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CHAPITRE iV. — LA BELGIQUE

en France au service de la Ligue. Guillaume-le-Taciturne avait été assassiné à Delft en 1584; son second fils Maurice de Nassau lui succéda comme stathouder, mais il ne put tout d*abord à cause de sa jeunesse empêcher les progrès de Farnèse. Dès 1590, ses talents militaires se révélèrent et, en sept années de luttes, il chassa toutes les garnisons espagnoles des villes des Provinces-Unies. Après la paix de Vervins conclue en 1598 entre Henri IV et Philippe II, il eut à supporter seul Teffort des armées espagnoles commandées par Spinola, il leur résista et, en 1609, la trêve de la Haye, conclue pour douze ans avec TEspagne, reconnut Texistence de fait des Provinces- Unies. Le nouvel Etat formait une république fédérative de sept provinces; le pouvoir exécutif était confié à Maurice de Nassau qui , sous le titre de stathouder, exerçait presque tous les droits d'un roi. La prépondérance parmi les provinces confédérées appartenait à la Hollande, dont le nom fut souvent pris pour désigner TEtat tout entier.

La guerre avec l'Espagne reprit en 1621, à l'expiration de la trêve, et se prolongea avec des fortunes diverses jusqu'en 1648, époque à laquelle les deux partis signèrent la paix de Munster qui consacrait officiellement l'existence de la République et qui lui annexait une longue bande de terrain arrachée aux provinces espagnoles du sud; ces derniers pays, comprenant la rive gauche de VEscaut occidental^ la moitié du, Brabant avec Bois-le-Duc, Berg-op-Zoom, Breda et Grave, une partie du Lifiibourg avec Maestricht, formèrent des pays d'États ou de généralités prives de droits politiques et sans représentation aux Etals Généraux. De plus ce traité consacra l'acquisition de l'immense empire colonial arraché par les marins hollandais à la couronne de Caslille ou plutôt au Portugal qui appartenait alors à l'Espagne.

Les provinces belges conservées par l'Espagne furent, à partir de celle époque, désignées sous le nom de Pays-Bas catholiques ou Pays-Bas habs^ bourgeois pour les distinguer de la Bépubliqiie des sept provinces unies des Pays-Bas, L'Espagne les conserva jusqu'en 1714, époque à laquelle le traité d'Utrecht les donna à l'Autriche.

En 1792, nos troupes envahirent la Belgique, puis la Hollande. La Belgique fut réunie à la France et divisée en départements par un décret de la Convention. La République Batave fut créée en 1795. Plus tard, Napoléon fit de la Hollande un royaume sur le trône duquel il plaça son frère Louis; enfin, en 1810, ce dernier pays fut complètement incorporé au reste de l'Empire français et partagé en départements.

Les traités de 1815, voulant constituer une puissance capable de résister aux envahissements de la France, créèrent le royaume des Pays-Bas^ formé de la réunion de la Belgique et de la Hollande. Les anciennes forteresses démantelées par Joseph II furent reconstruites à nouveau avec l'argent de la contribution de guerre qui nous fut imposée.

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66 LIVRÉ îer. ^ î>EtltS ÉTATS Î)Û CENtRÈ DE L'EUROPE.

Cet assemblage hétérogène de Belges catholiques et de Hollandais protestants ne put subsister bien longtemps. En 1830, une insurrection eut lieu à Bruxelles (25 août) et le royaume de Belgique se constitua tel qu'il est aujourd'hui. Les représentants des cinq grandes puissances réunis en congrès à Londres sanctionnèrent la dissolution du royaume des Pays-Bas et intordirent au nouvel Etat le choix comme souverain d'un prince appartenant à l'une des cinq grandes dynasties de l'Europe. Néanmoins le congrès belge offrit la couronne au duc de Nemours, fils de Louis-Philippe ; de plus il essaya de conserver en entier les deux provinces de Limbourg et de Luxembourg qui s'étaient fait représenter à Bruxelles. Le roi de France refusa la couronne pour son fils (17 février) et le congrès élut alors roi le prince Léopold de Saxe^Cobûurg^Gotha (4 juin 1831). La conférence de Londres voulut régler le différent au sujet du Limbourg et du Luxembourg en partageant chacune de ces provinces en deux, mais le roi de Hollande ne consentit pas à cette division et fit envahir la Belgique par ses troupes ; Bruxelles ne fut préservé d'une occupation que par l'intervention de la France (août 1831); enfin, à la fin de 1832, une nouvelle armée française vint délivrer Anvers de la présence des troupes hollandaises qui occupaient la citadelle, mais il fallut faire un siège en règle. Le roi de Hollande continua à protester contre le traité conclu à Londres et, jusqu'en 1839, la Belgique se maintint en possession du Limbourg et du Luxembourg a l'exception des deux villes de Maestricht et de Luxembourg qui étaient occupées par des garnisons hollandaises. Enfin, à cette époque, le roi de Hollande finit par souscrire aux articles de la conférence de Londres réglant le partage des deux provinces. Le Luxembourg et le Limbourg hollandais firent partie de la Confédération germanique, mais la première de ces deux provinces entra seule dans le Zollwerein ; Maestricht et Vanloo restèrent des forteresses hollandaises et non fédérales.

En 1866, lors de la dissolution de la Confédération germanique, la place de Luxembourg faillit devenir un prétexte de guerre entre la nouvelle Confédération du Nord et la France ; ses fortifications furent alors déclassées. Le grand-duché qui ne relève que du roi de Hollande, fait toujours partie de l'Union douanière de Zollwerein.

Orfl^anisation politique et adtninistrativéé -*- La Belgique forme une monarchie constitutionnelle où le roi promulgue les lois, signe les décrets, a le droit de veto absolu, commande en chef l'armée, nomme les ministres et dissout les Chambres; il a un traitement annuel de 8,300,000 fr.

Le CorpH légiâlatif se compose de deux chambres : i° le Sénat, dont les membres, au nombre de 66, sont élus pour 8 ans parmi les électeurs âgés de 40 ans au moins et payant 2,116 francs de contributions directes; ils

dHAPlTRÈ IV. — LA 6ÊLGIQUÈ.

sont renouvelables par moitié tous les quatre ans ; 2° la Chambre des Représentants dont les membres, au nombre de 132 (1 pour 40,000 habitants) , sont élus pour 4 ans parmi tous les citoyens belges qui sont électeurs, ils se renouvellent par moitié tous les deux ans.

Le corps électoral pour les élections générales se compose de tous les citoyens payant au minimum 42 francs d'impôt; les électeurs provinciaux doivent payer 20 francs et les électeurs communaux 10 francs d'impôt. Dans les communes, le bourgmestre et les échevins sont nommés par le roi.

Le territoire belge est divisé en 9 provinces qui correspondent aux anciens départements français du temps du premier Empire :

PROVINCES CAPITALES

Flandre occidentale. . Bruges.

Flandre orientale . . . Gand.

Anvers Anvers.

Limbourg Hasselt.

Brabant Bruxelles.

PROVINCES CAPITALES

Hainaut Mons.

Namur Namur.

Liège Liège.

Luxembourg .... Luxembourg.

Instruction publique et cultes. — Sous le rapport de l'instruclion, la Belgique n'occupe pas un rang très distingué parmi les Etats de l'Europe. Les écoles d'enseignement primaire y sont très faibles, et encore aujourd'hui le quart des habitants ne sait pas écrire. Le nombre des miliciens illettrés est de 24 %. Les provinces wallonnes sont, à ce point de vue, supérieures aux provinces flamandes.

L'enseignement secondaire est donné dans 10 athénées, 50 écoles moyennes de l'Etat, et dans un assez grand nombre de collèges communaux.

L'enseignement supérieur est donné dans les deux universités de TÉtat à Gand et à Liège, dans l'université catholique de Louvain et dans l'université libre de Bruxelles.

Sous le rapport du culte, la population de la Belgique est presque exclusivement catholique ; elle ne renferme que 10,000 protestants, et 2,000 Israélites.

Organisation militaire. — L'armée belge se recrute par engage-* ments volontaires et par la voie du sort. La durée du sei*vice dans la milice est de 8 ans, et le nombre des appelés de 12,000 par an; mais, comme le budget ne permet d'entretenir que 40,000 hommes sous les drapeaux, on renvoie les militaires en congé illimité après un service de 28 mois à 4 ans suivant l'arme. Dans le cas où le territoire est menacé, le roi a le droit dé rappeler les classes libérées de la milice en commençant par les dernières. L'armée belge est presque entièrement composée de remplaçants, les Chambres ayant encore rejeté en 1872 le principe du service obligatoire;

En cas de guerre, en appelant toutes les classes de la milice, on compte pouvoir réunir 105,000 hommes sous les armes. En 1870, Teffectif de l'armée mobilisée a été de 85,000 hommes.

La loi qui régit le recrutement et Torganisation de l'armée belge date du 16 août 1873 ; cette armée comprend :

1 régiment de carabiniers à 4 bataillons actifs et 2 non actifs, plus 1 compagnie de dépôt.

1 régiment de grenadiers, ) à 3 bataillons actifs et 1 non ac- 1 fATitAPiA j ^ régiments de chasseurs, [ tif, plus 1 compagnie de dépôt; inranierie < j^ régiments de ligne, ) chaque bat<>» est a 4 comp*®*.

2 compagnies sédentaires.

1 corps ae discipline.

1 école d'enfants de troupe.

CavaleHe ] 1 Î^ÎS d^ S?"' j» *«- '""^ ""'^ «^^ ' '•'^•='^- ' 4 régiments de lanciers, ;

4 régiments de campagne, à 10 batteries.

3 régiments de siège, a 16 batteries, plus 1 batterie de réserve et i batterie de dépôt.

Artillerie { 1 compagnie de pontonniers.

1 compagnie d^artificiers.

1 compagnie d^ouvriers.

1 compagnie d'armuriers.

1 régiment du génie à 3 bataillons de 4 comp'^'^, plus 1 de dépôt.

1 compagnie de chemins de fer.

f^ » ) I compagnie de télégraphes de campagne.

*^ j 1 compagnie de télégraphes de place.

1 compagnie de pontonniers de place.

1 compagnie d'ouvriers.

Train : 7 compagnies.

Sur le pied de paix, Tinfanterie forme quatre divisions, chacune à deux brigades, sauf la quatrième qui en a trois. Les quartiers généraux des divisions sont respectivement à Gand, Anvers, Liège et Bruxelles. La cavalerie forme deux divisions à deux brigades dont les quartiers généraux sont Bruxelles et Louvain. L'artillerie de campagne constitue deux brigades et rartillerie de siège n'en forme qu'une seule.

Le territoire belge est divisé en deux grandes circonscriptions militaires dont les chefs-lieux sont Anvers et Bruxelles, et en 9 commandements provinciaux, correspondant aux 9 provinces.

En cas de guerre, l'armée belge se divise en deux groupes principaux ; 1» L'armée d^ opérations forte de cinq divisions, comptant 60,000 hommes; â^ rangée dWnvers comprenant les bataillons non actifs, les dépôts, etc., forle do 45,000 hommes.

La garde civique se compose des hommes valides de 21 à 25 ans ; elle se divise en garde active dans les communes où il y a une population agglomôrco de plus do 10,000 habitants ou dans les villes fortes, et en garde fwn aciivc dans les autres cuiiiniuncs; celle-ci ne comprend qu'un cadre. Celte

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