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CHAPITRE VI. — DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE. 2Ô

qui Tunissaient à l'Allemagne, seulement elle y a cédé le rôle prépondérant à la Prusse. Le traité conclu par le prince de Bismarck à Vienne en 1879 oblige chacune des deux puissances contractantes à prêter à l'autre son appui armé dans le cas où celle-ci aurait 'affaire à une coalition de deux autres États ; ainsi TÂutriche doit intervenir dans le cas où TAUemagne aurait à se défendre contre une attaque simultanée de la France et de la Russie; mais si la guerre est localisée sur une seule frontière d'un des Etats, l'autre n'est pas forcé de le soutenir.

Ces considérations géographiques et politiques font voir que l'Allemagne n'a guère à craindre d'attaque sur sa frontière méridionale, aussi ne s'estelle pas préoccupée de s'y créer un système de places fortes complet comme Sur ses autres frontières. Elle s'est contentée de conserver ce qu'elle avait en Silésie, en Saxe et en Bavière ; pour donner satisfaction à ce dernier pays et pour protéger les établissements militaires qui lui sont particuliers, elle s'est laissée aller à créer le grand camp retranché d'Ingolstadt.

Frontière de Bavière et d'Autriche. — Au sud du plateau bavarois, la chaîne des Al'pe^ calcaires qui sépare la Bavière du Tyrol, ne présente que peu de dépressions; il existe deux routes conduisant du Rhein- Thal dans la vallée de l'IUer, quatre entre Tlnn-Thal et la haute Bavière, une ou deux au défilé de Kufstein et enfin trois ou quatre à travers \e& Alpes de Salzbourg.

L'Autriche empiète sur le versant septentrional des montagnes et possède tous les cols et tous les débouchés ; des forces massées en Tyrol pourraient donc tourner les lignes de défense du plateau bavarois formées par les affluents de droite du Danube. La Bavière entretenait jadis quelques ouvrages à Fûssen sur le Lech et à Rosenlieim sur l'Inn, mais ils n'existent plus.

Le long de la Salzach et de VInn\ le tracé de la frontière n'avantage aucune des deux puissances limitrophes ; pourtant la rive droite de ces cours d'eau est généralement dominante et le passage de droite à gauche semble plus facile qu'en sens inverse.

Au nord du Danube, la frontière suit à peu près la crête du Bohmer-Wald et ne peut être franchie que par des défilés longs et difficiles.

La principale ligne stratégique de l'échiquier bavarois est le Danube; sur ses rivés, on rencontre Ingolstadt, Ratisbonne et Passau.

Ratisbonne (Regensburg) , au coude supérieur du fleuve , est un nœud de roules et un point de passage fort important dont la possession permet les manœuvres sur les deux rives; c'était le centre de la puissance romaine sur le Danube; elle devint au moyen âge une grande ville.de commerce et fut plus tard le siège de la diète d'Empire. La Bavière eut désiré relevei* ses fortifications, la Prusse s'y opposa, dit-on, par crainte de l'esprit de

particularisme des Bavarois et parce que cette place aurait eu autant d'ac* lion sur les routes qui viennent de Saxe par le Franken-Wald ou le Fichtel- Gebirge que sur celles qui viennent d'Autriche.

Ing^olstadt^ — Ingolstadt est le centre de défense de la Bavière et de TAllemagne du Sud; la ville qui compte .près de 15,000 habitants, est située sur la rive gauche du Danube au milieu d*une plaine unie et au débouché des routes qui viennent de rAllmiihl. Elle est reliée à la rive droite par un pont sur pilotis; un peu en aval existe un pont de chemin de fer en tôle et d*une seule arche. Des bras morts du fleuve forment en amont et en aval de grandes îles boisées. Au sud-ouest les terrains marécageux du Donau- Moos recouvrent encore une vaste surface. Au nord, de longues ondulations séparent les uns des autres quelques ruisseaux qui aboutissent au Danube un peu plus bas.

Ingolstadt est fortifiée depuis le moyen âge; Gustave-Adolphe l'assiégea en vain en 1632; Louis de Bade la prit en 1704. Une des conditions de l'armistice de Parnsdorf en 1800 fut sa remise aux Français qui en rasèrent les forlificalions. Une forteresse fédérale y a été élevée de 1828 à 1844; les fortifications construites à cette époque consistent en une enceinte de 7 fronts polygonaux autour de la ville et en une têle de pont, dite fort Tilly, sur la rive droite du Danube. Cette dernière a ses fossés pleins d'eau; à une distance de 2 à 3 kilomètres en avant existe une ligne continue de redoutes.

Au début de la guerre de 1866, les Bavarois construisirent sur la rive gauche, à deux kilomètres environ de l'enceinte, 7 redoutes en terre à fort relief. Trois de ces ouvrages ont été transformés en forts permanents et conservés, ce sont les Worwerk de Feldkirchen^ Maximilien-Emmanuel et Hastang. Ils sont reliés par quelques lunettes et batteries.

Ces ouvrages ont été jugés insuffisants pour protéger la ville qui renferme des arsenaux et des manufactures d'armes analogues à ceux que l'Allemagne du Nord possède à Spandau, et une fabrique de conserves semblable à celle de Mayence. Depuis 1875, on a construit sur les deux rives du Danube une première ceinture de forts à 6 kilomètres environ de la ville. Il doit y avoir neuf forts sur la rive gauche et trois sur la rive droite. Ces derniers sont achevés ; parmi ceux de la rive gauche, trois ne sont encore qu'à l'état de projet. Les plus importants au nombre de dix ont un armement de 18 d 32 pièces, les deux autres ne possèdent que 8 pièces.

Passau'. — Passau est situé au confluent du Danube avec l'Inn et TIlz; la ville qui a près de 15,000 habitants, est bâtie dans la longue presqu'île de la rive gauche de l'Inn sur l'emplacement d'une ancienne cité romaine;

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