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LA FLAMME ET LA MARMITE

531. — Un peu de feu, qui dans un petit charbon s’était caché, sous la cendre tiède, se jugeait avec dépit dans une situation misérable.

Quand la femme de la cuisine, pour faire sa nourriture habituelle, survient et pose le bois dans le foyer et ressuscite avec le soufflet une petite flamme et sur les bouts de bois apportés elle pose la marmite sans s’inquiéter si elle est bien d’aplomb.

Alors, ranimé le feu prend au bois sec et commence à s’élever.

DE LÉONARD DE VINCI

Chassant l’air des interstices du bois qu’il remplit avec force et joyeux passage.

Il commence à souffler aux interstices du bois comme si c’étaient des fenêtres faites à souhait et pousse au dehors des flammes longues et rutilantes, éclairant soudain les ténèbres de la cuisine fermée.

Avec joie la flamme déjà croissante joue avec l’air qui l’entoure et comme chante avec un doux murmure, fait un joli son.

Le feu réjoui par le bois sec trouvé dans le four et par lequel il s’était réveillé, commence à folâtrer en ses petites flammèches et de moment en moment, par les interstices qu’il trouve dans le bois, il tire à soi.

Courant entre les bois, joyeux et passant gaiement il commence à souffler et apparaît aux intervalles supérieurs du bois, comme à des fenêtres propices, de temps à autre.

Déjà il apparaît au-dessus du bois, accru et assez vif, et commence à lever son esprit doux et tranquille jusque-là, en enflure et insupportable orgueil, faisant comme s’il croyait attirer tout le superbe élément sur le peu de bois. Et il commence à souffler et à coups d’étincelles d’une façon pétillante, tout autour du foyer, déjà la flamme, devenue grosse, se divisait sous la pression de l’air, quand plus haute, parcourant la marmite du fond au bord supérieur... ( G . A. 116, 9.)

QUI s’humilie sera exalté.

532. — Un peu de neige se trouvait sur la cime d’un rocher formant la dernière cime d’une très haute montagne, et se recueillant en ses imaginations elle commence à se comparer à la montagne et à se dire à elle-même :

« Je ne dois pas me juger altière et superbe, petit peu de neige placé en ce haut lieu et supporter qu’une telle quantité de neige que je vois soit située bien au-dessous de moi. Ma petite quantité ne mérite pas cette altitude qui peut bien, par le témoignage de ma petite figure, connaître celle que le soleil faisait hier à mes compagnes qui en peu de temps furent fondues par le soleil. Et cela leur est arrivé parce qu’elles étaient placées plus haut qu’il n’était nécessaire. Je veux fuir la colère du soleil et m’abaisser et trouver un endroit convenable à ma petitesse. Elle se jette en bas et commence à descendre, roulant de la roche élevée sur l’autre neige. Plus elle cherche un lieu bas, plus sa quantité s’accroît, de telle façon qu’au terme de son cours sur une colline qui se trouve guère moins grande que celle qu’elle soutient : ce fut la dernière neige que dans ce lieu le soleil fondit. Cela enseigne que ceux qui s’humilient seront exaltés (C. A. 66, v.)

533. — La boule de neige plus elle roule et descend la montagne de neige, plus elle augmente de volume. ( C . A. 67, e.)

I)E LÉONARD DE VINCI

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