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CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE

genres : routes, canaux et chemins de fer, sillonnent en tons sens la plaine belge à l'ouest de la Meuse. Les armées n'éprouveraient aucune difficulté à se mouvoir et à se ravitailler dans ce pays; aussi a-t-il été le théâtre de guerres fort nombreuses.

Toutes les villes de la vallée de TEscaut sont rehées par des chemins de fer qui forment un réseau très serré ; les principaux nœuds de voies ferrées sont : Bruxelles, Malines, Gand, Bruges, Liège, Courlrai, Mons et Namur. L'Ardenne n'est traversée que par trois voies ferrées :

1° Celle de Namur à Mézières par les défilés de la Meuse.

i2° Celle de Namur, de Huy ou de Liège à Longwy ou à Luxembourg.

3° Celle de Liège à Luxembourg, par Spa.

Le développement des routes est de 7,650 kil.. et celui des chemins vicinaux de 10,000 kil. ; celui des voies navigables est de 1,825 kil., dont 890 en canaux; celui des voies ferrées est de 3,600 kil.

Fopmation territoriale des Pays-Bas. — Les Flandres et la Hollande forment l'extrémité occidentale de la grande plaine germanique que bordent la Baltique et la mer du Nord. Ces deux pays furent conquis successivement par les Romains et par les Francs ; lors de la dissolution de l'empire de Charlemagne, la partie au nord-ouest de l'Escaut fut attribuée aux Francs occidentaux, tout le reste fut donné à la Lotharingie et fut plus tard absorbé par le royaume des Francs orientaux ou de Germanie.

Le système féodal ne tarda pas à s'établir sur tout le pays qui forma plusieurs comtés, duchés ou principautés ecclésiastiques; les principales dynasties qui se partagèrent le territoire furent celles des comtes de Flandre, <les ducs de Brabant, des comtes de Hollande-Hainaut et enlln des comtes de Luxembourg ; Vévêché de Liège se maintint dans ses vastes possessions jusqu'à la révolution française.

Dès le douzième siècle, les cités flamandes et brabançonnes se constituèrent en communes avec de hbres municipes sous l'autorité de leurs comtes, mais elles luttèrent souvent contre ces derniers pour faire respecter leurs libertés; alors commença pour elles une ère de prospérité qui dura jusqu'au dix-septième siècle.

A la fin du quatorzième siècle, la seconde maison de Bourgogne venait d'être fondée au profit d'une branche cadette des Valois ; les princes de cette maison ne tardèrent pas à intervenir dans les affaires des Pays-Bas et par mariage, héritage ou annexion forcée finirent par mener à bonne fin l'œuvre de la réunion des provinces néerlandaises. Philippe-le-Hardi (1363-1404) acquit par son mariage avec Marguerite de Flandre, fille du dernier comte, la Flandre^ la seigneurie de Malines^ les comtés de Nevers, de Rethel, d'Artois^ de Bourgogne^ etc. ; il se fit de plus restituer en 1385 par le roi de FrancPj

64 LIVRE I<^'. — PETITS ÉTATS fiU CENtllE DE L'EUROPE.

4^1iarlcs VI, la Flandre française qui était incorporée au douiaine royal depuis 1305. Son fils Jean-sans-Peur (1404-1419) lui succéda dans ces riches possessions et son second lils hérita par sa mère du duché de Brabant. Le troisième duc de la maison valésienne de Bourgogne, Philippe-le-Bon (1419-1469) fut celui qui avança le plus l'unilication des provinces néerlandaises; il réunit les deux héritages flamands et brabançons de sa famille, y ajouta le Hainaut^ la Hollande, la Zéelande, la Fme, le Luxembourg et Aamur, puis en 1 435 se fit céder pouc prix de sa réconciliation avec le roi de France, Charles VU, Guines, Boulogne, le Ponthieu, la Picardie^ Maçon, Auxerre et Bar-sur- Seine. C'est ainsi (jue se trouva constitué le puissant duché de Bourgogne comprenant deux vastes domaines séparés par la Lorraine et l'Alsace. Le dernier duc, Charles-le-Téméraire, (1467-1477) fit de vains eflbrts pour relier les deux tronçons de ses possessions ; il embrassa de trop vastes desseins, se fît battre par les Suisses et périt misérablement dans la déroute de Nancy. La Bourgogne, la Picardie, le Ponthieu firent retour à la couronne de France.

Le mariage de Marie de Bourgogne, fille et unique héritière de Charleslo-Téméraire, avec Maximilien d'Autriche, donna les Pays-Bas, V Artois, la Franche-Comté, le Charollais à la maison de Habsbourg. Leur petit-fils, Charles-Quint, acquit ou conquit la Frise, Utrecht, Over-ljssel, Groningue, la Drenthe, la Gueldre et Zutphen, et constitua ainsi un seul et même état des 17 provinces néerlandaises; il respecta les vieilles traditions de liberté do ces pays qui continuèrent à prospérer sous son règne.

Philippe II, successeur de Charles-Quint aux Pays-Bas comme en Esj)agne, voulut enlever aux villes leurs privilèges séculaires et établir un gouvernement absolu ; il promulgua contre l'hérésie qui commençait à s'introduire dans le pays, des édits draconiens qui furent appliqués avec la jjIus grande rigueur par le cardinal Granvelle; les nobles méprisés et exclus du gouvernement s'unirent au peuple et bientôt éclata le soulèvement des Gueux (i^Q^). Le duc d'Albe voulut étoufi'er la révolte dans le sang et institua à Bruxelles le conseil des troubles ou conseil de sang; 6uillaume-le- Taciturne qui avait échappé à réchafaud, organisa la résistance dans la province de Hollande. Après diverses péripéties, il faisait signer par les provinces septentrionales en grande partie protestantes l'acte de confédération d' Utrecht (1579), puis Vacte d'abjuration de la Haye (1581) qui enlevait toute autorité à Philippe IL Les villes de Gand, Bruges, Mahnes, Anvers et Ypres qui avaient accédé à la ligue, en furent détachées plus tard par les armes et Thabila pohtique d'Alexandre Farnèse, qui était déjà parvenu à faire rentrer dans le devoir les provinces méridionales et qui même eut reconquis les 17 provinces, s'il n'avait été distrait de son but par les préparatifs (le rinvincible Armada et par deux expéditions qu'il dut entreprendre

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