ADIEU PARIS
Paris m'a crié : Reviens vite !
Sachons si ta voix a faibli.
Cesse au loin de vivre en ermite ; Reviens chanter ou crains l'oubh.
J'ai répondu : Dans ta mémoire, Paris, laisse mon nom périr.
En vain ton soleil fait mûrir Grandeur, plaisir, richesse et gloire Ici l'écho me dit tout bas :
Ne t'en va pas. (Bis.)
DEUNIKUES CHANSONS — 243
Qu'en dites-vous dans ce feuillage, Oiseaux qu'aux temps froids je nourris?
— Nous disons : Vive le village !
Connaît-on l'aurore à Paris?
Elle entr'ouvre ici tes paupières Au chant des linots, des pinsons, A nous tes dernières chansons, A toi nos chansons printanières.
Et puis l'écho redit tout bas :
Ne t'en va pas. {Bis.)
Qu'en dites-vous, fleurs dont j'étanche La soif au déchn des longs joui's?
^- Que sagement ton front qui penche A brisé le joug des amours.
Plein d'une tendre souvenance, Cultive en paix nos doux présents ; Nous garderons à tes vieux ans Pour chaque jour une espérance.
Et puis l'écho, etc.
Qu'en dites-vous, vous qu'à mon âge J'ose planter, arbres naissants?
— Que du soin mis à ce bocage Tu nous verras reconnaissants.
Des maux d'autrui l'âme oppressée, Quand tu rêveras dans ces lieux.
Grands alors, nous pourrons des cieux Montrer la route à ta pensée.
Et puis l'écho etc.
Ai'bres et flots, oiseaux et roses.
Oui, je vous crois ; adieu Paris.
Je m'amuse aux plus simples choses, Quand je pense à Dieu, je souris.
Que me faut-il? Un peu d'ombrage, Quelques pauvres pour me bénir, Et, pour le long somme à venir.
Le cimetière du village.
Aussi l'écho redit tout bas :
Ne t'en va pas. {Bis.)
Dernières Chansons, 38.
244 BÉRANGEK. — GHAP. IX