DESCRIPTION DE QUELQUES SITES DANS L'INTÉRIEUR DES FLORIDES
Nous étions poussés par un vent frais. La rivière allait se perdre dans un lac qui s'ouvrait devant nous, et qui formait un bassin d'environ neuf lieues de circonférence. Trois fies s'élevaient du milieu de ce lac ; nous fîmes voile vers la plus grande, où nous arrivâmes à huit heures du matin.
Nous débarquâmes à l'orée d'une plaine de forme circulaire ; nous mîmes notre canot à l'abri sous un groupe de marronniers qui croissaient presque dans l'eau. Nous bâtîmes notre hutte
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sur une petite éminence, La brise de l'est soufflait et rafraîchissait le lac et les forêts. Nous déjeunâmes avec nos galettes de maiS; et nous nous dispersâmes dans Itle, les uns pour chasser, les autres pour pêcher ou pour cueillir des plantes.
Nous remarquâmes une espèce d'hibiscus. Cette herbe énorme, qui croît dans les lieux bas et humides, monte à plus de dix ou .louze pieds, et se termine en un cône extrêmement aigu : les feuilles lisses, légèrement sillonnées, sont ravivées par de belles fleurs cramoisies, que l'on aperçoit à une grande distance.
L'agave vivipare s'élevait encore plus haut dans les criques salées, et présentait une forêt d'herbes de trente pieds perpendiculaires. La graine mûre de cette herbe germe quelquefois sur la plante même, de sorte que le jeune plant tombe à terre tout formé. Comme l'agave vivipare croît souvent au bord des eaux courantes, ses graines nues emportées du flot étaient exposées à périr : la nature les a développées pour ces cas particuliers sur la vieille plante, afln qu'elles pussent se fixer par leurs petites racines en s 'échappant du sein maternel.
Le souchet d'Amérique était commun dans l'île. Le tuyau de ce souchet ressemble à celui d'un jonc noueux, et sa feuille, à celle du poireau. Les sauvages l'appellent apoya matsi. Les filles indiennes de mauvaise vie broient cette plante entre deux pierres, et s'en frottent le sein et les bras.
Nous traversâmes ijne prairie semée de jacobée à fleurs jaunes, d'alcée à panaches roses, et d'obélia, dont l'aigrette est pourpre. Des vents légers, se jouant sur la cime de ces plantes, brisaient leurs flots d'or, de rose et de pourpre, ou creusaient dans la verdure de longs sillons.
La sénéka, abondante dans les terrains marécageux, ressemblait, par la forme et par la couleur, à des scions d'osier rouge ; quelques branches rampaient à terre, d'autres s'élevaient dans l'air : la sénéka a un petit goût amer et aromatique. Auprès d'elle croissait le convolvulus des Carolines, dont la feuifle imite la pointe d'une flèche. Ces deu.x plantes se trouvent partout où il y a des serpents à sonnettes : la première guérit de leur morsure ; la seconde est si puissante, que les sauvages, après s'en être frotté les mains, manient impunément ces redoutables reptiles. Les Indiens racontent que le Grand-Esprit a eu pitié des guerriers de la chair rouge aux jamhei nues, et qu'il a semé lui-même ces herbes salutaires, malgré la réclamation des âmes des serpents.
Nous reconnûmes la serpentaire sur les racines des grands
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arbres ; l'arbre pour le mal de dents, dont le tronc et les branches épineuses sont chargés de protubérances grosses comme des. œufs de pigeon ; l'arctosta ou canneberge, dont la cerise rouge croît parmi les mousses, et guérit du flux hépatique. La bourgéne, qui a la propriété de chasser les couleuvres, poussait vigoureusement dans les eaux stagnantes couvertes de rouille.
Un spectacle inattendu frappa nos regards ; nous découvrîmes une ruine indienne : elle était située sur un monticule au bord du lac; on remarquait sur la gauche un cône de terre de quarante à quarante-cinq pieds de haut; de ce cône partait un ancien chemin tracé à travers un m^nifique bocage de magnolias et de chênes verts, et qui venait aboutir à une savane. Des fragments de vases et d'ustensiles divers étaient dispersés çà et là, agglomérés avec des fossiles, des coquillages, des pétrifications de plantes et des ossements d'animaux.
Le contraste de ces ruines et de la jeunesse de la nature, ces monuments des hommes dans un désert où nous croyions avoir pénétré les premiers, causaient un grand saisissement de cœur et d'esprit. Quel peuple avait habité cette île? Son nom, sa race, le temps de son existence, tout est inconnu; il vivait peut-être lorsque le monde qui le cachait dans son sein était encore ignoré des trois autres parties de la terre. Le silence de ce peuple est peut-être contemporain du bruit que faisaient de grandes nations européennes tombées à leur tour dans le silence, et qui n'ont laissé elles-mêmes que des débris.
Nous examinâmes les ruines : des anfractuosités sablonneuses du tumulus sortait une espèce de pavot h fleur rose, pesant au bout d'une tige inclinée d'un vert pâle. Les Indiens tirent de la racine de ce pavot une boisson soporifique ; la tige et la fleur ont une odeur agréable qui reste attachée à la main lorsqu'on y touche. Cette plante était faite pour orner le tombeau . d'un sauvage r ses racines procurent le sommeil, et le parfum de sa fleur, qui survit à cette fleur même, est une assez douce image du souvenir qu'une vie innocente laisse dans la solitude.
Continuant notre route et observant les mousses, les graminées pendantes, les arbustes échevelés, et tout ce train de plantes au port mélancolique qui se plaisent à décorer les ruines, nous observâmes une espèce d'cenothèra pyramidale, haute de sept à huit pieds, à feuilles oblongues, dentelées, et d'un vert noir; sa fleur est jaune. Le soir, cette fleur commence ft s'entr'ouvrir ; elle s'épanouit pendant la nuit ; l'aurore la trouve dans tout son éclat ; vers la moitié du matin'elle se fane ; elle
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tombe à midi ; elle ne vit que quelques heures,mais elle passe ses heures sous un ciel serein. Qu'importe alors la brièveté de sa vie?
A quelques pas de là s'étendait une lisière de mimosa ou de sensitive ; dans les chansons des sauvages, l'âme d'une jeune fille est souvent comparée à cette plante.
En retournant à notre camp, nous traversâmes un ruisseau tout bordé de dionées; une multitude d'éphémères bourdonnaient alentour. Il y avait aussi sur ce parterre trois espèces de papillons : l'un blanc comme l'albâtre, l'autre noir comme le jais avec des ailes traversées de bandes jaunes, le troisième portant une queue fourchue, quatre ailes d'or barrées de bleu et semées d'yeux de pourpre. Attirés par les dionées, ces insectes se posaient sur elles i mais ils n'en avaient pas plus tôt touché les feuilles qu'elles se refermaient et enveloppaient leur proie.
De retour à notre ajoupa, nous allâmes à la pèche pour nous consoler du peu de succès de la chasse. Embarqués dans le canot, avec les filets et les lignes, nous côtoyâmes la partie orientale de l'île, au bord des algues et le long des caps ombragés : la truite était si vorace que nous la prenions à des hameçons sans amorce ; le poisson appelé le poisson d'or était en abondance. Il est imposible de voir rien de plus beau que ce petit roi des ondes : 1! a environ cinq pouces de long ; sa tête est couleur d'outremer ; ses côtés et son ventre étincellent comme le feu ; une barre brune longitudinale traverse ses flancs ; l'iris de ses larges yeux brille comme de l'or bruni. Ce poisson est Carnivore.
A quelque distance du rivage, à l'ombre d'un cyprès chauve, nous remarquâmes de petites pyramides limoneuses qui s'élevaient sous l'eau et montaient jusqu'à sa surface. Une légion de poissons d'or faisait en silence les approches de ces citadelles. Tout à coup l'eau bouillonnait ; les poissons d'or fuyaient. Des écrevisses armées de ciseaux, sortant de la place insultée, culbutaient leurs brillants ennemis. Mais bientôt les bandes èparses revenaient à la charge, faisaient plier à leur tour les assiégés, et la brave, mais lente garnison, rentrait à reculons pour se réparer dans la forteresse.
Le crocodile, flottant comme le tronc d'un arbre, la truite, le brochet, la perche, le cannelet, la basse, la brème, le poisson tambour, le poisson d'or, tous ennemis mortels les uns des autres, nageaient pêle-mêle dans le lac, et semblaient avoir ait une trêve afin de jouir en commun de la beauté de la soirée :
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le fluide azuré se peignait de leurs couleurs changeantes. L'onde était si pure, que l'on eût cru pouvoir toucher du doigt les acteurs de cette scène, qui se jouait à vingt pieds de profondeur dans leur grotte de cristal.
Pour regagner l'anse où nous avions notre établissement, nous n'eûmes qu'à nous laisser dériver au gré de l'eau et des brises. Le soleil approchait de son couchant : sur le premier plan de l'île paraissaient des chËnes-verts, dont les branches horizontales formaient le parasol, et des azaléas qui brillaient comme des réseaux de corail.
Derrière ce premier plan s'élevaient les plus charmants de tous les arbres, les papayas : leur tronc droit, grisâtre et guilloché, de la hauteur de vingt à vingt-cinq pieds, soutient une touffe de longues feuilles à côtes, qui se dessinent comme l'S gracieuse d'un vase antique. Les fruits, en forme de poire, sont rangés autour de la tige, on les prendrait pour des cristaux de verre ; i'arbre entier ressemble à une colonne d'argent ciselé, surmontée d'une urne corinthienne.
Enfin, au troisième plan, montaient graduellement dans l'air les m^nolias et les liquidambars.
Le soleil tomba derrière le rideau d'arbres de la plaine ; à mesure qu'il descendait, les mouvements de l'ombre et de la lumière répandaient quelque chose de magique sur le tableau : là, un rayon se glissait à travers le dôme d'une futaie, et brillait comme une escarboucle enchâssée dans le feuillage sombre ; ici, ta lumière divergeait entre les troncs et les branches, et. projetait sur les gazons des colonnes croissantes et des treillages mobiles. Dans les deux, c'étaient des nuages de toutes les couleurs, les uns fixes, imitant de gros promontoires ou de vieilles tours près d'un torrent ; les autres flottant en fumée de rose ou enflocons de soie blanche. Un moment suffisait pour changer la scène aérienne : on voyait alors des gueules de four enflammées, de grands tas de braise, des rivières de laves, des paysages ardents. Les mêmes teintes se répétaient sans se confondre ; le feu se détachait du feu, le jaune pâle du jaune pâle, le violet du violet : tout était éclatant, tout était enveloppé, pénétré, saturé de lumière.
JVIais la nature se joue du pinceau des hommes : lorsqu'on croit qu'elle a atteint sa plus grande beauté, elle sourit et s'embellit encore.
A notre droite étaient les ruines indiennes ; à notre gauche, notre camp de chasseurs : l'île déroulait devant nous ses pay-
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sages gravés ou modelés dans les ondes. A l'orient, la lune, touchant l'horizon, semblait reposer immobile sur les côtes lointaines ; à l'occident, la voûte du ciel paraissait fondue en une mer de diamants et de saphirs, dans ' laquelle le soleil, à demi plongé, avait l'air de se dissoudre.
Les animaux de la création étaient, comme nous, attentifs à ce grand spectacle : le crocodile, tourné vers l'astre du jour, tançait par sa gueule béante l'eau du lac en ger^)es colorées ; perché sur un rameau desséché, le pélican louait à sa manière le Maître de la nature, tandis que la cigogne s'envolait pour le bénir au-dessus des nuages 1
Nous te chanterons aussi, Dieu de l'univers, toi qui prodigues tant de merveilles 1 la voix d'un homme s'élèvera avec la voix du désert : tu distingueras les accents du faible fils de la femme, au' milieu du bruit des sphères que ta main fait rouler, du mugissement de l'abime dont tu as scellé les pqr^es.
A notre retour dans l'île, j'ai fait un repas. excellent; des trjites fraîches, assaisonnées avec des cimes de canneberges, étaient un mets digne de la table d'un, roi : aussi étais-je bien plus qu'un roi. Si le sort m'avait placé sur le trône et qu'une révolution m'en eût précipité, au lieu de traîner ma misère . dans l'Europe comme Charles et Jacques, j'aurais dit aux amateurs : " Ma place vous fait envie ; eh bien I essayez du métier ; vous verrez qu'il n'est pas si bon. Égorgez- vous pour mon vieux manteau ; je vais jouir dans les forêts de l'Amérique de la liberté que vous m'avez rendue. •
Nous avions un voisin à notre souper : un trou semblable à la tanière d'un blaireau était la demeure d'une tortue : la solitaire sortit de sa grotte et se mit à marcher gravement au bord de l'eau. Ces tortues différent peu des tortues de mer ; ells ont le cou plus long. On ne tua point la paisible reine de l'île.
Après le souper, je me suis assis à l'écart sur la rive : on n'entendait que le bruit du flux et du reflux du lac, prolongé le long des grèves ; des mouches luisantes brillaient dans l'ombre et s'éclipsaient lorsqu'elles passaient sous les rayons de la lune. Je suis tombé dans cette espèce de rêverie connue de tous les voyageurs : nul souvenir distinct de moi ne me restait : je me sentais vivre comme partie du grand tout, et végéter avec les arbres et les fleurs. C'est peut-être la disposition la plus douce pour l'homme, car, alors même qu'il est heureux, il y a dans ses plaisirs un fond d'amertume, un je ne sais quoi qu'on pour-
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rait appeler la tristesse du bonheur. La rêverie du voyageur est une sorte de plénitude de cœur et de vide de tête, qui vous laisse jouir en repos de votre existence : c'est par la pensée que nous troublons la félicité que Dieu nous donne : l'âme est paisible ; l'esprit est inquiet.
Les sauvages de la Floride racontent qu'il y a au milieu d'un lac une île où vivent les plus belles femmes du monde. Les Muscc^ulfses ont voulu plusieurs fois tenter, iajionquête de l'île magique;^' mais les retrahes^ élyséennes fiA'aiit, devant leurs canots finissaient par dispataîtff ; naturélre lïçage du temps que nous perdons à la poursùlt|, ^ nos chi Jriè'res. 'Dans ce pays était aussi une fontaine de Jouveripe : qui voudrait' rajeunir?
Le lendemain, avant le lever. ^ du soleil, nous avoiis quitté nie, traversé le lac, et rentré dans la rivière par laquelle nous y étions descendus. Cette rivière était remplie de caïmans. Ces animaux ne sont dangereux que dans l'eau^ surtout au moment d'un débarquement, A terre, un enfant peut aisément les devancer en marchant d'un pas ordinaire. Pour éviter leurs embûches, on met le feu aux herbes et aux roseaux : c'est alors un spectacle curieux que de voir de grands espaces d'eau surmontés d'une chevelure de flamme.
Lorsque le crocodile de ces régions a pris toute sa croissance, ilmesure environ vingtàvingt-quatrepiedsdela tête à la queue. Son corp est g mme celui d'un cheval : ce reptile aurait
exactem t 1 f rm d lézard commun, si sa queue n'était comprimé d d tés comme celle d'un poisson. Il est
couvert dé 11 à i ép euve de la balle, excepté auprès de la tête et t 1 p tt Sa tête a environ trois pieds de long ; les nase so 1 1 g la mâchoire supérieure de l'animal est la seule qui soit mobile , elle s'ouvre à angle droit sur la mâchoire intérieure : au-dessous de la première sont placées deux grosses dents comme les défenses d'un sanglier, ce qui donne au monstre un air terrible.
La femelle du caiman pond à terre des œufs blanchâtres qu'elle recouvre d'herbes et de vase. Ces œufs, quelquefois au nombre de cent, forment avec le limon dont ils sont recouverts, de petites meules de quatre pieds de haut et de cinq pieds de diamètre à leur base : le soleil et la fermentation de l'argile font éclore ces œufs. Une femelle ne distingue point ses propres œufs des œufs d'une autre femelle ; elle prend sous sa garde toutes les couvées du soleil. N'est-il pas singulier de trouver chez des crocodiles les enfants communs de la république de Platon?
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6o . ■ CHATEAUBRIAND. — CHAP. 1! ■
La chaleur était accablante ; nous naviguions au milieu des marais ; nos canots prenaient l'eau : le soleil avait fait fondre la poix du bordage. Il nous venait souvent des bouffées brûlantes du nord ; nos coureurs de bois prédisaient un orage, parce que le rat des savanes montait et descendait incessamment le long des branches du chêne- vert ; les maringouîns nous tourmentaient affreusement. On apercevait des feux errants sur les lieux bas.
Nous avons passé la nuit fort mal à l'aise, sans ajoupa, sur une presqu'île formée par des marais ; la lune et tous les objets étaient noyés dans un brouillard rouge. Ce matin la brise a manqué, et nous nous sommes rembarques pour tâcher de gagner un village indien à quelques milles de distance ; mais il nous a été impossible de remonter longtemps la rivière ; et nous avons été obligés de débarquer sur la pointe d'un cap couvert d'arbres, d'où nous commandons une vue immense. Des nuages sortent tour à tour de dessous l'horizon du nord-ouest, et montent lentement dans le ciel. Nous nous faisons, du mieux que nous pouvons, un abri avec des branches.
Le soleil se couvre, les premiers roulements du tonnerre se font entendre ; les crocodiles y répondent par un sourd rugissement, comme un tonnerre répond à un autre tonnerre. Une immense colonne de nuages s'étend du nord-est au sud-est; le reste du ciel est d'un cuivre sale, demi-transparent et teint de la foudre. Le désert éclairé d'un jour faux, l'orage suspendu ■ sur nos têtes et prés d'éclater, offrent un tableau plein de grandeur.
Voilà l'orage I qu'on se figure un déluge de feu sans vent et sans eau ; l'odeur du soufre remplit l'air ; la nature est éclairée comme à la lueur d'un embrasement.
A présent les cataractes de l'abîme s'ouvrent ; les grains de pluie ne sont point séparés : un voile d'eau unit les nuages à la terre- Le courlis, dont nous entendons la voix dans le ciel au milieu de la pluie et du tonnerre, nous annonce la fin de l'ouragan. Le vent déchire les nu^es qui volent brisés à travers le ciel ; le tonnerre et les éclairs attachés à leurs flancs les suivent ; l'aîr devient froid et sonore : il ne reste plus de ce déluge que des gouttes d'eau qui tombent en perles du feuillage des arbres.
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