CHAPITRE VI. — DÊFENâE DE L'EMPIRE Î)'ALLEMAGNE
rAUemagne veut se ménager la domination dans la Baltique et la mer du Nord, il lui faut des établissements complets pour l'entretien d*une flotte sur chaque mer. L'ouverture du canal maritime projeté de l'embouchure de TElbe au golfe de Kiel ne changera même pas cet état de choses. Ces deux grands ports nouvellement créés sont : Wilhelmshaven sur la mer du Nord et Kiel sur la Baltique.
Pour la protection du littoral de l'empire, les Allemands doivent faire un grand usage des torpilles; du reste ils ont tenu compte de la situation spéciale de chaque port et de la configuration des côtes. Sur la Baltique, ils ont fermé l'entrée des ports au moyen de deux moles se faisant face, de façon à pouvoir en organiser la défense en coulant simplement des torpilles entre ces moles et sur le front des batteries de côte. Sur la mer du Nord, les côtes présentent un caractère différent; des bancs de sable s'étendent à une distance de 10 à 20 kilomètres, 38 même sur la côte du Schleswig, et rendent un débarquement impossible autre part que dans les estuaires des cours d'eau où il y a des batteries de côte, toutefois ils permettent aux vaisseaux ennemis do venir mouiller dans les passes qui les séparejit; il est donc nécessaire de les défendre avec des navires de faible tirant d'eau, mais assez puissants pour protéger les lignes de torpilles et pour prendre au besoin l'offensive contre une escadre; les Allemands ont construit dans ce but des canonnières de petite dimension, fortement cuirassées et portant des canons de gros calibre. Du reste, les chenaux n'ont en certains points qu'une faible largeur et sont très difficiles à reconnaître du large une fois les feux éteints et le balisage enlevé.
Smboucliape de l'Ems^ — Les deux seules passes qui conduisent dans l'estuaire de l'Ems et dans le golfe de Dollart, sont séparées par Vile de Borkum et par le banc de Randzel. Le seul point abordable de l'estuaire pour les gros navires est le port hollandais de Delfzyl ; sur l'autre rive le port prussien d'Emden ne communique avec la mer que par un canal. L'entrée de ce dernier est défendue par une batterie de côte.
A l'est de l'embouchure de l'Ems, les îles de la Frise marquent l'ancien rivage jusqu'au débouché de la xfade et sont reliées par des Watten à la terre ferme; on pourrait y débarquer des troupes, mais il faudrait ensuite, pour atteindre la côte, traverser sur des bateaux plats toute la région des tourbières et des marécages, ce qui ne serait pas une opération commode. La côte elle-même est toute bordée de terrains bas, coupés de canaux, où on ne pourrait se mouvoir que sur les digues.
La Jade et Wilheln&aliaTen*. --« La baie de Jade est la première