‹ Textes classiques de la littérature française: extraits des grands écrivains français avec (volume 2)Chapitre 66 sur 126 · Des vieillards, du grec xépovrtc · texte numérisé non relu

Des vieillards, du grec xépovrtc

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# Âp6rçu de cygnes dans ses eaux. Je suitis son couil^y éspéraiit' râié6^'

trer ces oiseaux qui, selon Platon, ont avant d'expirer une vue dô YO*

lympe, et c'est pourquoi leur dernier chant est si mélodieux : m^

recherches furent inutiles. Apparemment que je n*ai pas, comme Rô«

race, la faveur des Tyndarides*, et qu'ils n*ont pas voulu më laisser

pénétrer le secret de leur berceau.

Les fleuves fameux ont la même destinée que lés peuples fameui : d'abord ignorés, puis célébrés sur toute la terre, ils retombent ensuite dans leur première obscurité. L'Eurotas, appelé, d'abord Himère, coule maintenant oublié sous le nom d'/m, comme le Tibre, autrefois l'Aibula, porte aujourd'hui à la mer les eaux inconnues du Tévère. J'examiftiai les ruines du pont Babyx, qui sont peu de chose. Je cherchai l'île du Plataniste, et je crois l'avoir trouvée au-dessous même de Ma^^ ^ôula : c'est un terrain de forme triangulaire, dont un cdté est baigné par l'Eurotas, et dont les deux autres cdtés sont fermés par des fossés pleins de jonc, où coule pendant l'hiver la rivière de Magoula, Pancien Cnacion. Il y a dans cette île quelques mûriers et des sycomores, mais point de platanes. Je n'aperçus rien qui prouvât que les Turcs fissent encore de cette tle un lieu de délices; je vis cependant quelques fleurs, entre autres des lis bleus portés par une espèce de glaïeuls; j'en cueillis plusieurs, en mémoire d'Hélène : la fragile couronne de la beauté existe encore sur les bords de l'Eurotas, et la beauté même a disparu.

La vue dont on jouit en marchant le long de TEurotas est bien différente de celle que l'on découvre du sommet de la citadelle. Le fieuve suit un lit tortueux, et se cache, comme je l'ai dit, parmi des roseaux et des lauriers-roses aussi grands que des arbres ; sur la rive gauche, les monts Ménélaîons, d'un aspect aride et rougeâtre, forment contraste avec la fraîcheur et la verdure du cours de l'Eurotas. Sur la rive droite, le Taygète déploie son magnifique rideau : tout l'espace compris entre ce rideau et le fleuve est occupé par les collines et les ruines de Sparte;. ces collines et ces ruines ne paraissent point désolées comme lorsqu'on les voit de près . elles semblent au contraire teintes de pourpre, de violet, d'or pâle. Ce ne sont point les prairies et les feuilles d'un vert cru et froid qui font les admirables paysages, ce sont les effets de la lumière : voilà pourquoi les roches et les bruyères de la baie de Naples seront toujours plus belles que les vallées les plus fertiles de la France et de l'Angleterre.

Ainsi, après des siècles d'oubli, ce fleuve qui vit errer sur ses bords les Lacédémoniens illustrés par Plutarque, ce fleuve, dis-je, s'est peutêtre réjoui dans son abandon d'entendre retentir autour de ses rives les pas d'un obscur étranger. C'était le 18 août 1806, à neuf heures du matin, que je fis seul, le long de l'Eurotas, cette promenade qut n« s'effacera jamais de ma mémoire. Si je hais les mœurs des Spartiate^

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