Avant d’écrire sur les volatiles, fais
un livre des choses insensibles qui descendent dans l’air sans le vent et un autre de celles qui descendent avec le vent. (F. 53, v.)
307 — Fais d’abord l’analomie de l’aile, puis celle des pennes sans les plumes, puis celle des pennes avec les plumes. ( E . 51, r.)
308. — J’ai divisé le traité des oiseaux en quatre livres : le premier traite du vol par battement d’ailés; le deuxième du vol par la faveur du vent ; le troisième du vol en général des chauves-souris, poissons, insectes ; le quatrième du vol artificiel. (K. 3, r.)
309. — L’oiseau se fait lourd ou léger dans l’air, selon sa volonté. (E. 48, e.)
309 bis. — Gomme l’homme qui s’appuie avec les pieds et les reins entre deux parois de mur pour le ramonage des cheminées, ainsi fait l’oiseau avec la découpure de la pointe de ses ailes contre l’air où elles s’appuient. (E. 46, r.)
310. — Il y a autant de travail à mouvoir l’air contre la chose immobile qu’à mouvoir la chose contre l’air immobile. ( E . 21, r.)
311. — Le mouvement de l’oiseau se propage du bord antérieur de l’aile à son extrémité : ainsi le marin d’un coup de barre change la direction du vaisseau. ( E . 52, v.)
312. — L’oiseau est un organisme qui opère par voie mathématique ; il est au pouvoir de l’homme de pouvoir faire tous les mouvements de l’oiseau, mais non avec une égale puissance;
DE LÉONARD DE VINCI
cela s’entend seulement de la puissance de l’équilibre. Je dirai donc qu’à cet instrument composé par l’homme, il ne manque que l’âme de l’oiseau, laquelle doit être faite d’après l’âme de l’homme.
L’âme obéirait mieux, sans doute, aux membres des oiseaux que ne ferait l’âme de l’homme, de lui séparée surtout dans les mouvements d’un équilibre presque insensible. Mais puisque nous voyons l’oiseau pourvoir à une grande variété de mouvements d’ordre sensible, nous pouvons juger, par cette expérience, que les plus sensibles pourraient être connus de l’homme et que largement il pourrait pourvoir à remplacer cet instrument dont il se serait fait âme et guide. (F. 52, e.)
313. — Les petits oiseaux étant sans plumes ne supportent pas la grande fraîcheur des altitudes de l’air où vivent les aigles et autres gros oiseaux, vêtus de plusieurs rangs de plumes.
Encore les petits oiseaux, avec leurs débiles et fines ailes, se soutiennent dans l’air bas qui est lourd, mais non dans l’air supérieur qui offre peu de résistance. ( C . A. 66, v.)
314. — J’écris si particulièrement du milan parce que c’est mon destin. Au plus lointain souvenir de mon enfance, je me souviens qu’étant au berceau, un milan vint à moi et m’ouvrit la bouche avec sa queue et plusieurs fois
me frappa ainsi, entre les lèvres, avec sa queue. (G. A. 161, r.)
315. — L'air se meut comme un fleuve et entraîne avec soi les nuages : ainsi l’eau courante entraîne toutes les choses flottantes. (G. 10, r.)
316. — Le vent est en tout semblable à l’eau, dans son mouvement. (A. 60, r.)
317. — Dans tous ses mouvements, l'eau a une grande conformité avec l’air. (A. 61, r.)
318. — Les sons s’éloignent de leurs causes par des mouvements circulaires, en les gardant toujours pour centre. (A. 61, r.)
319. — Tout coup frappé saute en arrière par un angle égal à celui de la percussion. {A. 19, r.)
320. — Le son retourne à l’oreille par une oblique semblable à la ligne d’incidence ; il est réfléchi comme le rayon lumineux dans le miroir. (A. 19, v.)
320 bis. — Il prendra son premier vol, le grand oiseau, sur le dos de son grand cygne, remplissant l’univers de stupeur, remplissant tous les écrits de sa renommée, donnant gloire impérissable au lieu de sa naissance. (B. 1428.) (L’homme volant.)
320 ter. — L’objet qui frappe l’air fait une force égale à l’air qui frappe l’objet. Tu vois que le battement des ailes contre l’air fait soutenir l’aigle pesant dans l’air le plus haut et le plus rare ; tu vois aussi l’air emplir les voiles gonflées et pousser le navire lourdement chargé.
DE LÉONARD DE VINCI
De ces preuves tu peux connaître que l’homme, avec ses grandes ailes agissant contre la résistance de l’air, pourra victorieusement le soumettre et s’élever au-dessus de lui. (R. 1126.)
321. — Pour donner la vraie science du mouvement des oiseaux dans l’air, il est nécessaire de donner d’abord la science des vents, laquelle explique les mouvements de l’eau et elle-même ; et cette science sensible fera de soi échelle pour venir à la connaissance des volatils dans l’air et dans le vent. ( E . 54. r.)
322. — Quand tu mets ensemble la science des mouvements de l’air, souviens-toi de mettre, sous chaque proposition, ses moyens, afin que cette science ne soit pas inutile. (F. 2. e.)
323. — Les témoins mis à l’humérus de l’aile chez les oiseaux sont d’ingénieuse sorte, par un aisé ploiement, pour le choc en ligne droite si fréquent dans le vol furieux des oiseaux : il est beaucoup plus commode dans l’essor direct de plier une minime partie de l’aile que l’aile entière. ( E . 52, v.)
324. — L’homme volant doit être libre à partir de la ceinture pour pouvoir se balancer, comme on fait dans une barque, afin que le centre de gravité en lui et dans la machine, puisse changer, comme la nécessité le demande. {R. 1122.)