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La nécessité est maîtresse et tutrice de la nature

La nécessité est thème et inventrice de la nature, son frein et sa règle éternelle. (Æ.1135.)

229. — La nature se montre pour beaucoup d’animaux plus cruelle marâtre que mère et pour certains plus tendre mère que marâtre. Lff.846.)

230. — Pourquoi la nature ne défend-elle pas à tel animal de vivre delà mort d’un autre?

DE LÉONARD DE VINCI

La nature étant femme et prenant plaisir à créer continuellement des vies et des formes, sache que ce sont là accroissements de sa terrestre matière et qu’elle est plus volontaire et pressée de créer que le temps qui a été placé pour consumer. Voilà pourquoi tant d’animaux sont la nourriture les uns des autres ; et pour satisfaire à semblable désir, elle envoie des vapeurs pestilentielles sur les grandes multiplications et congrégations d’animaux et surtout d’hommes qui s’accroissent trop, pour que les autres animaux ne les mangent pas ; et la cause enlevée, les effets ne se produisent plus.

Donc cette terre désire la multiplication continue et s’efforce de ne pas manquer à son besoin de vie. Gela démontre la raison par laquelle les effets cachent leur cause ; les animaux sont l’exemple de la vie mondiale. (R, 1219.)

231. — Dans la chose morte reste de la vie désagrégée, qui, absorbée par les estomacs des vivants, redevient de la vie sensitive et intellective. ( E . 48, r .)

232. — De quoi qu’il se nourrisse, le corps va continuellement de la mort à la renaissance, l’aliment entre en ces lieux où l’aliment passé est mort ; et si tu ne donnes pas une nourriture équivalente à celle reçue, la vie diminue et s’éteint ensuite. ( H . 89, p.)

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