‹ Textes choisisChapitre 16 sur 100 · Le bois nourrit le feu qui le consume · texte numérisé non relu

Le bois nourrit le feu qui le consume

Quand apparaît le soleil qui meurt dans les ténèbres, tu éteins la lampe qui le cachait à ta nécessité et commodité. ( ASH . I. 22, e.)

80. — La renommée s’élève au ciel, parce que les choses vertueuses sont amies de Dieu; l’infamie doit se figurer en bas, parce que toutes ses opérations sont contraires à Dieu, se dirigent vers l’enfer. (ASH. IL 22, p.)

81 . — Le plaisir et la douleur peuvent être représentés ensemble et accouplés ; parce que jamais l’un n’est séparé de l’autre. Avec une croupe adossée parce qu’ils sont contraires l’un à l’autre, posés sur un même corps parce qu’ils ont un même fondement, car si le fondement du plaisir est l’effort contre le déplaisir, ce dernier , se trouve au fond des joies variées et lascives. On se figure que le roseau dans la main du plaisir est vain et sans force, et sa piqûre est cependant venimeuse. Nous employons le roseau, en Toscane, pour soutenir les lits, cela signifie que là, se font de vains songes et que là se consume une grande partie de la vie et se perd baucoup de temps utile, surtout le matin où le corps peut donner un nouvel effort, où l’esprit est modéré et reposé; là encore se prennent beaucoup de vains plaisirs, là encore l’esprit imagine les choses impossibles ; et avec les plaisirs du corps qui sont des raisons de

diminuer la vie ; ainsi le roseau convient pour tenir tels fondements. (R. 1196.)

82. — Situ dis que la vision empêche l’application de la subtile cogitation mentale qui pénètre dans les divines sciences, et que cet inconvénient conduisit un philosophe à se priver de la vue ; je répondrai que l’œil, comme seigneur des sens, fait son office en s’opposant aux conceptions confuses et menteuses qui ne sont pas des sciences, mais des divagations où on discute à grands cris et à grands gestes. Ce philosophe aurait dû se priver de l’ouïe aussi, sans quoi il restait offensé,puisqu’il voulait l’accord où tous les sens se taisent.

Et si tel philosophe se ferma les yeux pour mieux raisonner, pense que cet acte fut la conséquence de sa cervelle et de ses raisonnements, pour que tout leur fitplace.Or,ne pouvait-il fermer les yeux, quand il entra en cette frénésie et les tenir clos, jusqu’à ce que cette fureur se calmât ? Mais l’homme était fou et son raisonnement aussi et stupidement il s’aveugla. {LU. 16.)

83. — La partie tend à se réunir à son tout pour finir son imperfection ; l’âme désire rester avec son corps, parce que sans les instruments organiques de ce corps, elle ne peut ni agir, ni sentir. (C. A. 59, r.)

84. — L’amant se meut par la chose aimée ; comme le sens avec le sensible, entre eux ils

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s’unissent et ne font plus qu’un même objet.

L’œuvre est la première chose qui naît de l’union. Si la chose aimée est vile, l’amant s’avilit. Quand la chose unie convient à son uniteur, il résulte délectation, plaisir et sérénité. Quand l’amant est uni à l’aimé, il se repose. (T. 6. r.)

La chose se reconnaît avec notre intellect, quand la chose mue s’unit avec le moteur. (T. 6, r.)

85. — Venerem observant solam hominibus convenire, titre d’une planche d’anatomie publiée par Uzielli.

86. — Il sortira de l’obscure et ténébreuse terre une chose qui mettra toute l’espèce humaine en grandes inquiétudes, dangers et morts.

A beaucoup qui le chercheront, après bien des peines, l’or donnera du plaisir: mais qui en sera privé, mourra avec souffrance et calamité.

Cela inspirera d’infinies trahisons ; cela poussera les hommes aux assassinats, aux vols et aux perfidies, cela donnera du soupçon à ses partisans, cela enlèvera l’état aux cités libres; cela ôtera la vie à beaucoup . cela tourmentera les hommes dans leurs arts, par des tromperies et des traîtrises.

O monstrueux élément! Qu’il serait mieux pour l’homme que tu retournasses en enfer; par toi les grandes forêts restent désertes de

leurs végétations ; par toi une infinité d’ani maux perdront la vie {métaux). (G. A. 362, v.'\

87. — Il sortira de la caverne rocheuse une chose qui fera, avec sueur, exténuer tous les peuples du monde, avec de grandes inquiétudes, anxiétés, efforts, pour être aidés par lui (or). (G. A. 362, r.)

88. — Et toi, homme, qui considères en mon travail l’œuvre admirable de la nature, tu jugeras toi-même que c’est une chose défendue de la détruire ; or, pense quel crime c’est d’ôter la vie à 1 homme, dont la composition te paraît une telle merveille d’art ; pense au respect que tu dois à lame qui habite une telle architecture; et vraiment telle qu’elle est, c’est une chose divine. Aussi, tu laisseras cette âme habiter son œuvre à son plaisir, et tu ne voudras pas que ta colère ou ta malignité détruise une vie , si belle, que ne pas l’estimer, c’est ne pas la mériter.

Enfin, c’est de mauvais gré, crois-le, que l’âme quitte le corps, et crois-le, sa plainte et sa douleur ne sont pas sans raison. ( W. An. 22.)

89. — Aux jours de mon enfance je me souviens d’avoir vu les hommes, petits et grands, ayant les extrémités du vêtement découpées en 1 toutes leurs parties, de la cape aux pieds, et sur le côté. Non content de cette belle invention, à cette époque, on découpait encore les dites découpures; et les capuches, les souliers, les

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coiffes étaient découpées de cette façon ; des soies sortaient en variées couleurs des principales coutures du vêtement.

Depuis j’ai vu les souliers, les bérets, les escarcelles, même les armes qui se portent pour attaquer, les collets des manteaux, les pointes des vestes, la queue des vêtements, en un effet infini à bafouer ceux qui voulaient paraître beaux, appointés de longues et fines pointes.

Plus tard on commença à augmenter les manches et elles devinrent tellement grandes qu’une seule était plus vaste que la veste ; ensuite on éleva le col tellement que toute la tête y disparut ; puis encore on vint à se déshabiller de telle sorte que les draps ne pouvaient être soutenus par les épaules parce qu’ils ne posaient pas dessus. Après, on allongea les habits de façon que les hommes eussent les bras chargés d’étoffes pour ne pas les fouler au pied. Enfin on vint à un tel excès qu’on se vêtit seulement d’un côté jusqu’au coude et si étroitement qu’on éprouvait un grand supplice et beaucoup crevaient dessous ; et les pieds si serrés que les doigts passaient l’un sur l’autre et se chevauchaient {F. 96. v.)

90. — Tout homme désire faire fortune pour donner aux médecins, destructeurs de la vie.

Pour cela ils doivent être riches. (F. 96. ç.)

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