CHAPITRE VI. -^ DÉFENSE DE L*SMPIRE D'ALLEMAGNE
1<> La ligne de la Moselle et celle de la Seille s'appuyant d*un côté aux places de ThionvlUe et de Metz^ de Fautre à des étangs, à des forêts et à de bonnes positions naturelles ;
2° La ligne de la Sarre formée par les berges de la rive droite de cette rivière et appuyée à droite à la position de Conzarbriick, au centre à la place de Saxrelouis, à gauche aux positions de Saint-Ingbert et d'Hornbach;
3^ Les Vosges et les positions de la Basse-Alsace^ c'est-à-dire, les défilés que suivent les routes des Basses-Vosges de Saverne à Bitche, la position de Wôrth et les lignes de la Lauter ;
4® Les positions du Palatinat, c'est-à-dire, les nœuds de routes de Pirmasens et de Kaiserslaûtern, puis d'un côté les lignes de défense de la vallée • du Rhin fermées par les petits affluents de gauche du fleuve et de l'autre les débouchés du Hûnsrûck sur Birkenfeld, Kirn et Kreuznach ;
ô<> La ligne du Rhin qui dans cette région peut être abordée vers Mannhein ou Mayence.
La ligne d'invasion qui part de Belfort, ne conduit que dans la Haute-Alsace ; Mulhouse n'étant pas fortifiée, les seuls obstacles que rencontreraient les troupes françaises, sont les positions formées par les affluents de l'Ill et par les derniers contreforts des Vosges, celles de Turkheim et du Châtenois par exemple. De ce côté les opérations sont forcément très limitées; on ne pourrait franchir le Rhin et dépasser la Forêt-Noire qu'après s'être rendu maître de Strasbourg et alors les lignes d'opérations vers l'Allemagne centrale se confondraient avec celles qui partent de la Lorraine et du Palatinat. Au nord de l'Ardenne et de TEifel*, une attaque française contre l'Allemagne ne peut s'effectuer qu'avec le concours de la Belgique et de la Hollande ; la base d'opérations serait formée par les villes de la Meuse, Namur, Liège, Maestricht, Roermonde et Yenloo ; les premiers objectifs à atteindre seraient les nœuds de chemins de fer d! Aix-la-Chapelle , de Dûren, de Neuss, de Crevel et de Gueldre; les obstacles naturels que l'on rencontrerait seraient les lignes de la Roer et de VErft; on aurait ensuite pour pénétrer au cœur de l'Allemagne à franchir le Rhin vers Dusseldorf,
Les places de l'Alsace et de la Lorraine ont été décrites dans la première partie du cours, nous n'y reviendrons pas et nous ne nous occuperons ici que des places qui renforcent' la ligne de défense du Rhin.
Liig^ne du Rhin. — La magnifique ligne de défense du Rhin de Bâle à la frontière de Hollande est presque partout difficile à franchir, la voie ferrée de la rive droite permettrait de transporter rapidement des troupes sur les points menacés, dans les parties du moins où elle ne longe pas immédiatement le fleuve et où elle ne pourrait pas être interceptée par le canoii
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de la rive opposée. Les treize ponts fixes pour voies ferrées qui existent actuellement sur le Rhin en Allemagne, sont protégés par des tours armées de canons ou par des places fortes ; après une défense aussi énergique et aussi longue que possible, ils seraient certainement détruits et leurs travées de 100 mètres seraient très difficiles à réparer. La ligne du Rhin est renforcée par quatre grandes places avec forts détachés : Strasbourg, Mayence, Coblenz et Cologne, et par quatre autres de moindre importance : Neuf-Brisach, Rastattj Germersheim et WeseL
Nous savons en quoi consistent les fortifications de Neuf-Brisach et de Strasbourg, nous allons décrire les autres places et indiquer leur rôle.
Rastatt^ — Rastatt est située sur la Murg à Tendroit où les montagnes de la Forêt-Noire se rapprochent le plus du Rhin et ne laissent à la plaine qu'une largeur de 9 kilomètres au plus. La ville est au pied des berges qui limitent la plaine basse et les inondations du Rhin, elle est à 5 kilomètres du fleuve et à 4 des montagnes. La Murg la traverse et s*y joint à VGoshach^ ruisseau qui vient de Baden; au nord et au sud, les plateaux dominent le fond de la vallée de 15 à 25 mètres ; ils sont à une certaine distance couverts de belles forêts : le Nieder-Wald au nord, TOber-Wald à Touest, riffezheimer-Wald au sud.
La ville a 12,000 habitants,. ses fortifications ont été construites de 1843 à 1858 avec Targent prélevée sur la contribution de guerre imposée à la France en 1815 ; dans Tacte constitutif de la Confédération germanique une somme de 20 millions avait été destinée à renforcer la ligne de défense de TAllemagne méridionale par la construction d'une place fédérale ; après de longues discussions, il fut décidé qu'on fortifierait à la fois Ulm et Rastatt.
La nouvelle place fédérale de Rastatt avait pour but de barrer à une invasion française les routes de la rive droite du Rhin qui donnent accès à la grande dépression de Pforzheim, et de rejeter les opérations dans une contrée accidentée, pauvre, au centre du massif de la Forêt-Noire. De plus, une fois Tarmée française engagée dans les routes de Kniebis ou de la Kinzig, elle pouvait appuyer des mouvements sur le flanc de la ligne d* opérations. Au point de vue offensif, elle avait une grande importance comme dépôt de munitions et d'approvisionnements. Depuis Fannexion et la transformation de Strasbourg en grand camp retranché, elle a perdu beaucoup dp son importance ; néanmoins elle est conservée et reçoit même quelques améliorations.
Ses fortifications consistent :
i° En une enceinte continue formée de trois forts fermés à la gorge et de trois lignes de jonction à tracé bastionné et à fossés pleins d'eau ; les fronts