CHAPITRE PREMIER
STUDS D'ENSEMBLE DE L'ALLEMAONE.
Sommaire : Coup d'œil d'ensemble sur TAUemagne. — Populations, races et langues. — Histoire succincte de l'empire germanique. — Formation territoriale de la Prusse, — Formation territoriale des autres États de l'Allemagne. — Description d'ensemble de rAllemagne et étude géologique. — Partage de TAllemagne en tbéâtres d'opérations.
Coup d'ceil d'ensemble sur l'Allemagne. — La région germanique occupe le centre de l'Europe ; elle s'étend des Alpes à la mer du Nord et à la Baltique, des Vosges et des Ardennes à la Leitha et à l'Oder. A l'est de l'Oder et le long de la Baltique jusqu'au Niémen, la race allemande empiète sur la race slave, de même qu'à l'ouest elle a franchi le Rhin et a refoulé la race gauloise jusqu'à la Sarre et jusqu'à l'Escaut. Sur le plateau de la Bohême, les- deux races slave et allemande so sont juxtaposées et subsistent encore sans se mélanger.
Au point de vue de la configuration du sol, l'Allemagne peut se diviser en trois parties bien distinctes : 1^ l'Allemagne du Sud, région de hauts plateaux, comprenant le bassin supérieur du Danube, la vallée du Neckar et la vallée du Main, c'est-à-dire la Bavière^ la Souabe et la Franconie; 2® l'Allemagne du Centre, contrée très divisée, très mouvementée et d'aspect très varié; on y trouve des montagnes de hauteur moyenne, de riches vallées, de belles prairies, des plateaux tantôt arides tantôt bien cultivés, de grandes richesses minières; elle comprend la Saxe royale^ les petits États de la Thuringe, la Hesse, V ancien Nassau et les parties méridionales des provinces prussiennes de Saxe et de Westphalie; 3^ l'Allemagne du Nord, iin-
mense plaine qui s'étend depuis la région montagneuse jusqu'aux rivages de la mer du Nord et de la Baltique; elle est traversée par des fleuves aux cours parallèles; on y trouve de vastes tourbières et des landes à roiiest, des parties sablonneuses au centre dans le Brandebourg, de grandes forêts, d'immenses prairies à l'est; elle comprend la Frise^ la Westphalle^ le Hanovre, le Schlesivig ' Holslem, les provinces qui ont été la base de la puissance prussienne, et celles qui, dans le démembrement de la Pologne, ont formé la part de la Prusse.
Ces trois régions sont, pour ainsi dire, reliées entre elles par une quatrième qui est le bassin du Rhin ; il comprend trois pays d'aspect bien différent : 1** la belle plaine de V Alsace, de Bade et du Palatinat; 2° la pittoresque coupure où il franchit les plateaux de transition qui terminent à l'ouest la région montagneuse de la moyenne Allemagne; 3^ la plaine que traverse le fleuve avant de se perdre dans les terrains bas de la Hollande, plaine qui est très peuplée et riche par son industrie, ses houillères et ses mines.
Ces régions, très différentes entre elles et très découpées dans leur intérieur, du moins celles du nord et du centre, semblaient prédestiner l'Allemagne à la division politique; c'est en effet ce qui a empêché pendant si longtemps le pays de s'unifier. Toutefois, l'uniformité de la plaine du nord devait forcément la ranger tout entière sous un môme gouvernement, et ce dernier devait s'imposer à tout le reste de l'Allemagne. C'est en effet dans les plaines du nord qu'est née l'unité du nouvel empire germanique. Les habitants de ce triste pays, habitués à la réflexion, grands inventeurs de systèmes philosophiques plus ou moins embrouillés, ont su appliquer la méthode et l'ordre innés chez eux aux choses de la guerre et à l'organisation des armées ; aussi la Prusse est-elle devenue la plus redoutable puissance militaire de l'Europe. Le peuple de ces plaines du Nord, formé à la patience par les rudes travaux qu'il dût entreprendre pour percer ses forêts, pour transformer ses marais, ses tourbières, ses sables en terres cultivables, connu de longue date par son flegme, sa rudesse et sa rapacité, imposa ses idées unitaires aux Allemands du sud, plus gais, plus ouverts, plus affables, plus légers et plus divisés. Toutes les forces allemandes sont unies aujourd'hui sous l'autorité du roi de Prusse.
Populations, races et langues de rAllemag^ne. — L'Europe centrale est habitée aujourd'hui par la race germanique, et il en était déjà de même à l'époque romaine; les Celtes^ qui avaient primitivement peuplé le pays, avaient été, après de longues luttes, refoulés au delà du Rhin et du Danube. Les Germains ne se laissèrent que très peu pénétrer par la civilisation romaine ; après cinq cents ans de luttes contre Rome, ils finirent par avoir