CHAPITRE VI
Le petit roman é'Alala est un chef-d'œuvre un peu étrange, où il y a des conlrariéfés de pensée et d'art, des incertitudes et une ambiguïté charmante. On indique déjà son caractère, si on le compare à une aube, qui n'est ni la nuit ni le jour et qui mêle la nuit et le jour. Atala est à la lisière d'une époque et d'une autre; elle commence un âge et l'on y voit naître des lueurs, mourir des ombres.
C'est en 1801 que ce roman parut. Le 31 mars. Chateaubriand l'avait annoncé au public par une lettre qu'imprimèrent le Journal des Débats et le Pablicisfe. II disait que cette « petite histoire » serait imprimée dans le Génie du. Christianisme. Seulement, des épreuves s'étant égarées, il craignait un incident qui lui causerait "- un tort infini »; pour éviter cet inconvénient, il imprimerait d'abord Atala toute seule.
Atala est une histoire d'amour; et l'on admire que Chateaubriand l'ait insérée dans son apologie de la religion chrétienne. Mais n'y avait-il pas fait entrer maints passages de l'impie Essai sur les révolutions? Il était fort habile à ces ravaudages et, au surplus, je crois qu'il aimait ces disparates.
La troisième partie du Génie du Christianisme a pour titre ï Beaux-arts et littérature ». Le premier livre traite des beaux-arts; le deuxième, de la philosophie; le troisième, de l'histoire; le quatrième, de l'éloquence; le cinquième, des * harmonies de la religion chrétienne avec les scènes de la nature et les passions du cœur humain » et, pour a
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Atala, qui formera le sixième livre, il se termine par un