LE GÉNIE DU CHRISTIANISME
Le Génie du christianisme est l'ouvrage dogpatique de Chateaubriand. Lui-même en résume ainsi la pensée : C*est, dit-il, « que de toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres ; que le monde moderne lui doit tout, depuis l'agriculture jusqu'aux sciences abstraites, depuis les hospices pour les malheureux jusqu'aux temples bâtis par Michel-Ânge et décorés par Baphaèl ; qu'il n'y a rien de plus divin que sa morale, rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et son culte ; qu'elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, offre des formes nobles à l'écrivain et des moulas
parfaits à l'artiste, » On le sent, l'auteur n'est pas un juge, mais un avocat. Il ne voit que les avantages de sa cause et il les fait ressortir avec une brillante imagination. Défenseur d'une doctrine contre laquelle l'âge précédent avait épuisé tous les traits du sarcasme. Chateaubriand offre la contre-partie de leurs assertions. Son caractère, noble et chevaleresque en tout, est fier d'avoir à protéger la religion délaissée. Il exagère l'apothéose comme on avait exagéré l'attaque; il prouve moins qu'il ne peint et n'attendrit. Mais pour le but spécial qu'il se proposait d'atteindre, émouvoir et peindre c'était déjà prouver.