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Rien de dense n’est plus léger que l’air

Nous avons prouvé que la partie de la lune qui brille est aqueuse, et, tournée vers le corps du soleil, elle reflète la splendeur qu’elle reçoit ; et comme si cette eau fût sans onde, elle paraît petite, mais d’un éclat presque semblable à celui du soleil ; à présent il faut chercher si la lune est un corps lourd ou léger ; s’il est grave, confessons, que sa terre à elle, à tant de hauteur, acquiert un degré de légèreté, — or l’eau est plus légère que la terre, et l’air que l’eau, et le feu que l’air, et ainsi de suite successivement; il paraît que si la lune avait densité, comme elle l’a, elle aurait gravité; et ayant gravité, que l’espace où elle se trouve ne pourrait la soutenir et par conséquence elle devrait descendre vers le centre de l’univers et s’unir à la terre. Et si du moins ses eaux venaient à tomber, et à la quitter, et à couler vers le centre, la lune resterait dépouillée et sans lustre. Donc, ne suivant pas la raison évidente, il est manifeste que la lune est vêtue de ses éléments, savoir : eau, air et feu, et en elle et par elle-même se soutient dans l’espace, comme fait notre terre avec ses

éléments dans un autre espace, et que c’est office des choses graves dans leurs éléments, comme font les choses graves dans nos propres éléments. (F. 69, p.)

266. — Tout son est causé par l’air répercuté dans un corps dense et, s’il a lieu dans deux corps lourds, c’est l’air ambiant qui les entoure, qui opère, et cette conflagration consume les corps frottés. Donc, il s’ensuivrait que les cieux, dans leur frottement, n’ayant pas d’air entre eux, ne gênèrent aucun son (1).

Et si ce frottement était vrai, les cieux, en tant de siècles qu’ils accomplissent leurs révolutions, seraient consumés par l’énorme vitesse qu’ils déploient chaque jour ; et s’ils faisaient un son, il ne se répandrait pas, puisque le son de la percussion fait sous l’eau se sent peu, et de moins en moins, dès que les corps sont plus denses. Entre les corps lisses, il n’y a pas de frottement et ainsi il ne peut y en avoir dans le contact ou frottement des cieux; et sicescieux ne sont pas lisses au contact de leur frottement, ils seront globuleux et rugueux, et dès lors leur contact n’est pas continu, et c’est comme s’ils généraient le vide, lequel n’existe pas dans la nature.

On conclut que le frottement aurait consumé les extrémités de chaque ciel et d’autant

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