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REQUÊTE

PRÉSENTÉE PAR LES CHIENS DE QUALITÉ POUR OB- TENIR qu'on leur RENDE l'eNTRÉE LIBRE AU JARDIN DES TUILERIES

(Juia 1814.)

Air : Faut dl.a vertu, pas trop n'en faut.

Puisque le tyran est à bas, ) j..

Laissez-nous prendre nos ébats. ) ^ *

Aux maîtres des cérémonies Plaise ordonner que, dès demain, Entrent sans laisse aux Tuileries Les chiens du faubourg Saint-Germain.

Puisque, etc.

i)es chiens dont le pavé se couvi'e, Distinguez-nous à nos colliers.

On sent que les honneurs du Louvre Iraient mal à ces roturiers.

Puisque, etc.

Quoique toujours, sous son empire, L'usurpateur nous ait chassés, Nous avons laissé sans mot dire Aboyer tous les gens pressés.

Puisque, etc.

Quand sur son règne on prend des notes, Grâce pour quelques chiens félons !

Tel qui longtemps lécha ses bottes Lui mord aujourd'hui les talons.

Puisque, etc.

En attrapant mieux que des puces, On a vu carhns et bassets Caresser Allemands et Russes Couverts encor du sang français...

Puisque, etc.

Nous promettons, pour cette grâce.

Tous, hors quelques barbets honteux.

De sauter pour les gens en place.

De courir sur les malheureux.

Puisque le tyran est à bas, j r • ,

Laissez-nous prendre nos ébats. ]

Œuvres, 1, 145.

TRAITE DE POLITIQUE A l'usage de lise (Cent- Jours, mai 1815.)

Air : Un magistrat irréprochaUe.

Lise, qui règnes par la grâce Du dieu qui nous rend tous égaux, Ta beauté, que rien ne surpasse, Enchaîne un peuple de rivaux.

Mais, si grand que soit ton empire.

Lise, tes amants sont Français ;

no = I3ERANGEII. — CHAP III =

De tes erreurs permets de rire, Pour le bonheur de tes sujets.

Combien les belles et les princes Aiment Tabus d'un grand pouvoir ! Combien d'amants et de provinces Poussés enfin au désespoir!

Crains que la révolte ennemie Dans ton boudoir ne trouve accès ; Lise, abjure la tyrannie, Pour le bonheur de tes sujets.

Par excès de coquetterie, Femme ressemble aux conquérants, Qui vont bien loin de leur patrie Dompter cent peuples différents.

Ce sont de terribles coquettes !

N'imite pas leurs vains projets.

Lise, ne fais plus de conquêtes, Pour le bonheur de tes sujets.

Grâce aux courtisans pleins de zèle, On approche des potentats Moins aisément que d'une belle Dont un jaloux suit tous les pas.

Mais sur ton ht, trône paisible, Où le plaisir rend ses décrets, Lise, sois toujours accessible, I Pour le bonheur de tes sujets

Lise, en vain un roi nous assure Que, s'il règne, il le doit aux cieux, Ainsi qu'à la simple nature.

Tu dois de charmer tous les yeux.

Bien qu'en des mains comme les tiennes Le sceptre passe sans procès.

De nous il faut que tu le tiennes, Pour le bonheur de tes sujets.

Pour te faire adorer sans cesse.

Mets à profit ces vérités,

Lise, deviens bonne princesse,

Et respecte nos libertés.

Des roses que Famour moissonne,

Ceins ton front tout brillant d'attraits,

Et garde longtemps ta couronne.

Pour le bonheur de tes sujets.

Œuvres, I, 267.

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