La luxure est une cause de génération
La gourmandise entretient la vie.
La peur ou la crainte la prolonge.
La douleur est le salut de l’organisme. (ASH. I. 32, v.)
69. — Comme l’animosité met la vie en péril, la peur est une cause de sécurité. (C. A. 117, p.)
70. — La patience fait contre les injures comme les vêtements contre le froid. Si tu multiplies les habits selon l’intensité du froid, ce froid ne pourra te nuire.
Ainsi en face des grandes injures, redouble de patience, et elles ne pourront atteindre ton esprit. ( L . A. 117, p.)
71. — Les hommes se lamentent à tort sur la fuite du temps, lui reprochant sa vélocité, ne trouvant pas qu’il offre un espace suffisant ; mais bonne mémoire que la nature a ainsi dotée fait que toute chose depuis longtemps passée paraît présente. (C. A. 76, r.)
72. — Notre jugement n’apprécie pas les choses faites à diverses périodes du temps, ni leur distance relative, parce que ces faits qui ont eu lieu autrefois nous semblent proches et pres-
que actuels ; et beaucoup d’autres circonstances toutes voisines paraissent lointaines, ayant pour antiquité le temps de notre jeunesse.
Ainsi fait l’œil en face de la distance, qui illuminée par le soleil paraît proche, tandis que d’autres espaces plus voisins mais ombrés paraissent éloignés. (Ç. A. 76, r.)
73. — Voici une chose qu’on repousse d’autant plus qu’on en a besoin : le conseil ; mal volontiers l’écoute à qui il servirait fort bien : savoir l’ignorant.
Voici une autre chose qui vous poursuit d’autant plus qu’on la craint et qu’on la fuit : la misère, qui dans la mesure où tu veux l’éviter, t’accablera, sans te laisser de repos. ( C. A. 90 , r.)
74. — Quand l’œuvre satisfait le jugement, quel triste signe pour ce jugement et quand l’œuvre l’emporte sur le jugement cela est pire, comme il arrive à ceux qui s’émerveillent d’avoir si bien œuvré. Quand le jugement surpasse l’œuvre, voilà le signe parfait; si un jeune se trouve en cette disposition, sans doute il deviendra excellent artiste ; ses œuvres seront peu nombreuses, mais pleines de qualités qui arrêteront les hommes admiratifs pour contempler ces perfections. ( C . A. 90, r.)
75. — L’esprit retrouve le cerveau qu’il avait quitté et qui, à haute voix, lui tient ce langage :
— O heureux, ô aventureux esprit, où es-tu allé ? Je suis cet homme bien connu de toi.
DE LÉONARD DE VINCI
Cela est une conduite de rustre, un sommet d’ingratitude et le comble de tous les vices.
Mais avec des paroles inutilement vous m’accablez ! La somme des péchés se trouve seulement en lui, et si un seul manque, du moins il ne possède aucune bonté et les autres hommes ne sont pas autrement que moi. Et en effet, je conclus ainsi que le mal est notre ennemi, et qu’il serait pire encore qu’il soit notre ami. (i?. 1355.)
76. — Qui ne refrène la volupté s’abaisse au rang de la brute. (AS H. I. 119, r.)
77. — O fausse lueur, combien d’autres avant moi, dans les temps passés, tu as misérablement trompés ! Si je voulais voir la lumière, ne devais-je pas apprendre à discerner le soleil du fallacieux éclat du suif qui fume. ( C . .4.66, r.)
78. — D’abord, celui qui est privé de mouvement, qui est fatigué de servir manquera du mouvement qui est l’assistance.
Première mort que la fatigue ! Je ne me lasse pas de servir, je ne me lasse pas d’aider.
Toutes les œuvres ne sont pas pour un instant.
Est sujet de carnaval... Sans lassitude...
Les mains où tombent ducats et pierres précieuses ne se lassent jamais de servir, mais ce service est seulement utile, et n’est pas selon notre dessein. Nature, comme moi, dispose naturellement. (ASH. I. 48, p.)