QUENESCOURT ET SON COUVENT
divinité h qui Ton rend deux cultes distincts, soit qu'on ne le regarde que comme le dieu de la poésie, le conducteur des Muses, ce personnage brillant semble avoir été pour les Grecs le type de la beauté idéale ; on Fa entouré de tous les prestiges que les poètes ont pu enfanter. La musique ne Fa pas moins célébré, et enfin la peinture et la sculpture ont rendu à ce dieu des hommages si éclatants, qu'elles en ont presque fait une divinité pour les peuples modernes.
Quelques mythologues ne veulent voir dans Apollon qu'un être allégorique, dont l'idée, selon eux, est due aux Égyptiens. Ils exphquent toutes les particularités qu'on en rapporte par les révolutions physiques que le soleil opère dans son cours. Cette opinion est fondée en partie, puisqu'on effet le culte du soleil, le plus ancien peut-être de tous les cultes idolâtriques, celui que les Perses et les Mèdes adoptèrent dans les temps les plus reculés, fut adapté par les Égyptiens et par les Grecs à celui qu'ils rendaient, les uns à Crus, fils d'Osiris et d'Isis, prince dont ils avaient reçu les plus grands bienfaits, les autres à trois personnages célèbres qui portèrent le nom d'Apollon et qui étaient originaires, selon Cicéron, l'un de Crète, l'autre d'Arcadie et le troisième des régions hyperborées. On sent d'après cela qu'il doit être presque impossible de reconnaître ce qui appartient à Fhistoire de ce qui est du domaine de la fable dans les aventures dont Apollon est le héros...
Correspondance, I, 91;
. C'est ce qu'il appelle faire le gâcheur, métier qu'il finit par abandonner, malgré les charges financières qui l'accablent. Aussi bien, il a trouvé un banquier inespéré, dans la personne d'un jeune Pcromlais de son âge, Qucnescourt. Ce dernier eut-il l'intuition de ce que l'avenir réservait à Béranger, et voulut-il contribuer })our sa part à Féciosion^de son génie? Fut-il seulement inspiré par une ardente amitié? Toujours est-il que, durant les années critiques, il vint en aide à Béranger, de la façon la
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plus généreuse et la plus délicate, lui adressant de l'argent avant même qu'il lui en eiit demandé, payant à son insu ses autres créanciers. Quand il venait à Péronne, il le retenait chez lui, l'hébergeait, facilitait son travail et, pour l'amuser selon ses goûts, réunissait autour de lui une petite Académie chantante et buvante, le couvent de Sans- Souci, arrière-petite succursale de l'abbaye de Thélèmc. Que de couplets joyeux et souvent libertins Béranger composa pour le « Moustier », sans se douter que la virtuosité qu'il contractait là, déciderait un jour de sa vocation de chansonnier. Des joyeux refrains qu'il écrivit pour les frères, sa Biographie reproduit les plus raisonnables. La première pièce est une chanson d'inauguration.