LES ŒUVRES DERNIÈRES
7. Atmlyse des Dernières Chansons. — //. Les Dernières Chansons. III. L'esprit de Ma Biographie. — /F. Ma Biographie.
Les cahiers de chansons que Béranger déposait, à intervalles iiréguliers, chez son notaire, pour être remis, après sa mort, à l'éditeur Perrotin, formèrent le manuscrit des Dernières Chansons. Elles parurent quelques mois après sa mort. Le succès en fut moins vif que celui des précédents recueils; amis et ennemis s'accordèrent pour reconnaître que l'œuvre se ressentait de la vieillesse du poète et qu'elle n'était plus en conformité avec les goûts et les préoccupations du public. Ce jugement, dans sa généralité, est trop sévère : pour quelques strophes démodées ou puériles, combien d'autres qui resteront parmi les plus touchantes et les mieux venues de ses chansons !
La légende napoléonienne fournit le sujet d'une dizaine de ces pièces. Le succès des Souvenirs du peuple avait encouragé Bélanger à employer, jusqu'à l'exagération, le ton familier et populaire, pour traiter l'épopée impériale. Il voulut même y ajouter une espèce de merveilleux, emprunté aux superstitions du peuple, merveilleux qui paraît décidément trop naïf. L'apparition de ces chansons très bonapartistes sembla donner raison à ceux qui accu-
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salent le chansonnier d'avoii' passé à Fimpérialisme. Pour un peu, l'on eût accusé ces couplets d'avoir causé le coup d'Etat, si leur publication n'avait eu lieu plus de six ans après. Du reste, on ne les chanta guère, car ils étaient inopportuns et souvent laborieux ou invraisemblables. -
L'on fut étonné de ne pas retrouver dans ce nouveau recueil la veine socialiste, si marquée dans celui de 1833. Béranger y revenait aux idées bourgeoises et reniait sans ménagement le saint-simonisme. Du même coup, la métaphysique, surtout la métaphysique panthéistique, était sérieusement malmenée par lui. Sa verve critique s'exerçait en outre contre certains travers des mœurs contemporaines : cette espèce de galopade enfiévrée, cet amour du bruit, symbolisé par la manie des tambours, cette hostilité contre toute idée neuve et généreuse, et surtout cette rage de manquer le bonheur que l'on a sous la main, en courant après lui, partout où il n'est pas.
Sa philosophie, à lui, c'est de plus en plus cette philosophie de la vie humble et journahère, philosophie qui n'est pas seulement celle du vulgaire sens commun, mais aussi celle du cœur ; l'amour pour les choses et les êtres simples qui entourent l'homme et qui occupent une place dans sa vie, ses fleurs, ses arbres, ses oiseaux, sa canne et jusqu'à son ombre; l'attachement affectueux pour les amis, surtout les amis malheureux; l'esprit de pardon pour les plus graves offenses ; le dévouement à tout ce qui souffre et, comme couronnement, l'amour inviolable de la patrie. ^
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