DISCOURS SUR LE DELUGE EX LES FOSSILES
262. — Le corps de la terre ressemble à celui des animaux, tissu par les ramifications des veines, toutes raccordées entre elles, constituées pour la nourriture, à la vivification de la planète comme de ses créatures. (R. 100.)
263. — Rien ne naît, là où il n’y a pas de vie sensitive, végétative et rationnelle : les plumes poussent sur les oiseaux et changent chaque année ; les poils poussent et changent sur le corps des animaux, sauf en certaines parties comme la moustache des lions, des chats et similaires ; l'herbe dans les prés et les feuilles sur les arbres, chaque année, se renouvellent en grande partie. Nous pourrons dire que la nature a une âme végétative et que sa chair est le sol et ses os les ordres d’agrégations des roches qui se développent en montagnes; et ses tendons sont les tufs ; son sang, les veines de l’eau ; le lac de
sang qui se trouve autour du cœur est la mer océane; notre respiration et l’élévation et l’abaissement du sang par lespoumons, par le pouls, est, comme sur la terre, le flux et le reflux de la mer ; la chaleur de l’âme du monde est le feu infus dans la terre, résidence de l’âme végétative qui en divers lieux s’exhale en eaux thermales, en mines de soufre, en volcans, à Mongibello de Sicile et à plusieurs autres endroits. (R. 896.)
264. — Les cours souterrains de l’eau, comme ceux qui sont entre l’air et la terre, continuellement usent et creusent leur lit.
La terre emportée par les fleuves se décharge à leur embouchure, c’est-à-dire qu’elle descend avec eux et s’arrête au point mort de leur mouvement, où l’eau douce abonde, sur le bord de la mer. Cela manifeste la prochaine création d’une île, laquelle se découvrira tôt ou tard, quand la quantité de l’eau sera moindre ou majeure.
Cette île naît de la quantité de terre et de l’effritement des rochers causé par le cours souterrain de l’eau dans les endroits où elle séjourne. (K. 2, r.)
265. — Tu dois conclure dans ton discours que la terre est une étoile à peu près semblable à la lune et ainsi tu prouveras la noblesse de notre monde. (F. 56, r.)
Tu feras aussi un discours sur la grandeur de beaucoup d’étoiles, selonles auteurs. (F. 56, c.)
266. — La terre est une étoile. La terre, au moyen de la sphère aqueuse qui la recouvre en grande partie, prend le simulacre du soleil et resplendit dans l’univers, comme font toutes les autres étoiles. (R. 286.)
267. — Ensuite, montre comme le scintillement de certaines étoiles vient de l’œil, et pourquoi ce scintillement est plus vif chez l’un que chez l’autre, et dis que si le scintillement venait, comme il paraît, de l’étoile, ce serait l’effet d’une extrême dilatation dans le corps de l’étoile ; étant donc plus grand que la terre, ce mouvement incessant serait trop rapide à dilater la grandeur de l’étoile ; prouve ensuite que la superficie de l’air ne touche pas à la superficie du feu et cette dernière en son terme reçoit les rayons solaires .-partout cette similitude avec les grands corps célestes dans leur lever et leur coucher et chez les petits au contraire, lorsqu’ils sont au milieu du ciel. (F. 36, v.)
268. — Comme la terre n’est pas au milieu de l’orbe du soleil, ni au centre de l’univers, mais au milieu des éléments, ses compagnons unis à elle ; et qui se tient avec la lune quand elle est avec le soleil, au-dessous de nous ; ainsi notre terre avec son élément aqueux paraît et fait le même office que fait la lune pour nous. (F. 25, e.)
269. — Comme la terre, faisant office de lune, a perdu beaucoup de l’ancienne lumière
DE LÉONARD DE VINCI
dans notre hémisphère par la chaleur de l’eau, cela est prouvé au livre IV : Du monde et des eaux. (F. 94, p.)
270. — Mon livre tend à montrer comment l’océan, avec les autres mers, fait, au moyen du soleil, resplendir notre monde à la façon de la lune : et aux plus lointains elle parait être une étoile et je le prouve. ( C . A. 112, p.)
271. — Le roux ou le jaune de l’œuf se tient au milieu de son albumine sans descendre d’aucun côté, et plus léger ou plus lourd il est égal à son albumine ; et s’il est plus léger, il devrait s’élever au-dessus de toute l’albumine et s’arrêter au contact de la coquille de l’œuf : et s’il est plus lourd, il devrait descendre ; et s’il était égal, il pourrait se tenir dans un des bouts, comme au milieu ou dessous. (R. 902).
272. — La terre est lourde dans sa sphère, mais d’autant plus qu’elle sera dans un élément plus léger.
Le feu est léger dans sa sphère, mais d’autant plus qu’il sera dans un élément plus lourd.
Aucun élément simple n’a de poids ou de légèreté dans sa propre sphère. (F. 56, p.)
273. — Le mouvement que font des corps lourds vers le centre n’est pas l’effet d’une attraction qui attire le corps au centre, ni d’une tendance propre, comme celle de l’aimant qui attire à lui. (F. 69, p.)