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AU GALOP

Air : Commissaire.

Aimons vite, Pensons vite ; Tout invite A vivre vite.

Aimons vite, Pensons vite.

Au galop, Monde falot !

Au sjalop, toujours, toujours.

Du fouet le Temps nous presse, Sans respect pour la sagesse, Sans pitié pour les amours.

A cheval sur nos chimères, Courant jusqu'au débotté. Faisons, pauvres éphémères, D'un jour une éternité...

Dieu nous a rogné le temps.

Lui qui taille en pleine étoffe.

Gare qu'une catastrophe N'abrège encor nos instants !

En boutons cueillons les roses, Verts encor les fruits nouveaux ; Surtout ne faisons de pauses Que pour changer de chevaux...

Votre amour me ferait Dieu :

M'aimez-vous, mademoiselle?

Soupirez un mois, dit-elle.

Un mois ! c'est la mort. Adieu !

Viens, me crie une friponne Qui du temps sait mieux user; Chaque baiser qu'on se donne Peut être un dernier baiser.

236 liERANGER. — GHAP. IX

La gloire à son hameçon Voudrait m' arrêter en route ; Mais trop réfléchir me coûte, Je m'en tiens à la chanson.

Quel bien veut-on que me fasse L'honneur promis à mes os D'un marbre où mon nom s'efface' Sous le pied de tous les sots?

Au galop donc, mes amis, Ephémères d'un vieux globe !

Au néant s'il se dérobe.

C'est qu'à courir il s'est mis.

Notre vie ainsi lancée • L'a, cent fois dans un jour.

De l'amour à la pensée, De la pensée à l'amour.

Aimons vite.

Pensons vite, Tout invite A \âvre vite.

Aimons vite.

Pensons ^dte.

Au galop, È

Monde falot ! "

Dernières Chan&ons, 48*

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