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CHAPITRE VI. ~ DÉFENSE DE L ÈMPlRÈ D'ALLEMAGNE. 2l

Berlin au sud des marais de TObraet qui évitent à la fois Fosen etKustrin.

I^ig^ne de l'Oder. — Comme seconde ligne de défense contre une invasion venant du nord de la Pologne, l'Allemagne possède le cours de rOder; c'est même la seule ligne continue qui couvre complètement Berlin à l'est. Elle était jadis renforcée par de nombreuses places fortes. On n'a conservé que Glogau et Kustrin. On a jugé inutile de garder Kosel sur le haut Oder par suite de la proximité de Neisse et de sa situation excentrique par rapport aux lignes d'invasion principales. La grande place de SleUin a aussi été déclassée en 1873 parce qu'elle n'est pas située sur une grande voie d'invasion. Les fortifications du côté de terre des places de la côte, Kolberg et Stralsundj ont été déclassées pour la même raison.

Breslau, la capitale de la Silésie, n'est pas fortifiée malgré son importance stratégique. Les écrivains militaires allemands pensent qu'un mouvement offensif des Russes vers la Silésie serait trop risqué et qu'ils ne l'entreprendront pas, du moins tant que leur réseau ferré en Pologne ne sera pas complété et tant qu'ils ne disposeront sur la Vistule que du seul pont de Varsovie. Les corps allemands basés sur Thorn et sur la Prusse orientale ne manqueraient pas de menacer leur flanc droit et les exposerait à être coupés de leur base. La Silésie reste donc pour le moment sans défense contre la Russie ou du moins est suffisamment protégée par sa situation même. Plus tard, quand les voies russes viendront fo souder avec celles de la Silésie, quand le pont du chemin de fer d'Ivangorod sera construit, on se décidera peut-être à relever les fortifications de Breslau, comme il en a été souvent question. Les petites places de Neisse^ei de Glatz n'ont guère d'action sur le théâtre d'opérations russo-allemand dont elles sont séparées par la vallée de l'Oder.

Kustrin ^ — Kustrin, sur la ligne directe de Posen à Berlin, occupe une situation très avantageuse au confluent de la Warthe et de l'Oder. Ces deux rivières coulent au fond de vallées larges et marécageuses, elles roulent un grand volume d'eau et sont difficiles à franchir dans cette région ; elles rendraient l'investissement de la place extrêmement pénible. La ville elle-même est sur la rive droite de l'Oder, entre ce fleuve et le grand bras canalisé de la Warthe, qu'on appelle le canal Frédéric-Guillaume.

Les fortifications de Kustrin améliorées à plusieurs reprises consistent : l*' en une enceinte avec tète de pont sur la rive gauche de l'Oder; S** en un fort construit en 1868 sur la rive droite du canal Frédéric -Guillaume, entre les chemins de fer de Danzig et de Stettin ; 8<* en 5 lunettes en avant de la tête de pont de la rive gauche de l'Oder. On n'a encore commencé aucun des 6 forts détachés dont la construction est projetée et doit coûter 18 millions,

Gco(jraphie. -— 2' pailic, 18

214 LIVRE II. ^ ÀLLEMAaNË.

§ D. — DÉFENSE INtÉRIEURE.

Bi^rtlii et Spaiidati*. — Berlin, la capitale de la Prusse et du nouvel empire d'Allemagne, est situé au milieu d'une plaine sablonneuse parsemée de quelques forêts de sapins entre l'Oder et TElbe. Cette ville renferme des ressources considérables, un grand nombre de voies ferrées s'y croisent et elle serait un objectif très important pour Tennemi en cas de guerre. Elle n'est pas fortifiée; du reste son occupation n'entraînerait peut-être pas l'aveu de la défaite décisive de l'Allemagne ; l'histoire des guerres de l'Empire nous montre que la Prusse continua la lutte bien que sa capitale fût entre les mains de l'ennemi. En 1813, après la bataille de Lûtî^en, les alliés découvrirent Berlin et abandonnèrent les routes qui y mènent pour rester appuyés aux montagnes de la Bohême et pour aller se réfugier derrière les lignes de défense de la Silésie.

Si Berlin n'a ni enceinte, ni fort détaché, cette grande ville est du moins protégée par d'autres places plus ou moins éloignées et par des obstacles naturels créés par les eaux. A l'est se trouve VOder avec Knslrîn; à l'ouest VElbe avec Magctebourg, puis, aux portes mêmes de Berlin, la place de Spandau. Au sud, Berlin est couverte par les cours marécageux de la tfuthêj affluent du Havel, et de la Dahme, affluent de la Sprée, qu'on pourrait renforcer au moment du besoin par des ouvrages de fortification passagère. De plus, Torgau sur l'Elbe et Glogau sur l'Oder constituent des positions flanquantes en ce sens qu'une armée marchant du sud sur Berlin devrait détacher des troupes pour les bloquer.

Wiltenberg^ entre Torgau et Magdebourg, renforçait autrefois la belle ligne de défense de TElbe et commandait les routes les plus directes de la frontière française à Berliii ; mais en Allemagne on regarde comme inutile de posséder trois places à si faible distance les unes des autres, c'est-à-dire, sur une longueur de 50 lieues ; comme de plus la Prusse n'a plus besoin de place frontière contre la Saxe,, on décida l'abandon de Wittenberg ou de Torgau. Cette dernière place, située à égale distance de Dresde et de Magdebourg, fut conservée; la première fut déclassée.

L'échiquier stratégique compris entre VElbe et l'Oder^ au centre duquel se trouve Berlin, a une grande importance et l'armée qui l'occupe peut faire face de tous côtés. Il s'appuie à la mer du Nord et à la Baltique, il est limité par deux grands -Heu ves, il est oblique par rapport à la direction des lignes d'opérations de l'ouest à l'est et flanque les zones voisinesi Nous avons vu

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