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CHANSON ADRESSÉE AU GENERAL SEBASTIAN

Air : Le premier du mois de janvier.

Un ministre veut m' enrichir, Sans que l'honneur ait à gauchir, Sans qu'au Monifcur on m'affiche.

Mes besoins ne sont pas nombreux ; Mais, quand je pense aux malheureux, Je me sens né pour être riche.

Avec l'ami pauvre et souffrant On ne partage honneurs ni rang ; Mais For, du moins, on le partage.

Vive l'or ! oui, souvent, ma foi, Pour cinq cents francs, si j'étais roi. Je mettrais ma couronne en gage.

Qu'un peu d'argent pleuve en mon trou, Vite il s'en va. Dieu sait par où !

D'en conserver je désespère.

Pour recoudre à fond mes goussets.

J'aurais dû prendre, à son décès, Les aiguilles de mon grand-père.

Ami, pourtant, gardez votre or.

Las ! j'épousai, bien jeune encor, La Liberté, dame un peu rude.

Moi qui dans mes vers ai chanté Plus d'une facile beauté, Je meurs l'esclave d'une prude.

La Liberté ! c'est, monseigneur.

Une femme folle d'honneur ;

C'est une bégueule enivrée

Qui dans la rue ou le salon

Pour le moindre bout de galon, \

Va criant : A bas la livrée ! l

Vos écus la feraient damner. f

Au fait, pourquoi pensionner •;

Ma Muse indépendante et vraie? \

Je suis un sou de bon aloi :

Mais en secret argentez-moi.

Et me voilà fausse monnaie.

Gardez vos dons : je suis peureux ; Mais, si d'un zèle généreux Pour moi le monde vous soupçonne, Sachez bien qui vous a vendu.

Mon cœur est un luth suspendu :

Sitôt qu'on le touche, il résonne.

(Exmes, IV, 14.

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