltique qui baigne la plaine wende au nord, est une mer fermée, sans marée, à faible profondeur (250°^ au plus), aux eaux peu salées, aux vagues courtes et hautes, aux tempêtes fréquentes, La navigation y est interrompue par les glaces de décembre à avril et la mer a été entièrement prise à différentes dates. La côte allemande est dans son ensemble droite, monotone et peu accidentée ; elle est presque partout bordée de dunes de sable mobiles qui empiètent constamment sur les terres aux endroits où elles ne sont pas encore fixées par des plantations ; les plus hautes et les plus larges sont celles du Mecklenbourg et de la Poméranie ; sur quelques points, vers Rostock par exemple, s'intercalent entre les dunes quelques digues naturelles en blocs de granit.
Dans la partie orientale de la côte prussienne, de longues flèches déterre appelées Nehrungen séparent de la mer de grands lacs intérieurs d'eau presque douce, qu'on désigne sous le nom de HafT. Les Nehrungen sont analogues aux Lidi du nord de l'Adriatique, lesHaffs ressemblent auxlimans de la côte de Russie sur la mer Noire. Les Nehrungen ont une base solide en terre ferme et sont recouvertes de dunes de sable, elles ont une largeur moyenne de 7 à 8 kilomètres. Jadis les sables étaient partout recouverts de bois qui les fixaient, le père du grand Frédéric fit abattre tous les pins de laKurische Nehrung; les sables n'ont pas tardé à se mouvoir, à recouvrir les villages de la côte du Haff et à envahir ce dernier ; ils ne sont pas encore