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CHAPITRE VII

/. L'amour de la natitre et de la rêverie. — //. Le lyrisme de Rousseau. — ///. Les Rêveries. — IV. Inspiration musicale des Rêveries.

Nous connaissons le « goût dominant » de Rousseau pour la retraite et la campagne, à condition que la promenade s'y mêle et que la rêverie s'en suive. Il avoue n'avoir jamais tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été //// que dans les voyages qu'il a faits seul et à pied. « La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées; je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit. » Bien qu'il reconnaisse qu'une solitude absolue est un état triste et insupportable, que notre vrai moi n'est pas tout entier en nous, que notre plus douce existence est « relative et collective >,il voit dans la solitude « le paradis de l'homme xle bien > qui n'a pas de spectacle plus agréable que celui de sa propre conscience. Ce goût dominant lui a valu non pas « le désespoir et la mort », comme on pourrait craindre, mais « IcjTpos d'esprit, la douceur d'âme, la santé, la vie -. (Second Dialogue.)

C'est donc à la fois la contemplation rêveuse de la nature, 'élevant son âme aux joies de l'extase, et les retours

25^) J -J. ROUSSKAU. — CHAP. VII

pensifs sur liii-mciiK' cm'il demande à la solitiulc. Q-lle-ci . s'anime et se peuple : son ((L-ur n'y est point seul, hlle favo- ^""^rise cette pente à l.i ivvciie^d'oii dérivent -■ tous Ics^Jouls, t(^us les penchants, tontes les habitudes de Jean-Jaccpies, ses vices même et les vertus qu'il peut avoir .(Second Dialogue.) Nous sommes donc bien loin d'un froid idéalisme, ou d'un vague symbolisme ^^^ — A ses yeux, la nature se personnifie; elle devient l.i ton- / f i d e n te d e son rêve, la source de sa foi, de sa communion . "âv'ec l'infini, de sa résij^nation finale à la volonté divine. F.lle est mêlée très intimement à tous ses actes essentiels. C'est de la nature contemplée dans son ensemble et son harmonie, que l'âme s'élèverajnsqu'auxsommctsde l'adoration et de l'extase. Elle alimente le mvsticisme et le lyrisme de Rr)usseau; elle est le point d'appui nécessaire pour sa méditation. Si l'on passe de cet ensemble imposant aux détails qui la compose RtJçLJiature,âYeM.es infinies et calmes ressources du monde vé.i^étal, nous ménage < cette récréation des yeux qui dans l'infortune rc^pose, amuse, distrait l'esprit et sus-

^^ , pend le sentiment des peines ■. Eîle nous fournit ainsi sans

cesse de nouvelles raisons de l'aimen La botanique, pratiquée comme l'obserx'ation minutieuse et désintéressée du règne végétal, est, au même titre que la musique, un cal- I mant pour l'esprit et l'antidote de notre détresse. Les

H \ plantes, qui « semblent avoir été semées avec profusion

sur la terre, comme les étoile^ dans le ciel ^, satisfont notre , goût du plaisir tout en piquant notre curiosité. Elles don-

nent occasion de suiv:i:e « cette constante analogie et cette ,^ variété prodigieuse > qui fournissent la clé d'une philoso-

phie de .la nature. On sait avec quelle touchante émotion Rousseau invoque le secours des plantes dans sa lutte avec la pensée réfléchie et l'ordre social qui en dérive : < Brillantes fleurs, émail des prés, ombrages frais, ruisseaux, bosquets, verdure, venez purifier mon imagination salie ^par ces hideux objets. > Ainsi le songeur extasié demande à ce règne calme et riant une diversion salutaire.JVue dans ( son ensemble, la nature l'élève vers Dieu j|paf ses détails V diligemment contemplés, elle l'éloigné des hommes.lDans

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