DANTE
Dante Alighîeri, né à Florence en 1265, et attaché d'abord mu parti Guelfe, se signala dans plusieurs expéditions con-
tre les Gibelins d'Arezzo, de Pise et de Bologne. En 1300, il fut nommé Tun des prieurs ou magistrats suprêmes de Florence. Mais les Guelfes de Florence ayant abusé insolemment de leur pouvoir, de nouvelles factions divisèrent bientôt les Florentins. Le parti Gibelin des Blancs auquel Dante se rallia, fut écrasé, et le poète dut quitter sa patrie pour se dérober à la vengeance des Noirs. U erra de ville en ville, luttant contre la misère, séjourna à Sienne, à Vérone, à Paris, où il fréque;ita TUniversité, et se fixa en dernier lieu à Ravenne, où il mourut en 1321.
Dante eut pour maître le célèbre Florentin Brunetto Latini, qui, chassé de sa patrie par les Gibelins en 1260, se réfugia à Paris, où il cultiva et enseigna jusqu'en 1284 les lettres et la philosophie, Brunetto qui fit à la langue française du treizième siècle l'insigne honneur de la préférer à l'idiome de son illustre disciple, et de s'en servir pour composer son Trésor de Sapience, parce que, dit-il, la parlure m est la plus délitable.
Dante composa dans son exil la Divine Comédie^ le premier poëme de longue haleine écrit en langue italienne, la plus extraordinaire peut-être et l'une des plus sublimes productions qui honorent l'humanité. La Divine Comédie est partagée en trois poèmes distincts. Guidé d'abord par Virgile, puis par Béatrix, personnification mystique de la Foi, le poète visite successivement V Enfer, le Purgatoire et le Paradis ; revenu sur la terre, il retrace avec une vigueur de pinceau incomparable cette vision de l'autre monde. La Divine Comédie excita à son apparition une admiration universelle. Plusieurs villes créèrent des chaires où elle devait être publiquement expliquée. Aujourd'hui encore, dans toute l'Italie, le nom de Dante est entouré d'une vénération presque religieuse, et son œuvre est considérée comme la plus glorieuse manifestation du génie italien.
Les éditions, les commentaires, les traductions dans toutes les langues de la Divine Comédie ne se comptent pas. En France, les versions les plus estimées sont, en prose, celles de Grangier (1596), de Rivarol (1783), d'Artoud (1811 eC
1828), de Fiorentino (1841), de Brizeux (1843) ; en vers, celles d'Antony Deschamps (1830), et de M. de Ratisbànne.