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Nombreux seront ceux qui s'agiteront

l’un contre l’autre tenant en mains un fer tranchant : ils ne se feront aucun mal entre eux, si ce n’est la lassitude parce que, autant l’un poussera devant, autant l’autre se retirera en arrière.

Mais malheur à qui se mettrait au milieu, parce qu’il serait taillé en pièces (moissonneurs).^. A.

680. — Beaucoup qui écorchent la mère se renverseront sa peau sur eux ( les travailleurs de terre). ( 1 . 64, r.)

681. — On verra enlever la terre dessousdessus et regarder les hémisphères opposés et

s’ouvrir les cavernes par de très féroces animaux. (C. A. 362, r.)

682. — Alors la plus grande partie des hommes qui resteront vivants jetteront hors de leur maison leur réserve de provision en proie aux oiseaux et animaux terrestres, sans aucun souci d’eux (semailles). (C. A. 362, r.)

683. — Détruisant d’innumérables vies, ils feront sur la terre innumérables trous ( semail les). (R. 1311.)

684. — Leshommesjetteronthors de leurspropres maisons les provisions qui étaient destinées à soutenir leur vie ; semailles (R. 1310.)

685. — O cité marine, je vois, chez vous, vos citadins, femmes comme hommes, être étroitement liés bras et jambes en des forts liens par des gens qui n’entendent pas notre langue : et seul peut vous enlever vos douleurs et la liberté perdue par les plaintes larmoyeuses, les soupirs et les lamentations entre vous-mêmes, car celui qui vous lie ne nous entendra pas, ni vous ne pouvez l’entendre (les enfants emmaillotés) . (C. A. 143, r.)

686. — Beaucoup de futurs franciscains, dominicains et bénédictins mangeront ce qui a déjà autrefois été mangé, ils resteront beaucoup de moisavant de pouvoir parler (enfants qui tètent). (I. 67, r.)

687. — Une grande multitude, abandonnant leur être et leur nom, se tiendront comme morts

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sur la dépouille d’autres morts ( l’homme sur l’oreiller de plume). (R. 1297.)

688. — On verra les pères donner leur fille à la luxure des hommes et rémunérer et abandonner toute la défense passée, — quand les filles se marient (1. 64, r).

689. — Et comme la jeunesse féminine ne peut se défendre de la luxure et de la rapine des mâles ni par surveillance des parents ni par murs de forteresse, tu verras au temps indiqué le père et les parents de la jeune fille payer très cher celui qui veut dormir avec elle, encore qu’elle soit riche, noble et très belle (la dot).

Certes, par là, la nature veut détruire l’espèce humaine comme chose inutile au monde et qui gâte toute la création. (C. A. 362, e.)

690. — Beaucoup pour envoyer leur souffle avec trop de prestesse perdront la vue et bientôt tous sentiments (en soufflant la bougie).

691. — Beaucoup abandonneront leur propre habitation et porteront avec eux leurs richesses et iront habiter en d’autres pays ( déménagement delà Toussaint). (C. A. 362, v.)

692. — Les hommes dormiront, mangeront et habiteront entre les arbres sortis de la forêt et de la campagne ( planches de l’auberge ). (Ç. A. 145, r.)

693. — On verra les hommes d’une telle ingratitude, que dans leurs auberges, sans aucun

prix, on frappe de bastonnade de façon à ce que ce qui est dans l’intérieur se répandra, au dehors. ( C . A. 145, r.)

694. — On verra les hommes en telle lâcheté qu’ils admettront que d’autres triomphent, par leurs maux. C’est-à-dire s’enrichissent de la perte de leur vraie fortune, savoir de leur santé. {médecin). (Ç. A. 36, r.)

695. — On portera de la neige de la cime des plus hauts monts aux lieux les plus éloignés ; et elle fondra dans les fêtes, aux marchés, au temps estival. ( G . 14, r.)

696. — Un misérable sera flatté et ses flatteurs seront toujours ses trompeurs et voleurs et les assassins du misérable susdit. {G. A. 36, r.)

697. — Celui à qui cela est plus nécessaire et qui en a le plus grand besoin sera reconnu à ceci qu’il le méprise {conseil). {C. A. 36, r.)

698. — La chose mauvaise et épouvantable inspirera une telle terreur aux hommes qu’ils sembleront fous croyant la fuir, ils courront avec un rapide mouvement selon la mesure de leur force {pauvreté). {G. A. 36, r.)

699. — Les hommes marcheront et ne remueront pas ; ils parleront avec qui n’est pas là; et entendront quelqu’un qui ne parlera pas {songe), {G. A. 362, r.)

/00. — A d’autres hommes il semblera voir dans le ciel nouvelle ruine: il semblera s’élever au vol et de ce vol fuir avec peur les flammes

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qui de lui tomberont ; ils entendront les animaux de toute sorte parler le langage humain; ils se transporteront en personne dans les diverses parties du monde sans mouvement et verront dans les ténèbres les plus grandes splendeurs.

— Oh ! merveille de l’espèce humaine !

Quelle frénésie t’a donc conduite ? Tu parleras avec les animaux de chaque espèce et eux te répondront en langage humain. Tu te verras tomber d’une grande hauteur sans aucun mal. Les torrents t’accompagneront (rêve). ( C . A. 1452.)

Prophétie.

701. — On verra l’espèce léonine, avec ses pattes onglées, ouvrir la terre; et dans les trous qu’elle aura creusés s’ensevelir avec les autres animaux inférieurs.

Sortiront de la terre des animaux vêtus de ténèbres, qui par de prodigieux assauts assailleront l’humaine génération qui, sous leurs féroces morsures, avec effusion de sang, sera dévorée par eux.

Encore, arrivera par l’air la funeste espèce volatile qui assaillira les hommes et les animaux dont elle se nourrira avec grande clameur ; elle emplira son ventre de sang vermeil.

On verra le sang sortir des chairs déchirées arroser les parties superficielles des hommes.

On verra les hommes d’une malice si cruelle.

qu’avec leurs propres ongles ils s’arracheront les chairs, — ce sera la rogne.

On verra les plantes rester sans feuilles et les fleuves arrêter leur cours. (1. 63, r.)

Un géant fantastique (1).

702. — Sa face noire, au premier aspect, est très horrible et apeurante à regarder, surtout les yeux enfoncés et rouges, placés sous des sourcils rares et sombres, des yeux capables de faire obscurcir le temps et trembler la terre.

Nous croyons qu’il n’est pas si fier homme ! qui en rencontrant ces yeux enflammés, volontiers ne souhaita des ailes pour fuir ; car le Lucifer infernal montre un visage angélique en comparaison de celui-ci. Le nez hérissé avec d’amples narines d’où sortent beaucoup de longs poils sous lesquels se voit la bouche menaçante aux grosses lèvres dont l’extrémité ressemble par les moustaches à celles des chats, sur des dents jaunes.

Et encore plus horrifique (patienter), sa colère tourne en fureur, il commence avec les pieds qu’il agite, avec ses puissantes jambes il entre dans la foule et à coups de pieds il jette les hommes en l’air; et ils retombent sur d’autres hommes, comme s’il se trouvait qu’ils fussent une épaisse grêle. Et beaucoup moururent de

1. Incompréhensible, mais visiblement inspiré du Moryante mayyior par Pulci. Venise, 1488.

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cette mort; cette cruauté dura jusqu’à ce que la poussière soulevée par ces grands pieds s’élevât en l’air et contraignît cette force infernale à retourner en arrière.

Et nous, nous prîmes la fuite.

O quels variés assauts furent livrés à cette diablerie, qu’aucune blessure n’entamait ! O

misérables gens! Ni les inexpugnables forteresses, ni les hautes murailles de la cité, ni votre nom bre, ni les maisons, ni les palais ne vous servent à rien ; il ne vous reste que les petits trous et les caves souterraines, à la manière des écrevisses ou des grillons et d’autres semblables animaux ; où trouvez salut et votre subterfuge.

Oh! combien de malheureux pères et mères furent privés de leur fils ! Combien de malheureuses femmes privées de leurs compagnons ! Certes, certes, mon cher Benedetto, je ne crois pas que depuis que le monde est créé, on ait jamais vu une lamentation, un désespoir public inspiré par une semblable terreur.

Certes, en cette occasion, l'espèce humaine a lieu d’envier toute autre espèce d’animaux, car si l’aigle est vainqueur des autres oiseaux par sa puissance, ceux qui gardent la rapidité du vol, ainsi l’hirondelle par sa prestesse échappe à la rapine du merle ; les dauphins par la vivacité de leur fuite échappent à la chasse de la baleine, des grands narguais ; mais nous, misérables ! ici aucune fuite ne vaut, car cette bête, avec son pas lent, l’emporte de beaucoup sur la vitesse d’aucun coursier. Je ne sais que dire ni que me faire ; et il me paraît toutefois fatal de tomber à tète baissée dans la grande gueule et de rester, avec confuse mort, enseveli dans le grand ventre. ( G . A. 96, e.)

Lettre à Caro Benedetto de Pertarli.

703. — Il est tombé, le fier géant, sur la terre fangeuse et ensanglantée ; moindre est la chute d’une montagne, ébranlant la campagne, secouant de tremblement la terre et épouvantant le Pluton infernal.

Et, par le grand coup, reste sur la terre plane tout étourdi; soudain le peuple, le croyant mort de quelque foudre, accourt, — la grande foule revient.

A la façon des fourmis qui accourent furieusement, courant sur tout le corps du géant étendu, ainsi ceux-ci parcourent ses membres énormes, les lacérant de blessures pressées.

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Alors le géant revenu à lui, se sentant comme couvert par la multitude, sent tout à coup lui cuire les piqûres — et pousse un mugissement qui parut un épouvantable tonnerre. Il pose ses mains à terre et lève un visage craintif, et posant une des mains sur sa tête la trouve pleine d’hommes suspendus à ses cheveux, à la façon de ces petits insectes qui naissent dans les

chevelures. Alors, secouant la tête, il lance les hommes en l’air comme fait la grêle quand elle va contre la fureur des vents, et beaucoup d’hommes se trouvent périr ainsi, qui se trouvaient sur lui, le foulant au pied. Et tenant à ses cheveux et s’ingéniant à nicher là, faisaient à la façon des marins, quand il y a une tempête, qui courent sur les cordages pour les abaisser à peu de vent. (G. A. 304, r.)

Nouvelles choses du Levant ! Sachez comme au mois de juin est apparu un géant qui vient du désert de Lybie... à la façon des fourmis en fureur... par l’arbre abattu sous la hache du rude paysan.

Ce géant est né au mont Atalante, c’est un héros; il a combattu contre les Egyptiens et les

Arabes, les Mèdes et les Perses ; il vivait dans la mer des baleines, de grands requins et des navires.

Mars craignant pour sa vie s’était caché sous le trône de Jupiter...

Et de la grande chute, toute la province tremble (G. A. 96, p).

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