‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 39 sur 126 · CHAP. XV. — COMMERCE DES ROMAINS AVEC LES BARBARES · texte numérisé non relu

CHAP. XV. — COMMERCE DES ROMAINS AVEC LES BARBARES

Les Romains avaient fait de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique uq vaste empire : la faiblesse des peuples et la tyrannie du commandement unirent toutes les parties de ce corps immense. Pour lors, la politique romaine fut de se séparer de toutes les nations qui n'avaient pas été assujetties : la crainte de leur porter l'art de vaincre fit négliger l'art de s'enrichir. Ils firent des lois pour empêcher tout commerce avec les barbares. « Que personne, disent Valons et Gratien, n'envoie du vin, de l'huile, ou d'autres liqueurs aux barbares, même pour eu goûter. Qu'on ne leur porte point de l'or, ajoutent Gratien, Valent!^ nien, çt Théodose; et que même ce qu'ils en ont, on le leur ôte avec finesse. » Le transport du fer fut défendu sous peine de la vie.

Domitien, prince timide, fit arracher les vignes dans la Gaule, de crainte sans doute que '^^tte liqueur n'y attirât les barbares, comme elle les avait autrefois anirés en Italie. Probus et Julien, qui ne les redoutèrent jamais^ en rétablirent la plantation.

Je sais bien que, dans la faiblesse de l'empire, les barbares obligèrent les Romains d'établir des étapes, et de commercer avec eux. Mais cela même prouve que Tesprit des Romains était de ne pas commercer.

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