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SUISSE

Sommaire i Importance militaire de la Suisse. — Étendue, population, religions, instruction publique. — Formation territoriale. — Constitution politique. — Organisation militaire.

OROGRAPHIE DE LA SUISSE. — Grandes Alpes, leurs principaux massifs. — Alpes subordonnées. — Alpes subordonnées du nord. — Alpes subordonnées du sud. — Le Jura suisse. — La plaine suisse.

HYDROGRAPHIE DE LA SUISSE. — Le Rhin. — Affluents du Rhin. - L'Inn, le Tessin et le Rhône.

Tableaux des principales communications à travers les Alpes suisses. Voies de communication, chemins de fer.

Importance militaire de la Suisse. — La Suisse sépare quatre des plus puissantes nations de l'Europe ; aussi a-t-elle une grande importance au point de vue militaire. Celui qui est maître de la Suisse peut déboucher sur les théâtres d'opérations de la Saône, du Rhône, du Pô ou du Danube, et tourner ainsi les lignes de défense de la France, de Tltalie ou de TAllemagne. De Genève, on peut marcher sur Lyon; de Bâle, on peut gagner la vallée de la Saône par la trouée de Belfort, et, de là, la vallée de la Seine par le plateau de Langres ; de Constance et de Schaffouse, on pénètre dans la vallée du Danube en évitant la ligne du Rhin ; par les cols des Alpes, on peut se porter en Italie et faire tomber les différentes lignes de défense de ce pays contre la France ou TAutriche, en les tournant. C'est ainsi que la possession du plateau et des montagnes de la Suisse, dont nous restâmes les maîtres en 1799, nous assura dans les campagnes suivantes une supériorité décisive en Allemagne et en Italie.

Les négociateurs de 1814 et de 1815 voulant nous enlever ces avantages et éviter le retour de semblables éventualités mirent la neutralité de la Suisse sous la garantie des grandes puissances de l'Europe et cherchèrent à organiser fortement ce pays, en le constituant en un État capable de faire respecter son territoire. De plus, le congrès de Vienne déclara neutres le Chablais et le Faucigny, et donna à la Suisse le droit, mais non l'obligation.

6 LIVRE 1er. — PETITS ÉTATS DU CENTRE DE L'EUROPE.

d'occuper ces deux pays de la Savoie en cas de guerre européenne. L'Allemagne et ritalie, alliées contre la France, pourraient chercher à contraindre la Suisse à cette occupation, et, en cas de refus, saisir ce prétexte pour violer la neutralité delà République helvétique. L'éventualité d'une alliance entre l'Allemagne et l'Italie donne aujourd'hui une nouvelle importance à la Suisse, et ce petit pays aura encore à jouer un rôle aussi considérable qu'autrefois, en présence des besoins d'extension des puissances qui l'entourent.

Étendue 9 popalation, relig^ions de la Suisse; instraction publique. — La Suisse occupe une superficie de 41,418 kilomètres carrés; ses lacs, ses fleuves et ses glaciers forment au moins le dixième de sa surface. Ses frontières ont un développement de 349 lieues; elles sont divisées, d'après le général Dufour, en frontières de montagnes 202 lieues, d'eaux 68 lieues, de plaines 79 lieues.

La population de la Suisse est de 2,800,000 habitants. Elle est inégalement répartie : très rare dans la région des grandes Alpes, elle atteint une forte densité sur le plateau suisse, 164 habitants par kilomètre carré dans le canton de Zurich, en sorte que, eu égard à l'étendue habitable de son territoire, la Suisse est un des pays les plus peuplés de l'Europe.

Sous le rapport de la langue, les habitants se répartissent de la manière suivante :

69 7o parlent l'allemand, 24 % — le français, 5,4 Vo — ritalien, 1,6 7o — lo roman.

On voit, d'après cette proportion, que l'influence allemande est bien plus forte que l'influence française. Sur les 22 cantons, il y en a trois, ceux de Genève^ de Neuchdtel et de Yaudy où on ne parle que le français ; cinq, ceux de Berne^ de Frihourg^ des Grisons, du Valais et du Tessin où on parle plusieurs langues; quatorze enfin, où on ne parle que l'allemand.

Au point de vue des cultes, les calvinistes comptent les 3/5 de la population et forment la grande majorité dans les cantons de Zurich^ de Berne, de Glaris^ de Bdle^ de Schaffouse, d'Appenzell (Rhodes extérieures), d'Argonvie, de Turgovie, de Vaud et de NeuchâleL Les catholiques comptent les 2/5 de la population; les cantons de Lucerne, d'Uri, de Schivyz, d'Unterwalden, de Zug, de Fribourg, de Soleure, d'Appenzell (Rhodes intérieures), de Saint-Gall, du Tessin et du Valais sont presque exclusivement catholiques; dans ceux de Genève et des Grisons, la population est partagée à peu près également entre les deux cultes. Cette répartition, comme on le voit, est assez bizarre et ne correspond pas à la division des races ; cela tient à ce que, lors des prédications de Zwingle, les grands cantons de la plaine embras-

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