‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 13 sur 126 · LUSIGNAN · texte numérisé non relu

LUSIGNAN

Que la foudre en éclats ne tombe que sur moi I

Ahl mon fils, à ces mots j'eusse expiré sans toi.

Mon Dieu ! j'ai combattu soixante ans pour ta gloire ;

J'ai vu tomber ton temple et périr ta mémoire;

Dans un cachot affreux abandonné vingt ans.

Mes larmes t'imploraient pour mes tiistes enfans :

Et lorsque ma famille est par toi réunie.

Quand je trouve une fille, elle est ton ennemie i

Je suis bien malheureux.... C'est ton père, c'est moi.

C'est ma seule prison qui t'a ravi ta foi.

Ma fille, tendre objet de mes dernières peines,

Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veine

C'est le sang de vingt rois, tous chrétiens comme moi ;

C'est le sang des héros, défenseurs de ma loi;

C'est le sang des martyrs.... fille encor trop chère,

Connais-tu ton destin ? sais-tu quelle est ta mère?

Sais-tu bien qu'à l'instant que son flanc mit au jour

Ce triste et dernier fruit d'un malheureux amour,

Je la vis massacrer par la main forcenée,

Par la main des brigands k qui tu t'es donnée I

Tes frères, ces martyrs égorgés à mes yeux,

T'ouvrent leurs bras sanglants, tendus du haut des cieux.

Ton Dieu que tu trahis, ton Dieu que tu blasphèmes.

Pour toi, pour l'univers, est mort en ces lieux mêmes;

En ces lieux où mon bras le servit tant de fois.

En ces lieux où son sang te parle par ma voix.

Vois ees muts, rois se temple en^abi par tes maîtres;

Tout annonee lé Dieu qu'ont vengé tes ancêtres.

Tourne les yeux, sa tombe est près de ce palais,

C'est ici la montagne où , lavant nos forfaits,

II voulut expirer sbus les coups de rîmpie;

C'est là q[ue de sa tombe il rappela sa vie.

Tu ne saurais marcher dans cet auguste lieu,

Tu n'y peux foire un pas, sans y trouver ton &iieu{

Et tu n'y peux rester sans renier ton père,

Ton tiennenr qui te parle, et ton Dieu qui t'éciaire

Je te vois dans mes bras et pteUr^ et frémir;

Sur ton fh)nt p&li^ant Dieu met le rèp^itir :

Je vois la Vérité dans ton eo^ùr descendue;

Je retrotive ma fille après l'avoir perdue;

Et je reprends ma gloire et ma félicité

En dérobait mon sang à rinfiééUté.

Ar.gSTBR,

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