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CHAPITRE I«'. — ÉTUDE D'ENSEMBLE DE L'ALLEMAGNE

définitivement Tavantago el par CMivaliir l'empire sur tous les points. Après avoir détruit en barbares la civilisation de l'occident et du midi de TEurope, ils s'en laissèrent enfin imprégner et, aujourd'hui, ils sont à la tête de la civilisation moderne.

Au grand mouvement des Germains vers l'ouest et le sud qui se fil au commencement du cinquième siècle, correspondit un mouvement dans le même sens des populations slaves de la grande plaine de l'Europe orientale. Celles-ci envahirent tout le pays jusqu'à l'Elbe et jusqu'au Danube et- s'y maintinrent pendant cinq siècles. Au dixième siècle se produisit une poussée de toutes les populations en sens in verso de la première, poussée qui s'est continuée jusqu'à nos jours, qui a amené le refoulement de la race slave sur l'Oder et la Vistule et qui a chassé les Tartares au delà de l'Oural; c'est ce que les Allemands appellent « Drang nacli Oesten, » l'impulsion vers l'est.

Les peuplades germaines, à l'époque romaine, étaient divisées en un très grand nombre de tribus installées dans des cantons appelés pagi ou gaue. Vers la fin du quatrième siècle, ces peuplades s'étaient groupées et fondues en un certain nombre de nations rivales, dont les principales étaient : les Francs campés sur les deux rives du Rhin inférieur, les Burgondes entre le Main et le Neckar, les Allemans dans le bassin du Neckar, dans la plaine badoise et sur le haut Danube jusqu'au lac de Constance, les Bavarois\\u[ avaient absorbé les Marcomans et qui étaient installés dans le premier bassin du Danube, les Longobards venus de l'Elbe inférieur sur le Danube, les Osirogoths au nord du Danube, les Visigolhs au sud du fleuve en Mœsie, en Dacie et en Thrace depuis l'invasion des Huns. En arrière de ces peuples, qui menaçaient immédiatement l'Empire sur le Rhin et sur le Danube, les Frisons occupaient les côtes de la mer du Nord du Rhin à l'Eider, les Angles s'étendaient au sud de la péninsule cimbrique, les Saa;o?z5 dominaient depuis la Lippe et l'Ems jusqu'à l'Elbe. Ce sont ces peuples, plus ou moins fondus et modifiés, qui ont formé la nation allemande de nos jours.

La population de l'empire d'Allemagne était, en décembre 1880, de 45 millions d'habitants; elle s'accroît en moyenne de 400,000 habitants par année, La superficie de l'Empire étant de 559,57.1 kilomètres carrés, la population kilométrique est en moyenne de 83 habitants. Cette répartition est loin d'être uniforme; tandis que les plaines du nord sont relativement peu peuplées, les habitants sont très pressés en Saxe, dans la Thuringe, en Alsace et dans les provinces rhénanes.

Sous le rapport des nationalités, la grande majorité des habitants est do race et de langue allemandes ; malgré l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine, on est arrivé à ne compter que 270,000 Français dans tout l'Empire. Voici, du reste, quelle était en 1875 la répartition dos 42,727,000 habitants que comptait l'Empire à cette époque :

Allemands et juifs 39.102.000

Slaves. ... 3.000.000

Lithuaniens et Gourlandais 120.000

Danois 150.000

Français et Wallons 350.000

Les juifs, qui sont de race non aryenne, n'ont qu'une importance numérique assez faible, 500,000 environ dans tout TEmpire; mais ils jouent un rôle social très considérable; la plupart des grands fmancicrs allemands sont Israélites; ils tiennent le premier rang dans toutes les carrières libérales; la presse de Berlin est entièrement entre leurs mains; toutefois, ils n'ont pas encore pénétré dans l'armée. Cette grande influence qu'ils exercent !\ depuis longtemps excité bien des jalousies, qui se sont manifestées dernièrement par un mouvement anti-sèmitique très prononcé, et la question juive a failli devenir une question sociale.

i^a langue allemande a été le grand instrument de l'unité nationale; les écoles l'ont répandue chez les populations slaves de la Prusse et cherchent à l'inculquer aujourd'hui aux populations françaises de la Lorraine. Les nombreux dialectes disparaissent peu à peu grâce à la diffusion des livres et des journaux; mais, dans le langage parlé, il existe encore de notables différences entre les diverses provinces de l'Empire. Ces dialectes forment doux grands groupes :

Le haut-allemand (Iiock-deutsch) est parlé depuis les Alpes jusqu'à la plaine de la Basse- Allemagne; c'est la langue écrite de nos jours, elle a pris naissance en Thuringe et en Saxe; les anciens dialectes se maintiennent encore dans les campagnes et se distinguent en autrichien, bavarois^ souabCj badois^ franconien, hessois, thuringien et saxon.

Le bas-allemand (platt-deutsch) ou allemand du pays plat, est parlé à Berlin, dans les anciennes villes de la Hanse et dans les campagnes; il comprend l'ensemble des dialectes do la plaine de la Basse-Allemagne, loesl- ■pJialien, holsteinois, mecJdenbourgeois , brandebourgeois, prussien, dont beaucoup se rapprochent du hollandais; il tend à disparaître devant le hautallemand, qui devient de plus en plus la langue usuelle. Cependant, encore aujourd'hui, il existe de notables différences dans le langage parlé; à Vienne et à Bgrlin par exemple, les mots ne se prononcent et ne se composent même ])as de la môme manière. L'allemand dos petites vallées des Alpes valaisannes n'est qu'un patois.

L'unité (le langage et les tendances du peuple devaient amener l'unité polilirpie; toutefois, on observe encore de notables difïërences dans le caractère (les habitants, de môme que dans la structure géographique des divers pays. Voici comment Elysée Reclus, dans son grand ouvrage, caractérise les an-

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