PÉTRARQUE
François Pétrarque, né en 1304 à Arezzo; son p?îre, ami de Daale, ayant été banni de Florence où il occupait un emploi, vint se fixer à Avignon. Pétrarque étudia d'abord le droit à Montpellier et à Bologne. En 1324, à la mort de son père, il abandonna des études qui étaient pour lui sans attrait, et revint habiter Avignon, où il se voua tout entier aux lettres et k la poésie. C'est là qu'il se prit d'une passion idéale pour une femme dont il a illustré le nom, la célèbre Laure de Noves. Cet amour, qui dura autant que sa vie, lui inspira des poésies pleines d'une grâce et d'une délicatesse inimitables. Entré dans l'Église, Pétrarque dut à son génie et à sa réputation universelle la faveur des pa-* pes, des princes et des républiques. En 1341, il reçut au Gapitole la couronne de laurier décernée au premier poète de l'époque. Le pape Benoît XII, le roi de Naples Robert, le pape Clément VI, Louis de Gonzague, seigneur de Mantoue, les Yisconti de Milan le comblèrent d'honneurs et lui confièrent d'honorables missions politiques. Le roi de France Jean II tenta inutilement de le retenir à sa cour. Florence lui rendit le titre de citoyen enlevé autrefois à son père. En 1362, il se retira à Venise, et fut logé dans un palais aux frais de la république. II mourut à Arqua, près de Padoue, en 1374. Outre ses sonnets^ ses canzoni^ Pétrarque a laissé des poésies latines, des lettres, des traités de philosophie morale ; il était ami ardent de la littérature ancienne ; on lui doit la découverte du traité de Quintilien sur V Éducation de Vorateur, et de plusieurs Discours de Cicéron.
Le principal mérite des poésies de Pétrarque est entièrement perdu pour quiconque ne peut les lire facilement dans l'original. La savante harmonie des coupes, Télégance ex^ quise du langage, le sentiment, la grâce, ne se traduisent
pas. c Ce sont, comme le dit M. Hayaouard, en parlant des chants lyriques de nos troubadours, des fleurs délicates dont il faut respirer le parfum sur la plante. »
M. de Grammont et M. A. de Montesquiou ont traduit les sonnets de Pétrarque (1842).