Nous connaissons clairement que la
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vue, par rapides opérations, découvre en un point une infinité de formes, néanmoins elle ne comprend qu’une chose par fois. Posons le cas : toi, lecteur, tu verras, en un coup d’œil, toute cette page écrite et jugeras aussitôt qu’elle est pleine de lettres variées, mais tu ne connaîtras pas du même coup quelles sont ces lettres, ni ce qu’elles veulent dire. Il te faudra aller d’un mot à l’autre, et, vers par vers, si tu veux avoir connaissance de ces lettres, comme pour monter au sommet d’un édifice il te faudra monter marche après marche, sinon tu ne parviendrais pas à son sommet.
Je te dis donc : celui que la nature tourne vers cet art, s’il veut avoir une vraie connaissance de la forme des choses, commencera par leurs particularités, et n’ira pas à la seconde avant d’avoir la première dans la mémoire et dans la pratique : et faisant autrement il perdrait son temps et allongerait beaucoup ses études. Rappelle-toi qu’il faut d’abord la diligence avant la prestesse. (ASH. I. 28, r.)
163. — Il n’y a pas dans a nature d’effet sans cause : saisis la cause et i ; t’inquiète pas de l’expérience. (C. A. 147, v.)
164. — Avant de faire aucune expérience, et que je passe plus outre, mon intention est d’alléguer d’abord l’expérience et ensuite de démontrer avec le raisonnement pourquoi cette expérience est enfermée dans tel mode d’opé-
ration. Et c’est là la vraie règle que suivent les observateurs des effets naturels et encore que la nature procède de la raison et finit par l’expérience : il nous faut suivre la voie contraire ; car, procédant, comme j’ai dit tout à l’heure, de l’expérience, par elle, on découvrira la cause. ( E . 55, r.)
Science, étude des choses qui sont possibles, présentes ou passées. Prescience, étude des choses qui pourraient être. ( G . A. 86, r.)
165. — Le plus petit point naturel est plus grand que tous les points mathématiques. Gela se prouve. Le point naturel est une quantité continue et tout ce qui est continu est divisible à l’infini, tandis que le point mathématique est indivisible, n’ayant pas de quantité.
Intellectuellement, toute quantité continue est divisible à l’infini.
Parmi la grandeur des choses qui sont en nous, l’existence du rienest la principale et son office s’étend aux choses qui n’ont pas l’être ; et son essence se trouve près du temps, entre le passé et le futur : !e rien procède du présent.
Le néant a s v parties égales à son tout et le tout est divisib.e ou indivisible, et la somme ne produit aucune part comme dans la multiplicationou dans son total, quant à soustraire, comme le démontrent les arithméticiens par le dixième caractère, le 0 qui représente le néant. Son pouvoir ne s’étend pas aux choses naturelles. (Ce
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qu’on appelle néant se trouve seulement dans le temps et les paroles, dans le temps entre le passé et le futur, sans rien retenir du présent et aussi parmi les paroles, pour les choses qui n’existent pas ou qui sont impossibles. Le néant est le contraire de l’être et où il serait, serait le vide. (ASH. II. 27, e. — R. 918.)
166. — Ce qui est divisible en fait l’est encore en puissance, mais toutes les quantités divisibles en puissances ne le sont pas en fait. (C. A. 119, r.)
167. — Ces règles (de l’expérience) sont les modes propres à discerner le vrai du faux. Elles persuadent les hommes de ne se promettre que des choses possibles et avec plus de modération, et ainsi tu dévoiles l’ignorance qui ferait que ne voyant nul effet, tu tomberais dans le découragement et la mélancolie. [C. A. 119, r.)
168. — Qu’est-ce que la force ? Je dis que c’est une vertu spirituelle, une puissance invisible,qui sous l’accident d’une violence extérieure est causée par le mouvement, et placée et infuse dans les corps qui sont, par leur nature, en repos : elle leur donne une vie active d’une merveilleuse puissance. (T. 36, u.)
169. — Qu’est-ce que la force ? une puissance spirituelle, incorporelle, invisible, qui, avec une brève vie, paraît dans les corps qu’une violence accidentelle trouve en dehors de leur inertie naturelle. (G. 75, r.)
170. — Cette violence communique aux corps une vie active d’une merveilleuse puissance : elle contraint toute chose créée à changer de forme et de place et court avec furie à son épuisement, se diversifiant, en son cours, selon les causes.
La lenteur l’augmente et la vitesse la diminue. Née de la violence elle meurt de sa liberté et plus elle est grande, plus elle meurt vite et détruit violemment tout ce qui s’oppose à sa propre destruction. Elle veut vaincre et abolir l’obstacle et meurt de sa victoire, en y succombant elle-même.
La force s’augmente par la résistance de l’obstacle et charge avec furie tout ce qui s’oppose à sa mort.
Toute chose contrainte, contraint à son tour.
Le corps où elle se manifeste n’augmente ni de poids ni de volume ; les fatigues la confortent et le repos l’épuise.
Le corps où elle s’incarne perd sa liberté et souvent elle engendre, par l’effet du mouvement, une force nouvelle. (A. 34, r.)
171. — La force a trois offices qui se subdivisent à l’infini: tirer, pousser, immobiliser. (A. 34, v.)
172. — La force est entièrement et partout la même et dans toutes ses parties. ( A . 34, v.)
173. — Toutes les puissances spirituelles, à mesure qu’elles s’éloignent de leur source, occu-
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pent un plus grand espace et diminuent proportionnellement d’intensité.
Si les éléments se révélaient l’un l’autre avec les figures que donne Platon, il se produirait du vide entre eux. (G. 15, r .)
174. — Toute action ne peut s’exercer que par le mouvement. (G. 73, r.)