‹ Textes choisisChapitre 64 sur 100 · LE CHATAIGNIER ET LE FIGUIER · texte numérisé non relu

LE CHATAIGNIER ET LE FIGUIER

539. — Le châtaignier voyant l’homme sur le figuier pliant ses branches à l’envers, en arrachant les fruits mûrs et les mettant dans sa bouche ouverte, les ouvrant et mangeant à belles dents, agita ses longs rameaux et dit avec un bruissement tumultueux : — O figuier, comme la nature t’a moins bien traité que moi! Vois comme mes doux fils sont préservés, d’abord

vêtus d’une fine enveloppe sur laquelle la peau ferme et résistante est placée. Et non content du bénéfice que leur donne leur forte écorce, au-dessus d’elle, des épines fortes et pointues empêchent la main des hommes de leur nuire ?

Alors, le figuier se mit à rire avec ses fils et quand il eut fini, il répondit : — L’homme est d’un tel esprit, qu’il te récolte avec les gaules, les pierres ; et les serpes fourragent dans tes rameaux, faisant peu de cas de tes fruits qui tombés sont foulés aux pieds avec les cailloux, de façon qu’ils sont écrasés et arrachés de leur armature : moi, on me prend soigneusement dans les mains, tandis qu’on t’aborde avec le bâton et les pierres. ( C . A. 67, p.)

Page 1