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OHAPltRE Vl. -~ DÉFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE. 2*71

Thorn '• — Toute offensive russe par la Vistule est arrêtée par la place de Thorn qui n'est qu'à quelques kilomètres de la frontière. De plus, si la ligne du Prégel est forcée, Thorn et les places de la Vistule inférieure forment une très bonne base d'opérations pour une armée qui voudrait s'avancer au-devant des Russes dans la Prusse orientale.

Thorn est situé sur la rive droite de la Vistule; c'est une anlique cité polonaise qui n'a plus le rôle d'intermédiaire commercial qu'elle avait autrefois; elle compte 18,000 habitants. Son vieux pont en bois a été pendant longtemps le seul pont fixe de la Vistule inférieure ; un pont à tablier métallique de 800 mètres de longueur y traverse le fleuve et sert au passage des trois voies ferrées de la rive gauche qui y convergent. Aussitôt que la ville fut rendue à la Prusse après 1815, on s'occupa d'en relever les anciens remparts ; enfin, dans ces derniers temps, on en a fait une grande place de guerre par l'extension de Vencemte de la rive droite qui englobe le pont du chemin de fer et surtout par la construction de 6 forts détachéSy trois sur chaque rive de la Vistule. On a affecté une somme de 20 millions à ces travaux.

Graodens. — Marienbourg ^. — Sur la Vistule inférieure, les tètes de pont de Graudenz et de Marienbourg n'ont pas grande valeur et ne feraient pas une bien longue résistance à une attaque sérieuse.

La place de Graudenz a même été déclassée vers 1873 et ses remparts ont servi à des exercices de simulacre de siège ou de guerre de mines. Depuis cette époque, on a construit à Graudenz un pont de chemin de fer sur la Vistule et on conserve les restes des anciennes fortifications, comme tête de pont défendant ce grand ouvrage d'art; de plus, deux blockhaus crénelés ont été construits sur la rive gauche.

Plus bas, l'enceinte assez médiocre de Marienbourg protège un pont de chemin de fer sur la Nogat; le passage de cette même voie ferrée sur la Vistule est couvert par les blockhaus crénelés de Dirschau situés sur la rive gauche de ce fleuve. Entre ces deux points, les Werder, coupés en tous sens de canaux, ne peuvent être traversés que sur les routes.

Danzls^. — Si les armées russes parviennent, malgré tous ces obstacles, à franchir le cours inférieur de la Vistule, elles devront immédiatement se préoccuper de l'action que la grande place de Danzig exercerait sur leur flanc droit. Elles seront contraintes de l'investir, si elles veulent se mettre en communication avec la flotte qui trouverait dans le Putziger-Wick un bon abri, le premier depuis la frontière.

Les fortifications de Danzig ont été remaniées vers 1850; Venceinte a été renforcée; le fort du Hagelsherg^ le fort dit Bischofsberg et la lunette duJesui-

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il2 LIVRÉ II. — ALLEMAGNE.

tenberg^ situés sur les hauteurs qui dominent à Touest le delta de la Visiule, ont été reconstruits complètement à neuf. Sur la rive droite de rancienne Vislule, au nord de la ville, existent quelques ouvrages avancés. Les fronts orientaux sont précédés de grandes inondations et tout le terrain avoisinant est sillonné par les bras de la basse Vistule. Les fortifications de Danzig ont été encore améliorées dernièrement et, de 1873 à 1876, on y a dépensé près de 42 millions, La place forme une position défensive très forte qu*il serait difficile d'investir; on parle aujourd'hui de munir Danzig de forts détachés, ce qui augmenterait encore sa valeur.

Posen. — Sur la ligne directe d'invasion vers Berhn, la grande place de Posen, située sur la Warthe, commande le principal nœud de routes et de chemins de fer; elle ne pourrait guère être tournée. L'armée russe qui suivrait la rive gauche de la Vistule, rencontrerait les marais qui recouvrent le pays entre cette rivière et la Netze, puis viendrait se heurter à la dépression de Bromberg et au cours marécageux ^de la Netze. Entre la Netze et la Warthe, des chapelets continus de lacs recouvrent le pays et le rendent très favorable à la défensive. Sur la rive gauche de la Warthe, la Prosna qui marque la frontière n'est pas un obstacle sérieux; mais bientôt l'armée qui s'avancerait de ce côté serait rejetée par les grands marais de l'Obra dans le rayon d'action de la place de Posen ou de celle de Glogau.

Posen' est une ville de 61,000 habitants; elle en eut 75,000 au seizième et au dix-septième siècle et était alors l'une des grandes villes de commerce de la Pologne ; ruinée par les guerres et les dévastations, elle n'en avait que 5,000 quand elle devint prussienne à la fin du siècle dernier; elle se relève de ses ruines en se germanisant. Ses fortifications sont de date récente. La citadelle (fort Vimary) a été élevée vers 1830 dans le but d'empêcher la capitale de la province de tomber au pouvoir d'une insurrection polonaise. Dix ans plus tard, on s'occupa de défendre la ville elle-même; on l'entoura d'une enceinte formée de 6 fronts polygonaux sur la rive gauche de la Warthe et on construisit sur la rive droite des ouvrages très développés s'appuyant aux forts Rauch et Radziwill. La nécessité de mettre à l'abri d'un bombardement cette ville qui contient un matériel de guerre considérable, de la transformer en grande place de guerre et d'étendre son action, a conduit à allouer en 1873 une somme de près de ?8 millions à la construction de forts détachés; ceux-ci sont aujourd'hui achevés, ils sont à une distance de S à 4 kilomètres de l'enceinte et ne laissent entre eux que des intervalles de 3 kilomètres au plus. Il y en a 4 sur la rive droite et 7 sur la rive gauche de la Warthe.

Nous avons déjà parlé de Glogau qui barre les routes qui conduisent à

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