LA PIERRE
537. — Une pierre de belle grandeur se trouva couverte par l’eau ;elle était située à un certain endroit relevé où elle terminait uncharmantbosquet, au-dessus d’un chemin rocailleux, parmi les herbes et les fleurs aux couleurs variées. Elle voyait la grande quantité de pierres qui se trouvaient placées sur le chemin. Le désir lui vint de se laisser tomber, se disant à elle-même : « Que fais-je parmi ces herbes? je veux être en compagnie de mes sœurs. » Et elle se laisse tomber et vient rouler dans la compagnie désirée. Au bout de peu de temps, les roues des voitures, les pieds ferrés des chevaux et ceux des passants ne la laissaient pas en repos ; ce fut à qui la pousserait, la frapperait et parfois elle perdit des morceaux. Quand elle fut couverte de boue et de la fiente des animaux, elle regarda
DE LÉONARD DE VINCI
avec regret l’endroit qu’elle avait quitté, ce lieu de la solitude et de la tranquille paix .
Cela arrive à ceux qui veulent sortir de la vie solitaire et contemplative pour venir habiter dans la ville, parmi le peuple, parmi d’infinis maux. ( C.A . 172, p.)
l’eau.
538. — Se trouvant dans la superbe mer, son élément, l’eau vient à ambitionner de s’élever au-dessus d ; l’air, et aidée par le feu élémentaire elle monta en subtile vapeur et parut aussi subtile que l’air. En s’élevant elle atteint une zone plus subtile et plus froide où le feu l’abandonne et les petits grains restreints déjà s’unissent et se font pesants et en tombant l’orgueilleuse coule. Elle tombe du ciel : elle fut la bienvenue pour la terre sèche où absorbée pour longtemps elle fît pénitence de son péché. (S. K. M. III, 98, v.)