‹ Textes classiques de la littérature française extraits des grands écrivains français avec notices biographiques [etc.;] recueil servant de complément à l'Histoire de la Littérature françaiseChapitre 154 sur 347 · VErmitagej coteau du Dauphiné, qui produit un yib éStimé · texte numérisé non relu

VErmitagej coteau du Dauphiné, qui produit un yib éStimé

 peine ai-je senti cette liqueur traîtresse. Que do ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse. Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison J'espérois adoucir la force du poison.

Mais, qui l'auroit pensé? pour comble de disgrâce, Par le chaud qu'il faisoit nous n'avions point de glace. Point de glace, bon Dieu ! daqs le fort de Tétél Au mois de juin! Pour moi, j'étois si transporté, Que, donnant de fureur tout le festin au diable Je me suis vu vingt fois prêt à quitter la table. Et, dût-on m'appeler et fantasque et bourru, J'allois sortir enfin quand le rôt a paru.

Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques S'élevoient trois lapius, animaux domestiques, Qui, dès leur tendre enfance élevés dans Paris^ Sentoient encor le chou dont ils furenf nourris. Autour de cet amas de viandes entassées Régnoit un long cordon d'alouettes pressées*, Et sur les bords du plat six pigeons étalés Présentoient pour renfort leurs squelettes brûlés. A côté de ce plat paroissoient deux salades. L'une de pourpier jaune, et l'autre d'herbes fades. Dont l'huile de fort loin saisissoit l'odorat. Et nageoit dans des flots de vinaigre rosat. Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance ; Tandis que mon faquin , qui se voyoit priser Avec un ris moqueur les prioit d'excuser. Surtout certain hâbleur', à la gueule affamée. Qui vint à ce festin conduit par la fumée, Et qui s'est dit profès dans l'ordre des Coteaux', A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux. Je riois de le voir avec sa mine étique, Son rabat jadis blanc, et sa perruque antique. En lapins de garenne ériger nos clapiers *,

1. Les ennemis de Boileau lui reprochèrent amèrement d'avoir placé des alouettes dans un dîner donné au mois de juin.

Page 1