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l30 DIX-NEDVIÈMB SIÈCLE.
citadelle, on Toit une assez haute colline qui domine même cettd ou la citadelle est bâtie, ce qui contredit le texte de Pausanias*. C'est dans la vallée que forment ces deux collines que devaient se trouver la place publique et les monuments que cette dernière renfermait, tels que le sénat des Gérontes*, le Chœur, le Portique des Perses, etc. Il n*y a aucune ruine de ce côté. Au nord-ouest s'étendait la tribu des Cynosure'i, par où j'étais entré à Sparte, et où j'ai remarqué le long mur.
Tournons-nous à présent à Touest, et nous apercevrons, sur un terrain uni, derrière et au pied du théâtre, trois ruines, dont Tune est assez haute, et arrondie comme une tour : dans cette direction se trouvaient la tribu des Pitanates, le Théomélide, les tombeaux de Pausanias et de Léonidas, le Leschô des Crotanes, et le temple de Diane Isora.
Enfin, si Ton ramène ses regards au midi, on verra une terre inégale que soulèvent çà et là des racines de murs rasés au niveau du sol. Il faut que les pierres en aient été emportées, car on ne les aperçoit point alentour. La maison de Ménélas s'élevait dans cette perspective; et plus loin, sur le chemin d'Âmyclée , on rencontrait le temple des Dioscures et des Grâces. Cette description deviendra plus intelligible si le lecteur veut avoir recours à Pausanias, ou simplement au Voyage d*Anacharsit.
Tout cet emplacement de Lacédémone est inculte : le soleil Tembrase en silence, et dévore incessamment le marbre des tombeaux. Quand je vis ce désert, aucune plante n'en décorait les débris, aucun oiseau, aucun insecte ne les animait, hors des millions de lézards qui mour talent et descendaient sans bruit le long des murs brûlants. Une douzaine de chevaux à demi sauvages paissaient çà et là une herbe flétrie ; un pâtre cultivait dans un coin du théâtre quelques pastèques : et à Magoula, qui donne son triste nom à Lacédémone, on remarquait un petit bois de cyprès. Mais ce Magoula même, qui fut autrefois un village turc assez considérable, a péri dans ce champ de mort : ses masures sont tombées, et ce n'est plus qu'une ruine qui annonce des ruines.
Je descendis de la citadelle, et je marchai pendant un quart d'heure pour arriver à TEurotas. Je le vis à peu près tel que je l'avais passé deux lieues plus haut sans le connsîître : il peut avoir devant Sparte la largeur de la Marne au-dessus de Gharenton. Son lit, presque desséché en été, présente une grève semée de petits cailloux, plantée de roseaux et de lauriers-roses, et sur laquelle coulent quelques filets d'une eau fraîche et limpide. Cette eau me parut excellente ; j'en bus abondamment, car je mourais de soif. L'Eurotas mérite certainement répithète de xaXXtSôva^, aiw beau» roseaux, que lui a donné Euripide; mais je ne sais s'il doit garder celle d^olorifer, car je n'ai point
1. Pausanias, écrivain grec du siècle des Antoniçs, auteur d*un Voyage historique en Grèce.