ÉDITIONS DES DESSINS
La maison Braun et Clément réunit, en dehors des peintures de Léonard, environ cinq cents dessins, admirablement reproduits et dont les prix varient suivant le format de 2 à 9 francs. Ces épreuves tirées en couleur sur papier teinté atteignent souvent l’imitation parfaite, si on les encadre au ras de la photographie.
Au Louvre :
62, 162. Carton pour le portrait d’Isabelle de Gonzague, entièrement piqué aux contours pour le transport sur toile.
62, 163. La Femme au regard horizontal, type idéal de mauvaiseté, splendide figure d’implacabilité, peu connue encore.
62, 165. Tête de Bacchus, de face.
62, 170. Étude de tête pour le Saint-Jean-Baptiste de la Vierge au rocher.
62, 172. Jeune homme de profil, à la calotte, androgyne.
62, 176. Jeune homme de profil à droite, couronnés de chêne (idéal d’un timbre-poste).
62, 174, Tête jeune très chevelue, sanguine.
DE LÉONARD DE VINCI
62, 176. Type hellénique, de profil.
62, 181. Draperie de la Sainte-Anne.
62, 185. Six figures de l’Adoration des rois.
70, 089. La Visitation (Albertina, à Vienne).
70, 090. Christ à la couronne d’épines (à Vienne). 76, 093. Marie-Madeleine en gloire avec six anges (Albertina, à Vienne).
70, 101. Draperie de femme assise.
73, 058. Figure alchimique du Grand Œuvre (British Muséum).
73, 293. Jeune homme au casque bizarre (British Muséum).
73, 048. Curieuse étude d’après le David de Michel- Ange.
73, 053. Composition alchimique représentant le dernier acte du Grand Œuvre (copie de l’original du Louvre).
74, 051. Léda.
A V Amhrosienne :
75, 026. Étude pour le saint Jérôme du Vatican. 75, 031. Etude pour la Vierge aux Rochers.
75, 032. Tête de femme aux cheveux nattés.
75, 036. Jeune femme.
75, 042. Femme nue agenouillée tenant un vase et combat d’un satyre et d’un bouc.
75, 043. Etude pour un Saint-Georges.
75, 019. Guerrier en armure complète.
75, 052. Jeune fille au collier.
75, 060. Buste de jeune fille nue.
75, 065. La Vierge de la Sainte-Anne.
75, 086. Deux têtes d’anges.
75, 104. Buste de jeune homme.
Aux Offices :
76, 430. Études de draperie (admirables).
76, 431. Études de draperie.
76, 437. Études de draperie.
76, 432. Tête de femme.
76, 434. Buste de femme.
76,441. Tête de femme.
76, 442. Tête de femme.
77, 168. Vierge et enfant.
78,037 à 78, 013. Études pour la « Sainte-Anne » du Louvre.
A la bibliothèque de Windsor :
79, 181. Quatre esquisses du monument de Sforza. 79, 187. Neptune et chevaux marins.
79, 190. Jeune femme debout.
79, 192. Jeune homme à la lance.
79, 217. Tête juvénile et architecture.
79, 222. Étude pour la Sainte-Anne.
79, 224. Quatre études de cheveux pour Leda.
79, 225 à 79, 234. Têtes de jeunes femmes.
79, 243. Les mains de la Monna Lisa.
79, 244. Les pieds de la Sainte-Anne.
79, 648. Leda avec le cygne.
79, 649. Jeune homme.
79, 780 à 79, 787. Têtes des apôtres de la Cène.
La collection Alinari contient 34 pièces de Florence et de Milan, et va se compléter par les facsimilés du Louvre et de Londres,
DE LÉONARD DE VINCI
Il faut citer d’abord le portrait de vieillard au sourcil froncé de la main de Léonard, mais qui a été donné, tout à fait à tort, pour son portrait par luimême (1058), sanguine de la Bibliothèque royale de Turin.
La femme au turban, avec corsage plissé et longue chaîne, les mains croisées d’un accent de réalité singulier et qui est un portrait sans idéalisation (91).
Le beau bras ployé (1115).
La page des douze apôtres à la sanguine (1086) qui montre les points de départ réalistes du Ce/iacolo.
Le beau profil d’homme à la barette (107).
Le combat hors des remparts, longue pièce curieuse pour le nombre des figures et des costumes (1110).
Les trois croquis prodigieux (1083) pour l’épisode des étendards de la bataille, les plus beaux griffonnages qui soient, une mêlée dans l’espace d’une pièce de cinq francs (Venise).
La Vierge aux paupières fermées (6), pur chefd’œuvre ; la femme aux cheveux lisses (69) d'après nature, également d’après le modèle la femme au long nez (11 14); le combat du dragon et du lion (34).
Le paysage daté de 1173 ; l’escalier aux chevaux (181).
La sanguine des putti de Venise (1064), la draperie d’une figure debout (150) et celle d’une figure assise (151), le feuillet de l’homme inscrit à la fois dans le cercle et le carré (1035).
L’adolescent frisé de profil faisant face à un buste de vieillard (167).
L’ange aux yeux baissés (270), la tête de Bacchus de face sur papier vert ; le Christ de Venise, la tête de la Sainte-Anne, la jeune femme de profil au voile (3), la jeune fille au nez fort (1063) et surtout le profil à la sanguine d’Isabelle d’Este (24) valent, pour un homme cultivé, les tableaux de l’insigne maître.
Carlo Fumagalli (photographie Montabone) à Milan Piazza Turini, 7.
Il faut mentionner Disegni di Leonardo e délia sua scuola alla Bihliotheca Amhrosiana , texte de Luca Beltrami, vingt-six planches de Carlo Fumagalli. Ces héliotypies dans le format et de la couleur de l’original sont vraiment belles.
Je signalerai la tête de style antique courbée en avant, crayon noir, d’un caractère aussi pur qu’un Phidias; la sanguine de la Vierge de la Sainte-Anne, le magnifique papier bleu de la femme au collier, idéale princesse de drame shakespearien ; le gros garçon de profil aux contours piqués, le vieillard chauve au bon sourire, la tête qui a servi à élaborer la Jocondenuede l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le vieux guerrier de profil ; une belle académie d’homme, papier gris rehaussé de blanc ; deux études de bouches féminines adorables; le fameux Christ aux paupières baissées de Brera.
J’invite les attentifs à étudier le fragment du carton de l’École d’Athènes qui donne Aristote et Platon,
DE LÉONARD DP VINCI
pour apporter leur voix dans cette question si curieuse : Peut-on reconnaître Leonard dans le Platon de Raphaël? M. Beltrami l’assure d’après la ressemblance avec la sanguine de Windsor. Pour moi, c’est Aristote qui ressemble à la fameuse sanguine que fit un élève (comme le dit justement l’éminent Carotti), d’après nature.
Collection Brogi, à Florence.
Elle comprend 52 numéros de YAmbrosienne et des Offices , tous tirés en noir. On y retrouve les pièces caractéristiques déjà énumérées : tel que le profil de l’homme à la toque (1865), Isabelle de Mantoue (1867), la femme au double collier (1162), la femme aux cheveux plats (1873), la vierge penchée (1868), le combat du lion et du dragon (1620), l’ange aux yeux baissés (1878) et un choix de caricatures. Parmi celle-là je signalerai la paysanne au nez en pied de marmite, l’Andrey de Comme il vous plaira (1165). Je retrouve le trait des Songes drolatiques dans le numéro 1168 qui n’est pas de Léonard, non plus que le 1169 si curieux de variations sur le type juif.
On trouve chez Brogi quelques pages arrachées des cahiers et si étranges par le mélange et la superposition des têtes d’expression et des machines (1622) ou parle heurt d’une aile de chauve-souris avec un treuil et une figure en pied se dressant parmi des croquis
de machines et d’outils. A mentionner les études de draperies incomparables de noblesse (1618) qui ont servi pour la Sainte-Anne, une autre debout (1870), que le maître n’a pas employée et le 1869 qui a servi pour Y Adoration des Mages . Certaines photographies portent attribuito avec beaucoup de sagesse, ni le profil 1163, ni le vieillard 1171, ni le type paysannesque (1180), ni la main à la baguette (1172) ne sont de lui.
Mais ce sont des ouvrages de son école et fort instructifs pour mesurer ce que l’imitation intelligente peut s’assimiler d’un incomparable modèle.