‹ Textes choisis et commentésChapitre 14 sur 157 · LA VOCATION DE CHANSONNIER · texte numérisé non relu

LA VOCATION DE CHANSONNIER

D faisait ses quatre repas

Dans son palais de chaume, Et sur un âne, pas à pas,

Parcourait son royaume.

Joyeux, simple et croyant le bien, Pour toute garde il n'avait rien Qu'un chien.

Il n"" avait de goût onéreux

Qu'une soif un peu vive; Mais en rendant son peuple heureux,

n faut bien qu'un roi vive.

Lui-même, à table et sans suppôt.

Sur chaque muid levait un pot D'impôt.

Aux filles de bonnes maisons

Comme il avait su plaire.

Ses sujets avaient cent raisons

De le nommer leur père :

D'ailleurs il ne levait de han Que pour tirer quatre fois Van

Au Uanc.

Il n\grandit point ses Etats,

Fut un voisin commode, Et, modèle des potentats.

Prit le plaisir pour code.

Ce n'est que lorsqu'il expira Que le peuple qui V enterra Pleura.

On conserve encore le portrait De ce digne et bon prince ; C'est l'enseigne d'un cabaret

Fameux dans la province.

Les jours de fête bien souvent, ^

La foule s'écrie en buvant

Devant :

Oh ! oh ! oh ! oh ! Ah ! ah ! ali ! ah ! Quel bon petit roi c'était là !

La, la.

Œuvres, I, L.

Page 1