PSYCHOLOGIE
L’homme comme animal (25-27). — Analogies du microcosme et du macrocosme (28). — L’œil, principal sens (31). — L’homme instinctif (34 à 38). — Le sens commun (39). — De l’âme (40). — La quintessence élémentaire (41). — Relations actives de l’âme et de l’organisme (42). — Son incorruptibilité (43). — Exécration de la méchanceté humaine (48).
25. — Fais un traité particulier pour la description des animaux à quatre pieds et parmi eux place l’homme qui dans l’enfance marche à quatre pattes. ( E . 16, r.)
26. — Dans la description de l’homme doivent être compris les animaux de même espèce, tels que le babouin, le singe et les nombreux similaires. ( R . 816.)
27. — De l’allure de l’homme. Elle a le caractère général du quadrupède qui remue ses pieds en croix. Comme le cheval qui trotte, l’homme agite ses quatre membres en croix : s’il avance d’abord le pied droit en marchant, il avance en même
temps le bras gauche oueme versa. (Ç. A. 292, r.)
28. — L’homme est appelé par les anciens un monde mineur, appellation juste, car il est composé de terre, d’eau, d’air et de feu, comme le corps terrestre, et il lui ressemble. Si l’homme a ses os pour servir d’armature et soutenir la chair, le monde a ses rochers qui soutiennent sa terre ; si l’homme a en lui un lac de sang où croit et décroît le poumon pour sa respiration, le corps de la terre a sa mer océane qui croit et décroît toutes les six heures pour sa respiration ; si de ce lac de sang dérivent les veines qui vont se ramifiant par tout l’organisme, ainsi la mer océane emplit le corps terrestre d’innombrables veines d’eau : mais il manque à notre globe les nerfs qui ne lui ont pas été donnés ; car ils sont destinés au mouvement. Or, le monde en sa perpétuelle stabilité ne se meut pas, et là où il n’y a pas de mouvement les nerfs sont inutiles. Mais pour tout le reste, l’homme et le monde sont semblables. ( C . A. 80, r.)
29. — Si la nature avait fixé une seule règle pour la qualité des membres, le visage de tous les hommes serait semblable, et on ne pourrait les distinguer l’un de l’autre : mais elle a tellement varié les cinq parties du visage que bien qu’elle ait établi une règle générale pour la proportion, elle n’en a suivi aucune pour la qualité, de telle façon qu’on peut aisément reconnaître chacun. (C. A. 70, r.)
30. — J’ai trouvé dans la constitution du corps humain, comme dans celle des autres animaux, les plus obtus et grossiers sentiments: composé d’instruments sans ingéniosité et en partie inaptes à recevoir la vertu des sens.
J’ai vu dans l’espèce léonine le sens de l’odorat avoir part à la substance cérébrale, descendre des narines, excellent réceptacle pour ce sens de l’odorat, qui rentre dans le nombre des sacs cartilagineux, de meilleure opération que le cerveau de l’homme.
Les yeux de l’espèce léonine occupant une grande partie de la tête, les nerfs optiques communiquent immédiatement avec le cerveau.
Chez les hommes, on voit le contraire : les trous des yeux tiennent peu de place dans la tête, et les nerfs optiques légers, longs, faibles, sont d’opération molle ; l’homme voit peu le jour et moins la nuit, et les animaux susdits voient mieux la nuit que le jour ; et cela ne les gêne point, parce qu’ils sortent la nuit et dorment le jour, comme font aussi les oiseaux nocturnes. {R. 827.)
31. — L’œil, dans une distance et des conditions moyennes, se trompe moins dans son office que tout autre sens, parce qu’il ne voit que les lignes droites qui composent la pyramide formée par la base de l’objet et qui les conduit à l’œil.
L’oreille se trompe sur le lieu et la distance
DE LÉONARD DE VINCI
des objets parce que l’onde sonore lui arrive non par lignes droites comme l’onde lumineuse, mais par lignes tortueuses et réflexes. Souvent
ce qui est éloigné paraît plus proche que ce qui l’est vraiment, à cause du parcours du son, bien que la voix de l’écho se réfère au son par lignes droites.
L’odorat désigne moins le site où se répand une odeur ; mais le goût et le tact, qui ont con-
tact avec l’objet, ont seuls la vraie notion, qui vient du toucher. (LU. 2.)
32. — Il y a quatre puissances : mémoire et intellect ; irascible et concupiscible.
Les deux premières relèvent de la raison; les deux autres des sens.
D’où cinq sens : vue, ouïe, odorat (de peu de preuve), tact et goût (très probants). (T. 7, v.)
33. — L’odorat mène avec lui le goût chez le chien et les autres animaux avides. (T. 7, e.)
34. — L’homme a grand raisonnement mais en majeure partie vain et faux. Les animaux en ont un moindre, mais utile et véridique et mieux vaut une petite certitude qu’une grande duperie. ( ASH . I. 7, r .)
35. — La nature forma d’abord la grandeur de la case de l’intellect, qui est celle des esprits vitaux. (ASH. I. 7, r.)
36. — Il ne me paraît pas que les hommes grossiers, de mœurs basses et de peu d’esprit, méritent un si bel organisme ni une telle variété de rouages que les hommes spéculatifs et de grand esprit. Les premiers ne sont qu’un sac où entre la nourriture et d’où elle sort. On doit les assimilera un canal pour l’alimentation, car rien ne me prouve qu’ils participent à l’espèce humaine, sinon la voix et la figure ; pour tout le reste, ils sont assez semblables aux bêtes. (R. 1178.)